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BCE : Le retour du “whatever it takes”

Après les importantes mesures annoncées par la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne (BCE) a présenté dans la nuit du mercredi 18 un nouveau programme d’achats supplémentaires de 750 milliards d’euros de titres.

forces reflationnistes

Ce plan d’achats d’obligations publiques et privées par la BCE a été baptisé PEPP (Pandemic Emergency Purchase Programme) et sera mené jusqu’à que la phase critique de l’épidémie soit passée et, de toute façon, jusqu’à la fin de l’année.

Par un tweet de Christine Lagarde, la BCE a répété qu’elle est déterminée à utiliser le plein potentiel de ses outils, dans le cadre de son mandat, pour permettre à l’économie de surmonter ce choc.

La BCE déterminée à assurer la liquidité et à soutenir l’économie

Cette action de la BCE vient en appui des mesures budgétaires annoncées, puisqu’elle augmentera considérablement les achats de titres publics. Elle répond aussi aux attentes de mesures de ce type qui étaient nées dans le marché ces derniers jours. Ces mesures démontrent la volonté de la BCE de s’attaquer aux deux problèmes qui menacent les économies européennes à l’heure actuelle, à savoir la crainte d’une crise de liquidité et la nécessité de financer les dépenses engagées pour soutenir l’activité.

Dans son communiqué, la BCE précise que la clé de répartition est toujours celle du poids des pays au capital de la BCE mais parle aussi de flexibilité, notamment pour le plafond de détention de 33 %. La prochaine étape pourrait consister à faire sauter ce plafond, voire à s’engager à contrôler les taux des emprunts d’Etat.

Les mesures annoncées par la BCE à l’issue du Conseil des gouverneurs du 12 mars étaient plutôt appropriées à la situation puisque qu’elles assuraient le financement des banques pour soutenir le crédit tout en réduisant leurs besoins en fonds propres. Toutefois, depuis ces décisions, des mesures de confinement pour essayer de juguler l’épidémie de Covid-19 ont été prises dans plusieurs pays de la zone euro et pèsent fatalement sur l’activité d’un grand nombre de secteurs.

La Présidente de la BCE, Christine Lagarde, a estimé cette semaine qu’un mois de confinement pourrait réduire de 2 % la croissance de la zone euro par rapport au scénario actuel d’une croissance de 0,8 % en 2020. Si le blocage de l’activité devait durer trois mois, la contraction de l’activité atteindrait 5 %.

Le nouveau programme pourra être prolongé

Aucune limite n’a été fixée au PEPP. Le programme pourra être étendu et ajusté aussi longtemps que nécessaire.

Le papier commercial non financier sera pour la première fois inclus dans les titres éligibles. Il en sera de même des titres émis par l’Etat grec pour la première fois depuis la crise de la dette souveraine. Les règles pour accepter les titres en collatéral ont elles aussi été assouplies.

Quid des règles d’achats et des plafonds de détention ?


Dans son communiqué, la BCE précise que la clé de répartition est toujours celle du poids des pays au capital de la BCE (proche de ce que représente le PIB d’un pays par rapport au total de la zone euro) mais parle aussi de flexibilité, notamment pour le plafond de détention de 33 %. Cette limite est bientôt atteinte pour certains pays comme l’Allemagne et les Pays-Bas mais reste pour le moment en place.

Cette limite de 33 % est très discutée. Elle a été instaurée pour éviter que la BCE ne puisse être soupçonnée de financer directement les Etats (monétisation de la dette). Une école de pensée considère que si la BCE est détentrice de plus d’un tiers de la dette d’un pays, elle disposerait en théorie d’une minorité de blocage en cas de négociations sur la restructuration et devrait donc participer au vote. Un vote en faveur de la restructuration de la dette d’un Etatn qui aboutirait à une réduction de la detten serait assimilable à de la monétisation. D’autres spécialistes estiment au contraire que cette argumentation n’a pas de base légale.

Pour l’heure, le plafond de détention de 33 % reste en vigueur.

La réponse budgétaire sera décisive

Le 16 mars, les ministres de finances de la zone euro se sont engagés à « tout mettre en œuvre » pour soutenir l’activité et restaurer la confiance. Les règles budgétaires en vigueur dans la zone euro sont de facto suspendues. Ces politiques budgétaires exceptionnelles signifient aussi davantage d’émissions d’obligations gouvernementales et donc davantage de titres disponibles à l’achat pour la BCE.

La plupart des coûts liés à la pandémie seront pris en charge sous la forme d’un accroissement des dettes publiques. Dans ce contexte, le PEPP prend tout son sens.

Lien vers le communiqué officiel de la BCE


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