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Coronavirus – Pourquoi les stratégies multi-facteur d’obligations d’entreprises peuvent encore surperformer

La crise sans précédent qui résulte de la pandémie de coronavirus, s’est traduite par une correction massive des prix de tous les actifs risqués, y compris les obligations d'entreprises, avec des niveaux de volatilité extrêmes. Dans ces conditions exceptionnelles, les stratégies d’investissement multi-facteur sur les obligations d'entreprises se sont révélées résilientes et pourraient bien continuer de performer par rapport à leur indice de référence.


La crise actuelle liée au virus COVID19 est unique à plusieurs égards : non seulement par la vitesse à laquelle elle a éclaté et s'est propagée, mais également son impact sur la plupart des secteurs de l'économie mondiale, touchant toute la planète en l'espace de quelques semaines et enfin à travers la réaction politique massive qu’elle a déjà suscité de la part des banques centrales et des gouvernements.

Les obligations d'entreprises, tout comme les autres actifs risqués, ont subi une brutale correction des cours en raison à la fois d'une hausse brutale de l'aversion au risque parmi les investisseurs et de préoccupations spécifiques à certains secteurs ou entreprises. En conséquence, de nombreux fonds obligataires ont sous-performé ces dernières semaines. Pourtant, ce « territoire inconnu » est également une étude de cas « hors échantillon » intéressante pour évaluer le comportement et la robustesse des stratégies d'investissement, en particulier des stratégies quantitatives telles que les approches d'investissement multi-facteur.

Investissement multi-facteur : Générer de l'alpha pur sans « bêta caché »

Depuis le début de la crise, la performance de notre stratégie multi-facteur d'obligations d'entreprises est restée solide. Cela illustre à la fois la qualité de la sélection d'obligations et la robustesse de la construction de portefeuille.

En effet, la philosophie d'investissement qui sous-tend l'investissement multi-facteur consiste à utiliser un ensemble de facteurs diversifiés, tels que la qualité, la valorisation, le faible risque et le momentum, pour classer et sélectionner les obligations d'entreprises. En associant aussi bien des critères « value » (qui favorise les obligations présentant des primes de rendement attractives par rapport à leur risque de crédit) et des indicateurs de qualité et de faible risque (visant à éviter les émetteurs les plus risqués), le processus de sélection tend à favoriser les obligations présentant un équilibre efficace sur ces différentes mesures.

Une autre caractéristique essentielle de notre stratégie de crédit multi-facteur est la construction de portefeuille. Notre objectif est de construire des portefeuilles sans « bêta caché ». Cela signifie que la stratégie conserve à tout moment le même profil de risque que l'indice de référence sous-jacent, tant en termes de sensibilité aux taux d'intérêt que de risque de crédit. En vertu de cette approche, toute surperformance par rapport à l'indice de référence sera un « pur alpha » créé par la sélection d'obligations.

Cela distingue notre approche de nombreux processus d'investissement traditionnels. Celles-ci ont souvent tendance à prendre des positions directionnelles importantes, généralement en prenant plus de risque de crédit que leur indice de référence, afin de générer des rendements excédentaires. Les avantages de notre construction de portefeuille se reflètent ainsi dans les écarts limités de performance par rapport à l'indice de référence lors de fortes corrections - contrairement à de nombreux fonds de crédit traditionnels qui ont connu des périodes de sous-performance massive.

Qu'adviendra-t-il des portefeuilles multifactoriels du marché des obligations d'entreprises en particulier ?

Prévoir la fin d'une crise est toujours dangereux et encore plus compte tenu de la nature unique de la pandémie actuelle. La durée et l'impact des confinements de la population sur l'économie sont difficiles à estimer et le resteront jusqu'à ce que les premiers signes montrent que le virus a été contenu.

Alors que les décideurs politiques ont mis au point des outils pour faire face aux crises financières, il n'existe pas de stratégie prédéfinie pour faire face au gel de l'économie réelle à grande échelle auquel le monde est actuellement confronté. Le chemin de la reprise dépendra de l'efficacité avec laquelle les mesures de politique monétaire et budgétaire seront transmises à l'économie réelle et de la manière dont les consommateurs et les entreprises réagiront. À l'heure actuelle, différents scénarios de reprise sont possibles. Chez BNPP AM, nous nous attendons à une reprise en « U ». [1]

Pour autant, pour les investisseurs ayant un horizon d'investissement à moyen terme, nous pouvons soutenir que les marchés des obligations d'entreprises restent attractifs, particulièrement sur les émetteurs de qualité supérieure (Investment Grade). Bien sûr, d'une part, les primes de risque de crédit sont beaucoup plus élevées qu'elles ne l'étaient il y a quelques mois. Le risque de crédit s'est également accru car certaines entreprises vont sans aucun doute faire défaut, quelle que soit la trajectoire de reprise.

D'un autre côté, des paquets monétaires et budgétaires d'une ampleur sans précédent ont été annoncés, les banques centrales et les gouvernements ayant explicitement opté pour une approche « tout ce qu'il faut ».  En particulier, les initiatives d'assouplissement quantitatif de la BCE et de la Réserve fédérale américaine incluent d'importants programmes d'achat d'obligations d'entreprises qui soutiendront mécaniquement les marchés.

Au cours de la reprise, nous pensons qu'il y a également lieu de s'attendre à ce que les stratégies multi-facteur se comportent bien en termes relatifs. En effet, ces stratégies ont généralement tendance à générer le plus de surperformance juste après une baisse du marché, lorsque la dispersion entre les émetteurs crée de nombreuses opportunités pour générer de l’alpha par la sélection de titres.

Par exemple, 2009 a été la meilleure année sur les simulations à long terme pour nos portefeuilles multi-facteur, aussi bien pour le crédit Investment Grade en euro qu’en dollar américain (voir les graphes 1 et 2 ci-dessous, montrant les rendements de nos portefeuilles multi-facteur en excès des indices de référence). De même, si l'on examine l'historique plus récent, la meilleure surperformance trimestrielle s'est produite au premier trimestre 2019, juste après la correction du T4 2018.

Il est temps de garder le calme et de continuer

La crise économique provoquée par le coronavirus a eu un impact brutal sur les marchés des obligations d'entreprises. Au cours des prochains mois, de nombreux dégradations de notations et défauts se produiront sans doute, suite au choc économique. Dans le même temps, la crise a engendré des mesures politiques sans précédent à travers le monde pour soutenir les entreprises. Pour ceux qui souhaitent rester investis sur les marchés des obligations d'entreprises, les stratégies multi-facteur peuvent constituer une solution intéressante. Ils devraient continuer à faire preuve de résistance face aux événements de crédit en raison de leur solide construction de portefeuille et de l'inclusion de critères de qualité et de faible risque dans leur sélection d'émetteurs.  Et les stratégies multi-facteur sont généralement en mesure de générer un alpha important lors de la reprise.


La valeur des investissements et les revenus qu'ils génèrent peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse et il est possible que les investisseurs ne récupèrent pas leur investissement initial.

Les performances ou réalisations passées ne préjugent pas des performances actuelles ou futures.

Les catégories d'actifs susmentionnées sont fournies à titre d'illustration uniquement, ne sont pas destinées à solliciter l'achat de ces Instruments financiers et ne constituent pas un conseil ou une recommandation d'investissement.


[1] Voir Allocation d’actifs – La crise génère des opportunités



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