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Un avant-goût des élections américaines de 2020 : tout ou rien ?

À quelques jours des élections américaines, un livre blanc de BNP Paribas Asset Management étudie les perspectives d’une issue favorable pour Joe Biden et Donald Trump à la Maison Blanche et au Congrès. En effet, sans soutien du Sénat et de la Chambre des représentants, les deux candidats auront bien des difficultés à s’acquitter de leur mandat.

  • Bien qu’il ressorte largement en tête des sondages d’opinion, le démocrate Joe Biden devra encore transformer ses six sièges de retard au Sénat en une majorité s’il souhaite faire avancer les plans de relance budgétaires et les hausses d’impôts qui permettront de financer l’augmentation des dépenses dans les infrastructures et la santé.
  • Pour sa part, Donald Trump doit renverser la large majorité démocrate à la Chambre des représentants s’il entend mettre à exécution l'intégralité de son programme. À défaut, son second mandat se limitera à la politique étrangère, au commerce et aux déréglementations sectorielles.
  • Le nouveau dispositif du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale implique une réaction beaucoup plus lente aux grandes mesures de relance budgétaires que ce ne fut le cas après les baisses d’impôts de Donald Trump.

Aussi favori soit-il, Joe Biden a besoin des États indécis

Comme c’est toujours le cas dans le système électoral américain, l’avance d’un candidat dans les fameux « swing states » peut faire basculer le vote du Collège électoral. Cette fois-ci, les États indécis sont la Floride, l’Arizona, la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan. Même si Joe Biden y est donné gagnant, tout peut encore changer, comme ce fut le cas en 2016.

Donald Trump n’a plus beaucoup de temps pour renverser la vapeur

Alors que l’économie et la pandémie sont les deux problématiques les plus souvent citées par les électeurs, la désinvolture de Donald Trump à l’égard du coronavirus pourrait lui coûter cher. Après avoir été lui-même infecté par le virus, le Président ne semble pas prêt à changer son fusil d’épaule et à faire basculer les électeurs indécis dans son camp.

S’il était réélu, ce serait très vraisemblablement dû à un événement surprise dans les derniers jours de campagne, à une erreur magistrale des sondages d’opinion dans les États indécis ou à l’irrecevabilité d’un grand nombre de votes en faveur de Joe Biden.

Le programme de Donald Trump manque de clarté

En 2020, le programme électoral de Donald Trump manque de politiques ou stratégies définies. La promesse martelée à l’envi de nouvelles baisses d’impôts a peu de chances de passer le cap de la Chambre des représentants si les Républicains n’y obtiennent pas la majorité, ce qui risque fort d’être le cas.

Sans le soutien des deux chambres du Congrès, le second mandat de Donald Trump pourrait aller dans le même sens que les deux dernières années, à savoir privilégier la politique étrangère, le commerce et la déréglementation secteur par secteur. Autant de domaines où le Président et son administration ont toute latitude pour agir sans l’autorisation expresse du Congrès.

Les priorités de Joe Biden

L’agenda politique de Joe Biden est vaste, mais l’on peut résumer brièvement ses mesures concernant les marchés comme suit :

  • Engagement à lutter plus efficacement contre le Covid-19
  • Plan de relance budgétaire d’urgence pour soutenir les secteurs d’activité et les catégories sociales ayant le plus souffert de la récession
  • Redistribution par l’intermédiaire d'une hausse des impôts sur les sociétés et les grandes fortunes pour améliorer l’accès au système de santé
  • Réponse aux défis posés par les infrastructures et le changement climatique.

Les politiques de Joe Biden dans ces domaines renforceraient significativement l’intervention de l’État dans l’économie.

Une question clé concerne les 2400 milliards de dollars de relance budgétaire approuvés par les démocrates de la Chambre des représentants au mois d’octobre. Si les Démocrates remportent la Maison blanche et le Sénat et conservent la majorité à la Chambre des représentants, des mesures budgétaires de cette ampleur (environ 10 % du PIB) stimuleraient la croissance, mais coûteraient extrêmement cher.

Le contrôle du Sénat est essentiel

Pour que Joe Biden puisse mettre en œuvre les parties de son programme les plus ambitieuses et les plus susceptibles d’affecter les marchés, les Démocrates devront prendre le contrôle du Sénat où les Républicains détiennent actuellement six sièges d’avance. Seul un tiers du Sénat sera réélu cette année. Alors que la grande majorité des sièges à pourvoir sont considérés comme sûrs, une dizaine d’entre eux détermineront l’issue finale et la lutte y est beaucoup plus serrée que pour l’élection présidentielle.

La réaction attendue de la Réserve fédérale aux mesures de relance budgétaire

La politique budgétaire expansionniste adoptée dans le sillage de la victoire de Donald Trump en 2016 avait été considérée comme susceptible de faire grimper l’inflation, une situation que la Fed préfère généralement éviter en relevant ses taux d’intérêt. Ce qu’elle a fait, à trois reprises en 2017, puis à quatre autres reprises en 2018. Pour autant, l’inflation sous-jacente n’a franchi que brièvement la barre des 2 % en 2018 avant de refluer en 2019.

La Fed a tiré des leçons de cette expérience. Son approche de la conduite de la politique monétaire a changé, en dernier lieu avec l’annonce de son nouveau cadre stratégique au mois d’août.

Avant de relever ses taux d’intérêt, la Fed attendra non seulement un niveau de chômage faible ou une croissance vigoureuse, mais aussi un rebond de l’inflation. Dans la mesure où la courbe de Phillips devrait rester stable, la relance budgétaire ne devrait pas stimuler l’inflation de sitôt.

Combinées à une politique monétaire laxiste, les vigoureuses mesures de relance budgétaire sous une administration Biden devraient permettre à l’économie américaine de devancer le reste du monde pendant un temps.

Lisez l’intégralité de notre livre blanc Un avant-goût des élections américaines de 2020 : tout ou rien ?


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