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Un début d’année mouvementé

Les mouvements des marchés financiers au cours des deux dernières semaines de janvier correspondent à une phase d’aversion pour le risque (« risk-off ») et de fuite vers la sécurité comme le montrent, outre le recul des actions, la progression des obligations gouvernementales, l’appréciation du franc suisse et la hausse du cours de l’or. Pour autant, il serait excessif de parler de mouvement de panique

  • Sur fond d’indicateurs économiques toujours encourageants et de résultats des entreprises supérieurs aux attentes aux Etats-Unis, les marchés boursiers avaient commencé l’année en prolongeant la tendance favorable de fin 2019.
  • L’annonce officielle par les autorités chinoises le 21 janvier de la transmission interhumaine du virus de pneumonie aiguë (nCov 2019) marque le début de la baisse des actions.
  • Cette dégradation du sentiment s’est traduite par un recul mensuel de 1,2 % de l’indice MSCI AC World et de 4,7 % de l’indice MSCI Emerging (en dollars).

L’aggravation des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran début 2020 avait entraîné une hausse des cours du pétrole mais les hésitations sur les marchés actions étaient restées ponctuelles. Au 17 janvier, l’indice MSCI AC World (en dollars) affichait ainsi une progression de 2,5 % par rapport à fin 2019 comme pour saluer la signature de la phase 1 de l’accord commercial sino-américain le 15.

Par la suite, les marchés se sont retournés, les actions mondiales évoluant au rythme des informations sur l’épidémie du nouveau coronavirus nCov 2019 qui s’est déclarée en Chine. La fébrilité des investisseurs a été alimentée par le triste décompte du nombre de contaminations et de décès et la comparaison avec l’épidémie de SRAS de 2003.

Plusieurs sources d’inquiétude se cumulent dans des cas semblables alors que les investisseurs sont réduits à des conjectures sur l’effet direct pour l’activité dans la zone ou le pays touché, sur les éventuelles perturbations des chaînes de production et des échanges commerciaux, ou encore sur les conséquences pour le moral des agents économiques.

Les actions ont alors connu une baisse pratiquement ininterrompue au cours de la seconde quinzaine de janvier. Le mouvement a été nettement plus marqué sur les actions asiatiques (Hong Kong en particulier). La fermeture des marchés chinois pour les fêtes du Nouvel An lunaire a limité la visibilité. Les craintes de voir l’épidémie durablement peser sur la croissance mondiale ont également provoqué une baisse des cours du pétrole. Le baril de WTI termine le mois à 51,6 dollars (-15,6 % par rapport à fin 2019).

Pas d’effondrement des bourses développées

Au sein des marchés développés, les grands indices américains ont peu baissé (-0,2 % seulement pour le S&P 500, -1 % pour le Dow Jones 30), l’indice du Nasdaq parvenant même à progresser (+2 %) grâce aux bons résultats de plusieurs entreprises emblématiques du secteur technologique. Le net recul du secteur de l’énergie sur fond de baisse des cours du pétrole et, dans une moindre mesure, celui des matériaux de base et des financières ont pesé sur l’ensemble de la cote.

Malgré les inquiétudes dues à la propagation en Asie du coronavirus, le recul des actions japonaises est resté limité (-1,9 % pour le Nikkei 225) peut-être grâce aux bonnes nouvelles publiées en début de mois sur les exportations chinoises, encourageantes pour l’Asie dans son ensemble. Toutefois, les secteurs dont l’activité est liée aux échanges et aux voyages internationaux ont rencontré des difficultés.

Les actions de la zone euro ont baissé de 2,8 % (indice Eurostoxx 50) sous l’effet du recul important de plusieurs secteurs cycliques (matériaux de base, construction automobile) et des valeurs bancaires pénalisées par la nouvelle détente des taux longs. Le Footsie 100 britannique a perdu 3,4 % tandis que le marché suisse résistait (+0,1 % pour le SMI).

Graphique 1 : Sur fond de fuite vers la sécurité, les obligations ont progressé tandis que les marchés boursiers reculaient en janvier

Performances totales en janvier 2020 (% en devises locales au 31/01/2020)

Une nette détente des taux longs

Le mouvement de fuite vers la sécurité, provoqué par les craintes liées à la propagation du coronavirus en Chine, a entraîné une nette détente des taux longs. Le rendement du T-note américain à 10 ans, qui s’établissait à 1,92 % fin 2019, termine au plus bas depuis cinq mois, à 1,51 %, soit une détente mensuelle de 41 pb.

Le rendement du Bund allemand à 10 ans termine le mois à -0,43 %, au plus bas depuis mi-octobre. Cette détente mensuelle de 24 pb reflète les difficultés des marchés actions et les inquiétudes sur la croissance mondiale en lien avec l’épidémie de coronavirus qui frappe la Chine. Elle a pu être accentuée fin janvier par les déceptions sur la croissance du PIB de la zone euro au 4e trimestre, avec en particulier une légère contraction de l’activité en France. Cette progression des obligations gouvernementales ne rend pas justice à l’amélioration des autres indicateurs économiques (enquêtes d’activité ou données plus objectives de consommation et d’emploi) qui permettent d’envisager une croissance proche du potentiel en 2020. La détente des taux a été généralisée.

Graphique 2 : Les tensions sur les taux longs survenues à l'automne ont été corrigées en grande partie

Evolution récente des taux à 10 ans aux Etats-Unis et dans la zone euro (données au 31/01/2020)

Malgré les inquiétudes sanitaires, les risques économiques ont reflué

L’année a commencé par l’irruption d’un événement dramatique, imprévisible et extérieur à la sphère économique et financière. Nous avions déjà souligné l’importance que prendrait le facteur politique en cette année électorale aux Etats-Unis et rappelé que la signature de la phase 1 de l’accord commercial sino-américain ne marquerait pas la fin des politiques protectionnistes.

Fin janvier, l’organisation mondiale de la santé a qualifié l’épidémie de coronavirus 2019-nCov « d’urgence de santé publique de portée internationale » sans recommander pour autant de restreindre les voyages et les échanges commerciaux. Les investisseurs craignent les conséquences sur la croissance économique, chinoise et mondiale, d’une éventuelle pandémie.

Cet événement a aussi servi à cristalliser une inquiétude qui restait latente malgré la nette hausse des actions en 2019. Il est encore trop tôt pour évaluer les effets sur l’activité et la confiance mais l’éclaircie des perspectives économiques nous paraît suffisamment convaincante à l’heure actuelle.

Des variations importantes des actions vont sans doute être observées dans les prochaines semaines mais, compte tenu des fondamentaux des grandes économies et de l’attitude toujours accommodante des principales banques centrales, des opportunités d’achats pourraient se présenter.


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Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication. Elles émanent des informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement autres en fonction des clients.

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