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La Chine entre-t-elle dans un cycle de baisse des taux ?

Même si la Banque populaire de Chine (PBoC) devrait continuer à réduire ses taux par petits paliers à court terme, la Chine n'entre probablement pas dans un cycle de baisse des taux en raison de contraintes macro et microéconomiques.

PBoC

Même si la Banque populaire de Chine (PBoC) devrait continuer à réduire ses taux par petits paliers à court terme, la Chine n'entre probablement pas dans un cycle de baisse des taux en raison de contraintes macro et microéconomiques.

  • L'assouplissement progressif reflète les inquiétudes de Pékin concernant le ralentissement de la dynamique de croissance du PIB ;
  • Les fluctuations des taux du marché monétaire ne devraient avoir qu'un impact systémique limité ;
  • Les rendements obligataires chinois pourraient s'approcher d'un point bas dans les mois à venir.

Un assouplissement en douceur

Afin de trouver un équilibre entre une politique d'assouplissement et la maîtrise des tensions inflationnistes potentielles, la PBoC a, selon moi, opté pour une approche d'assouplissement de profil bas en ajustant les liquidités et les taux d'intérêt via le marché monétaire (taux de prise en pension) et la facilité de prêt (taux d’intérêt et injection de liquidités via MLF) face à la hausse de l'indice des prix à la consommation (IPC) due principalement à la flambée des prix de la viande de porc.

Dernièrement, l'assouplissement progressif de la politique monétaire a été mis en évidence. La baisse des taux d'intérêt sur MLF de 5 pb et l'injection de liquidités d’un montant de 200 milliards de RMB via le MLF, respectivement, les 5 et 15 novembre, ont été suivies d'une diminution du taux d'intérêt de prise en pension sur 7 jours et du prêt à taux préférentiel (PTP) de 5 pb les 18 et 20 novembre.

Le taux de prise en pension est un indicateur de la politique de la PBoC, tandis que le taux MLF est la référence en matière de fixation du prix du PTP des banques commerciales. Les baisses de ces deux taux d'intérêt fondamentaux montrent donc clairement un assouplissement de la politique monétaire à mesure que les autorités se préoccupent davantage de la faible dynamique de croissance du PIB chinois.

Effet systémique limité

Les taux du marché monétaire chinois ne sont pas encore devenus un moyen significatif pour impacter les crédits à l'échelle du système, car les banques chinoises tirent l'essentiel de leur financement des dépôts de détail. En attendant, toutes les banques du système ne bénéficient pas des injections du MLF et des baisses de taux, car la PBoC contrôle l'allocation des liquidités via le MLF à un groupe désigné de banques, et ordonne aux banques qui reçoivent des injections de liquidités du MLF de les utiliser pour financer des investissements spécifiques.

Ainsi, l'assouplissement de la politique monétaire via des ajustements du taux repo et du MLF atténue les efforts sans effets systémiques significatifs. Ces ajustements indiquent également au marché que Pékin ne met pas en œuvre de reflation massive.

Cependant, le mode d'assouplissement sélectif est intrinsèquement instable, car il est insuffisant pour relancer une reprise conjoncturelle. Par ailleurs, les autorités doivent constamment rassurer le marché sur le fait qu'aucun renflouement à grande échelle ne serait nécessaire. L'assouplissement sélectif comporte également le risque de surestimer les bonnes performances économiques sous la pression du contrôle de la dette intérieure et d'une guerre commerciale extérieure.

La Chine entre-t-elle dans un cycle de baisse des taux ?

Il est probable qu'il y aura davantage d'assouplissement à court terme par le biais de baisses des taux des facilités de prêt ainsi que d'injections et de diminutions de PTP, mais pas par une injection de liquidités très médiatisée. Certains acteurs du marché se demandent si la Chine est entrée dans un cycle de baisse des taux. Peut-être pas, à mon avis.

Tout d'abord, l'IPC est passé au-dessus du seuil d'inflation cible de 3 % de la PBoC, grâce à la flambée des prix de la viande de porc due à la grippe porcine africaine. Certes, l'IPC de base est resté inférieur à 2 %. Mais comme l'économie devrait bientôt se stabiliser et même se redresser légèrement, les craintes d'un élargissement des pressions inflationnistes vont prendre davantage d'importance dans le radar de la PBoC.

Deuxièmement, la PBoC est confrontée à une contrainte systémique de stabilité sur les baisses de taux. Il est devenu prioritaire pour les banques chinoises de lever des capitaux, en particulier pour les petites et moyennes banques qui sont sous-capitalisées. Il y a déjà eu quelques cas de petites faillites bancaires depuis le mois de mai de cette année. Il leur serait difficile d'attirer des capitaux si leurs bénéfices étaient affectés par la baisse des taux d'emprunt.

Enfin, du point de vue des réformes à long terme, le taux de prêt réel de la Chine est déjà faible. Par exemple, avec une croissance du PIB nominal de 7,6 % actuellement, le PTP en vigueur de 4,15 % indique que le taux de prêt préférentiel de la Chine est inférieur de 3,45 % au taux de croissance du PIB nominal. Peu de pays ont un taux préférentiel inférieur de 350 pb à la croissance du PIB nominal. En outre, le PTP réel de la Chine approche de zéro, avec un IPC supérieur à 3 %. Si le taux de prêt réel est trop bas, il pourrait se retourner contre les objectifs de réduction de la dette et de réforme structurelle du gouvernement en permettant aux « sociétés zombies » de survivre.


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