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Au cas où vous auriez manqué leur publication du 14/06/17, les ventes au détail aux US ont reculé de 0,3 % en glissement mensuel en mai, soit un ralentissement à 3,8 % en glissement annuel.

Les ventes automobiles américaines ont du plomb dans l’aile

Par le passé, j’avais déjà évoqué les défis, présents et futurs, auxquels va être confronté le secteur de la distribution américaine avant de trouver un nouvel équilibre. Vous n’auriez pas tort de penser que ce pan de l’économie est responsable du ralentissement que connaît l’ensemble des ventes au détail. Toutefois, un autre pan de la distribution semble commencer à battre de l’aile, avec des implications nettement plus importantes : celui lié aux ventes automobiles.

Dans notre équipe nous nous focalisons sur les différentes phases du cycle

Au sein de notre équipe de rotation sectorielle obligataire, nous suivons de près la chronologie du cycle des bénéfices des entreprises, du cycle économique et du cycle commercial.

Le secteur automobile américain n’échappe pas à la règle et fonctionne selon son propre cycle qui peut se définir comme suit :

  • La stabilité des prix des véhicules d’occasion débouche sur une stabilité du cycle commercial et une stabilité du rythme des ventes de véhicules neufs générant ainsi des contributions positives aussi bien pour la croissance économique  que pour l’indice des prix à la consommation (IPC).
  • La majorité des ventes de véhicules neufs implique la reprise de l’ancien véhicule. Dès lors, plus la valeur du véhicule d’occasion est élevée, plus le cycle commercial est court. Environ un tiers de l’ensemble des ventes de véhicules neufs implique un contrat de location-vente (ou leasing) et l’année 2016 a battu un nouveau record à cet égard.

Le marché du leasing automobile aux Etats-Unis est basé sur la valeur résiduelle

Le marché du leasing se base sur la « valeur résiduelle », ou l’estimation de la valeur d’un véhicule par le prêteur à l’issue du contrat de location. Cette valeur résiduelle se base quasi exclusivement sur les estimations actuelles et prévisionnelles du prix des véhicules d’occasion. Par conséquent, plus la valeur résiduelle est faible, plus le loyer mensuel du leasing sera élevé. Les acheteurs de véhicules neufs et d’occasion sont sensibles au montant des paiements mensuels.

Pour soutenir le marché, les fabricants automobiles ont recours aux offres incitant à l’achat

Lorsque la valeur actuelle des véhicules d’occasion commence à chuter, la valeur résiduelle attendue baisse. Par conséquent, les loyers d’un véhicule neuf en leasing augmenteront et les ventes de véhicules neufs diminueront. Pour contrer cette baisse de valeur résiduelle, les fabricants automobiles mettent en place des programmes visant à rendre les loyers mensuels plus raisonnables et à assurer la croissance des ventes de véhicules. Les chiffres de mai 2017 montrent qu’il y a eu 11,9 % d’efforts supplémentaires réalisés par les concessionnaires par rapport à mai 2016, soit la 26e hausse consécutive des dépenses mensuelles sur ce poste.

Mais ces offres ne peuvent que retarder l’inévitable

Cependant, cette stratégie ne fait que retarder l’inévitable car les prix des véhicules d’occasion continuent de baisser sous le poids des véhicules arrivés au terme du contrat de location. En 2016, quelque 2,8 millions de voitures sont ainsi sorties de la flotte de location et nous pensons que ce chiffre grimpera à environ 4,8 millions d’ici à 2021.

Le recul des ventes de véhicules neufs en contrat de location est inévitable

Si les programmes visant à réduit le montant des loyers mensuels ne peuvent pas compenser la perte de valeur des véhicules d’occasion, il est fort probable que nous assistions à un recul des ventes de véhicules neufs anciennement mis en location. C’est exactement ce que montre notre premier graphique où les ventes automobiles américaines de Ward Automotive atteignent un pic fin 2016 pour redescendre à 16,58 millions (rythme annualisé corrigé des effets saisonniers) fin mai.

Graphique 1 : Les ventes automobiles américaines sont en baisse, ceci laisse penser que les offres incitant à l’achat n’arrivent plus à compenser la baisse des prix des véhicules d’occasion.

Source : Bloomberg, données au 31/05/2017

Conclusion : Les ventes de véhicules sont dorénavant un frein à la croissance et à l'inflation

Les conséquences les plus importantes de cette évolution ne seront pas cantonnées au cours de l’action des fabricants automobiles, un secteur qui contribue généralement positivement à la croissance du PIB américain. Les graphiques ci-dessous montrent que la tendance des ventes de véhicules aux États-Unis n'est plus un soutien à la croissance du PIB  mais un frein ainsi que l’effet déflationniste de l’évolution actuelle des prix des véhicules.

Graphique 2 : La contribution positive des ventes d’automobiles à l'indice des prix à la consommation est en baisse

Graphique 2 bis : Les ventes automobiles sont d’ores et déjà un frein à la croissance américaine (ici la contribution des ventes automobiles au PIB américain en points de base)

Source : Bloomberg, données au 31/05/2017
Achevé de rédiger le 26/06/2017

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