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En cette Journée internationale de la Terre, la terre mérite toute notre attention

Pour la Journée internationale de la Terre, [1] Robert-Alexandre Poujade analyse un aspect essentiel d'écosystèmes fonctionnelset en bonne santé - les sols -, et explique pourquoi les investisseurs doivent s'y intéresser.  

De prime abord, les sols ne sont pas nécessairement le domaine auquel les investisseurs prêtent le plus d'intérêt. Il est pourtant vital de préserver la santé des sols sur toute la planète, et ce pour de nombreuses raisons :     

  • Les sols sont à la base de nombreux écosystèmes et constituent une composante active de la pureté de l’air et de l’eau
  • Ils jouent un rôle fondamental pour la production et la sécurité alimentaires
  • Ils forment un barrage naturel contre les inondations
  • Ils contribuent également aux moyens d’existence des populations locales.  

Les sols sont par ailleurs un outil clé pour atténuer le changement climatique, car ils représentent le plus gros puits de carbone terrestre.

Pourtant, la santé des sols et la productivité des terres diminuent partout dans le monde en raison d'une activité humaine de plus en plus forte, d'un usage des terres inapproprié et de pratiques agricoles extrêmes comme les monocultures, l'élevage intensif de bétail et la surexploitation des pâturages.

Une autre pratique issue des modèles agricoles traditionnels et qui porte préjudice à l’environnement est l’emploi massif de pesticides. Or ce problème doit être résolu afin de restaurer la santé des sols. Les pesticides nuisent aux invertébrés et aux micro-organismes des sols, y compris aux champignons et aux bactéries, qui facilitent la séquestration du carbone dans la terre et permettent aux végétaux d’accéder à des nutriments. Les néonicotinoïdes, un insecticide très utilisé dans l’agriculture, sont de plus en plus mis en cause dans le déclin des populations d'oiseaux.

Quelles sont les solutions ?

Il ne fait aucun doute que les modèles agricoles actuels ne pourront pas tenir sur le long terme. Une transition vers des pratiques plus respectueuses doit contribuer à protéger la santé des sols et la biodiversité, et atténuer le changement climatique et les autres impacts négatifs sur l’environnement.

Parmi ce type d’approches figure le « carbon farming », un modèle privilégiant des pratiques et des cultures réputées pour optimiser la séquestration du carbone dans les terres agricoles et réduire les émissions de CO2.

L’agro-écologie, une méthode durable qui s’accompagne de principes écologiques et s’appuie sur les connaissances locales dans la plantation des cultures, fait partie des autres alternatives envisageables.

Un rapport du groupe de réflexion IDDRI estime qu’en adoptant des pratiques agro-écologiques, les agriculteurs européens pourraient continuer de couvrir les besoins alimentaires de la population de la région, qui devrait atteindre 530 millions de personnes d’ici 2050.

La perte de rendement agricole initiale qui résulterait de la moindre intensité de ces cultures peut être compensée en réduisant la consommation de viande d’animaux nourris aux céréales, en faveur de bétail élevé en pâturage et de protéines végétales.

Soulignons que le déploiement de pratiques d’agriculture biologique à grande échelle pourrait être freiné par la question de l’approvisionnement en azote, un nutriment essentiel pour le développement des cultures et potentiellement déterminant pour les rendements agricoles, et que l’agriculture traditionnelle utilise sous une forme synthétique.

Cependant, dans un rapport récent, la revue Nature estime que l’agriculture biologique pourrait représenter jusqu’à 60 % de la production mondiale si des politiques adaptées sont mises en place au niveau de l’offre alimentaire et de la demande.   
Pourquoi les sols sont-ils importants pour les investisseurs ? 

Faute d’efforts à grande échelle pour préserver la nature, le déclin des services naturels rendus par des écosystèmes en bonne santé pourrait coûter 10 000 milliards de dollars de PIB d’ici 2050.

Alors que les sols forment la base des écosystèmes terrestres, les investisseurs ont jusqu'à présent nettement négligé sa valeur en tant qu’actif naturel. D’après nos estimations, les entreprises dans lesquelles nous investissons ont une empreinte terrestre moyenne (liée aux matières premières agricoles) d’environ 30 hectares par million d’euros de chiffre d’affaires net.

Investir ou rediriger du capital pour favoriser et développer des solutions de préservation de la bonne santé des sols peut, selon nous, se révéler payant d'un point de vue environnemental et social, mais aussi économique.

Le système des crédits de compensation du carbone et des services écosystémiques suscite un intérêt croissant parmi les acteurs privés et publics : le gouvernement britannique, par exemple, travaille à la création d’une norme certifiée de crédits de carbone terrestre afin d’inciter les agriculteurs à gérer durablement les sols.

Des initiatives s’articulent par ailleurs sur des bases plus spontanées : la société d’agronomie Soil Capital propose un programme de gestion de carbone, destiné à faciliter la transition des exploitants vers une agriculture régénératrice sans risque de baisse de rentabilité.

Les réponses des entreprises

Les entreprises qui s’attaquent à la question ont souvent tendance à se concentrer sur l’application de pratiques agricoles régénératrices afin de préserver la santé des sols.

Mais ces tentatives sont-elles suffisamment ambitieuses ? Comme nous l’a rappelé le Professeur Johan Rockström dans notre série Symposium d'investissement, la moitié de notre production alimentaire actuelle se fait au prix de la transgression des frontières planétaires.

S'il est vrai que certaines sociétés d’agroalimentaire commencent à réagir en anticipant des changements de comportement dans leur chaîne de valeur, il est indispensable que les investisseurs aient voix au chapitre afin de renforcer cette transition.

Les entreprises doivent mettre en place des pratiques régénératrices dans la majorité de leurs activités d'agriculture terrestre, dans le cadre d'objectifs, de délais et de programmes dédiés, et mettre un terme à la dispersion de projets conduits à petite échelle.

General Mills2, par exemple, s’est fixé l’objectif d’atteindre 500 000 hectares de terres agricoles sous pratiques régénératrices d’ici 2030, en définissant l’agriculture régénératrice comme un travail avec les fournisseurs afin d’assurer la gérance responsable des terres et de mettre au point une production alimentaire ayant des impacts environnementaux, sociaux et économiques positifs. Cette approche, en lien étroit avec ses objectifs de consommation d’eau et d'émissions de carbone, implique d’améliorer la santé des sols par le biais de la réduction du travail des terres, de la restauration de la biodiversité, du maintien de la couverture des sols et de l’intégration de l'élevage de bétail.

Danone2 a présenté l'an dernier sa stratégie, qui consiste à se rapprocher des exploitants agricoles et à leur fournir un tableau de bord pour la préservation de la biodiversité des sols (et de l’eau) et le respect du bien-être animal. Cette démarche doit permettre d’améliorer non seulement la qualité de l’alimentation, mais aussi celle de l’environnement. L’entreprise déclare qu’elle a converti 150 000 ha (12 % de ses approvisionnements directs) à l’agriculture régénératrice.

Enfin, Unilever2 a rédigé un document fixant ses principes d’agriculture régénératrice, qui contient des orientations afin de laisser les racines vivantes dans le sol, prévenir l’érosion des sols et effectuer des rotations de cultures, permettant également de réduire les besoins d’utilisation de pesticides.  

Des données insuffisantes

L’action nécessaire (des investisseurs) pour restaurer la biodiversité implique de surveiller des indicateurs clés dans ce domaine.

Cela étant, certains aspects de la biodiversité sont plus faciles à surveiller que d'autres. Malgré le perfectionnement des techniques et des séries de données, l’insuffisance de données générales se ressent particulièrement en ce qui concerne la biodiversité des sols.

Il existe de graves lacunes en termes de données sur la répartition et la taxonomie des organismes, notamment sur la façon dont la biodiversité des sols affecte le fonctionnement des écosystèmes. Par conséquent, les données relatives à la biodiversité des sols sont actuellement absentes des informations sur la biodiversité « exploitables » par les investisseurs.

Ces lacunes devront être comblées s'il nous faut prendre des mesures appropriées afin de protéger les sols. Car outre le capital consacré à la restauration de la biodiversité des sols et à la séquestration du carbone, la richesse des données sur la biodiversité des sols est un domaine dans lequel les investisseurs peuvent apporter leur pierre à l’édifice.

Les investisseurs en quête d'opportunités dans le domaine des solutions liées à la perte de biodiversité peuvent trouver des stratégies d'investissement thématiques bien mesurées, diversifiées et transparentes telles les fonds BNP Paribas Energy Transition, BNP Paribas EARTH et BNP Paribas Ecosystem Restoration.   

[1] 22 avril ; de plus amples informations peuvent être consultées sur https://www.earthday.org/earth-day-2022/

[2] Ces entreprises sont mentionnées à titre d’illustration uniquement. Ces informations ne constituent pas un conseil ni une recommandation d'investissement. BNP Paribas Asset Management ne détient pas forcément d'investissement dans ces entreprises.

Avertissement

BNP Paribas Energy Transition, BNP Paribas EARTH et BNP Paribas Ecosystem Restoration sont des compartiments de BNP Paribas Funds, SICAV de droit luxembourgeois conforme à la directive 2009/65/CE. Ces produits ont pour objectif l’investissement durable au sens de l’article 9 du règlement UE 2019/2088. Un investissement durable signifie un investissement dans une activité économique qui contribue à un objectif environnemental (mesuré, par exemple, par des indicateurs clés d’efficacité des ressources sur l’utilisation de l’énergie, des énergies renouvelables, des matières premières, de l’eau et de la terre ou un investissement dans une activité économique), ou qui contribue à un objectif social (en particulier un investissement qui contribue à lutter contre les inégalités, à favoriser la cohésion sociale ou l’intégration sociale). Ce produit intègre des caractéristiques extra-financières dans son processus d’investissement selon une approche fondée sur un engagement significatif au sens de la position-recommandation AMF 2020-03.

Les investissements réalisés dans les fonds sont soumis aux fluctuations du marché et aux risques inhérents aux investissements en valeurs mobilières. La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas l’intégralité de leur placement. Le fonds décrit présente un risque de perte en capital. Pour une définition et une description plus complète des risques, merci de vous reporter au prospectus et DICI du fonds. Avant de souscrire, vous devez lire la version la plus récente du prospectus et DICI disponibles gratuitement sur notre site.

Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication, sont basées sur les informations disponibles et sont susceptibles d’être modifiées sans préavis. Chaque équipe de gestion de portefeuille peut avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients. Les opinions exprimées dans ce podcast ne représentent en aucun cas un conseil d’investissement.

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent aussi bien diminuer qu’augmenter et il est possible que les investisseurs ne récupèrent pas leur mise de fonds initiale. Les performances passées ne sont pas une indication fiable des performances futures.

L’investissement dans les marchés émergents, ou dans des secteurs spécialisés ou restreints, est susceptible d’être soumis à une volatilité supérieure à la moyenne en raison d’un degré élevé de concentration, d’une plus grande incertitude parce que moins d’informations sont disponibles, qu’il y a moins de liquidité ou en raison d’une plus grande sensibilité aux changements des conditions du marché (conditions sociales, politiques et économiques).

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la majorité des marchés internationaux développés. C’est pourquoi les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis dans les marchés émergents peuvent présenter un risque plus important.

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