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La fête continue mais l’ambiance n’y est pas vraiment

En octobre, les changements de l’état d’esprit des investisseurs, qui craignaient il y a peu un regain des tensions commerciales et une sortie désordonnée du Royaume-Uni de l’Union européenne, expliquent largement la bonne tenue des actions mondiales.

La fête continue mais l’ambiance n’y est pas vraiment

En octobre, les changements de l’état d’esprit des investisseurs, qui craignaient il y a peu un regain des tensions commerciales et une sortie désordonnée du Royaume-Uni de l’Union européenne, expliquent largement la bonne tenue des actions mondiales.

  • L’indice MSCI AC World a gagné 2,6 % (en dollars) par rapport à fin septembre et affiche une hausse de 17,3 % depuis le début de l’année.
  • Les actions émergentes ont surperformé en octobre (+4,1 % pour l’indice MSCI Emerging en dollars) en raison de la bonne tenue de plusieurs marchés, en Asie notamment, et du rebond de certaines devises face au dollar.
  • Les marchés obligataires ont enregistré une légère détérioration malgré la baisse des taux directeurs américains. Le mouvement a été plus marqué sur les titres européens.

Les investisseurs s’inquiètent puis se rassurent

En tout début de mois, les actions ont nettement baissé en réaction à la publication d’indicateurs économiques jugés préoccupants. Les enquêtes auprès des directeurs d’achats ont en effet montré une inflexion de l’activité en septembre, dans le secteur manufacturier mais aussi dans les services. Aux Etats-Unis en particulier, l’indice ISM non-manufacturier a perdu 3,8 points pour s’inscrire à 52,6, au plus bas depuis août 2016. Cette évolution a semblé remettre en cause l’hypothèse d’une activité dans les services en mesure de résister au ralentissement industriel. Les données économiques publiées par la suite ont pourtant montré que la demande intérieure restait encore solide. L’attention s’est rapidement reportée sur les facteurs politiques.

En premier lieu, la perspective d’un accord commercial partiel (« phase 1 ») entre les Etats-Unis et la Chine a rassuré. L’annonce de la suspension des hausses de droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 15 octobre a été saluée. Les négociateurs indiquent que des avancées ont été réalisées sur trois thèmes importants : une plus grande ouverture du marché chinois aux entreprises américaines dans le domaine des services financiers, la suppression de la pratique du transfert forcé de technologie, et la protection de la propriété intellectuelle. Aucun détail n’est encore disponible mais le ton adopté par les représentants des deux parties est apparu plutôt apaisé, laissant espérer la signature d’un accord à la mi-novembre.

Parallèlement, les échanges entre le Royaume-Uni et l’Union européenne ont pris un tour plus constructif à l’approche de l’échéance du 31 octobre qui devait marquer la date officielle du Brexit. Même si la situation reste confuse, les européens ont accepté de repousser la date-butoir au 31 janvier 2020 pour permettre au gouvernement de faire adopter l’accord de sortie par le Parlement britannique. De son côté, Boris Johnson a obtenu la tenue d’élections générales anticipées en décembre. Même si rien n’est réglé, la probabilité d’un Brexit sans accord est, à présent, considérée comme plus faible.

Graphique 1 : hausse généralisée des actions en octobre

Graphique 1 : hausse généralisée des actions en octobre

Banque centrale européenne : Ciao Mario

Pour les observateurs, le principal intérêt de la réunion de politique monétaire de la BCE du 24 octobre était qu’elle était la dernière présidée par Mario Draghi. Le président de la BCE a d’ailleurs révélé lors de la conférence que Christine Lagarde, qui lui succèdera le 1er novembre, était présente.

Il a été interrogé sur les dissensions au sein du Conseil des gouverneurs qui se sont manifestées à l’occasion de la reprise de l’APP. Dès septembre, plusieurs gouverneurs (français, allemand et néerlandais notamment) ont indiqué officiellement qu’ils n’étaient pas favorables à la reprise des achats. Le 4 octobre, six anciens banquiers centraux ont publié un mémorandum reprochant à Mario Draghi de mener une politique trop laxiste qui fragilise le secteur financier. Sa réponse est restée évasive (« nous avons des discussions, tout le monde a des discussions ») mais il a souligné que « l’appréciation générale [au sein du Conseil] des taux négatifs est globalement positive ».

Cette déclaration est importante car les débats sur les effets des taux négatifs sont de plus en plus fréquents et la marge de manœuvre de la BCE pour les baisser davantage paraît limitée. Le diagnostic économique est resté prudent, les risques sur la croissance étant toujours jugés baissiers. Ils sont rattachés aux incertitudes liées aux facteurs géopolitiques et à la montée du protectionnisme.

L’amélioration continue de l’emploi (avec un taux de chômage à 7,5 % en septembre, au plus bas depuis juillet 2008) est compatible avec la croissance « modérée mais positive » au second semestre qu’anticipe la BCE. La faiblesse persistante de l’inflation (0,7 % en glissement annuel en octobre ; 1,1 % hors alimentaire et énergie) permet à la BCE de conserver sa politique monétaire accommodante. Mario Draghi a réitéré son appel pour que la politique budgétaire prenne le relais. Dans ses premières interviews, Christine Lagarde a abondé dans ce sens.

Graphique 2 : Croissance de la zone euro modeste mais légèrement au-dessus des attentes au 3e trimestre

Graphique 2 : Croissance de la zone euro modeste mais légèrement au-dessus des attentes au 3e trimestre

Une certaine incrédulité n’empêche pas la hausse des actions 

Les actions mondiales ont nettement progressé et l’indice S&P 500 a établi un nouveau record en clôture le 30 octobre. Les investisseurs paraissent pourtant encore un peu réticents à se positionner largement sur les actions et le sentiment général demeure prudent.

La nette baisse des actions au 4e trimestre 2018, leur recul marqué en mai et, dans une moindre mesure, en août ont laissé des traces. Par ailleurs, après chaque baisse, la remontée ne s’est pas construite sur des éléments objectifs (données économiques, résultats des entreprises) mais sur les espoirs de voir disparaître les principales sources d’inquiétude (tensions commerciales, Brexit).

Un tel comportement n’est pas inhabituel sur les marchés boursiers mais nous paraît avoir été poussé à son paroxysme ces derniers temps. En conséquence, le mouvement haussier semble assez fragile.

A court terme toutefois, la hausse peut se prolonger, notamment grâce aux assouplissements des politiques monétaires survenues au cours des derniers mois. Même si les investisseurs ont pu se montrer sceptiques quant à l’efficacité des dernières mesures annoncées, les conditions financières sont nettement plus favorables qu’à la fin de 2018 au moment où les grandes banques centrales envisageaient l’arrêt des politiques non conventionnelles et la fin des taux directeurs très bas. La valorisation relative des actions face aux obligations s’est légèrement améliorée, les taux longs étant nettement plus bas qu’en début d’année.

Enfin, comme souligné plus haut, l’exposition des investisseurs aux actions est prudente si bien que toute baisse pourra leur fournir une opportunité pour se repositionner.

Etant donné que le scénario d’une récession nous paraît pouvoir être écarté, même si les risques ont augmenté, la hausse des actions pourrait se poursuivre à court terme. Des à-coups pourront toutefois être observés et nous conservons une approche très tactique de l’allocation d’actifs.


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