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Graphique de la semaine – des marges et des valorisations

  • La chute du marché au 4e trimestre a reflété, entre autres, la baisse des anticipations de bénéfices, principalement dans le secteur de l’énergie et dans les secteurs liés à Apple ; dans les autres secteurs, les estimations ont été relevées, quoique plus modestement
  • La croissance des bénéfices aux États-Unis permettra-t-elle aux ratios de valorisation de se maintenir au-dessus de leur moyenne ? Le marché acceptera d’autant moins d’être déçu que les récentes indications prévisionnelles en matière de bénéfices laissaient à désirer
  • Les entreprises européennes contiennent les coûts, mais la faible croissance des chiffres d’affaires empêche les bénéfices de progresser
  • Les prévisions de bénéfices au Japon souffrent de la contraction du commerce mondial, mais si un éventuel accord sino-américain contribuait à un rebond généralisé du commerce mondial, les entreprises japonaises en profiteraient outre mesure.

Les marchés ont dérapé au dernier trimestre 2018, sous la pression du resserrement monétaire opéré fermement par la Réserve fédérale américaine et des droits de douane imposés par le président Trump, mais aussi en grande partie en raison des fortes révisions à la baisse des anticipations de bénéfices, en particulier dans les secteurs de l’énergie, du matériel technologique et des semi-conducteurs. Cependant, pour les autres secteurs, les prévisions bénéficiaires à 12 mois ont encore été relevées, quoique plus modérément que pour les 9 premiers mois de l’année

  • La chute du marché au 4e trimestre a reflété, entre autres, la baisse des anticipations de bénéfices, principalement dans le secteur de l’énergie et dans les secteurs liés à Apple ; dans les autres secteurs, les estimations ont été relevées, quoique plus modestement
  • La croissance des bénéfices aux États-Unis permettra-t-elle aux ratios de valorisation de se maintenir au-dessus de leur moyenne ? Le marché acceptera d’autant moins d’être déçu que les récentes indications prévisionnelles en matière de bénéfices laissaient à désirer
  • Les entreprises européennes contiennent les coûts, mais la faible croissance des chiffres d’affaires empêche les bénéfices de progresser
  • Les prévisions de bénéfices au Japon souffrent de la contraction du commerce mondial, mais si un éventuel accord sino-américain contribuait à un rebond généralisé du commerce mondial, les entreprises japonaises en profiteraient outre mesure.

Les marchés ont dérapé au dernier trimestre 2018, sous la pression du resserrement monétaire opéré fermement par la Réserve fédérale américaine et des droits de douane imposés par le président Trump, mais aussi en grande partie en raison des fortes révisions à la baisse des anticipations de bénéfices, en particulier dans les secteurs de l’énergie, du matériel technologique et des semi-conducteurs. Cependant, pour les autres secteurs, les prévisions bénéficiaires à 12 mois ont encore été relevées, quoique plus modérément que pour les 9 premiers mois de l’année

Les valorisations sont-elles excessives ?

Avec le ralentissement de la croissance du PIB américain et la hausse des salaires et des droits de douane, il est plus difficile pour les entreprises de faire progresser leur bénéfice à un rythme suffisamment soutenu pour justifier des multiples boursiers supérieurs à la moyenne. Les marges sont sous pression. Le coût des marchandises vendues et les frais commerciaux, généraux et administratifs augmentent. L’accroissement des dotations aux amortissements et l’alourdissement de la charge d’intérêt pèsent également. Les prévisions de croissance des bénéfices auraient été pires si les impôts n’avaient pas baissé.

Le graphique de la semaine – des marges et des valorisations

Au niveau sectoriel, les droits de douane érodent la rentabilité, par exemple celle des gros consommateurs d’acier et d’aluminium. Par contre, les pressions salariales ne paraissent pas s’intensifier dans les secteurs où le coût de main-d’œuvre entre pour une plus grande part dans les coûts. Par exemple, selon les estimations, le coût des marchandises vendues n’augmente pas plus rapidement dans les secteurs de la construction et de l’électronique pour l’informatique que dans les autres secteurs. De plus, contrairement à ce que l’on pourrait penser, dans le secteur de la distribution la part des salaires dans le coût total est en fait inférieure à la moyenne de l’ensemble de l’économie. Par conséquent, les salaires ne pèseraient pas autant que d’aucuns le prétendent.

Peut-on considérer que le pire est passé, maintenant que la perspective d’un nouveau relèvement des taux d’intérêt par la Fed s’est éloignée et qu’un accord commercial avec la Chine pourrait conduire à une diminution des droits de douane ? La prudence s’impose, essentiellement en raison de l’avalanche d’indications prévisionnelles médiocres communiquées par les entreprises : le pourcentage des entreprises qui ont relevé leurs indications prévisionnelles reste bien inférieur à celui d’il y a un an. Le marché risque de sanctionner plus durement les entreprises qui annonceront encore de mauvaises surprises en matière de résultats.

En Europe et au Japon, le problème tient plus à la faible croissance des chiffres d’affaires qu’aux coûts

Si les anticipations bénéficiaires concernant les entreprises américaines ont été abaissées, la révision à la baisse a été nettement plus prononcée pour l’Europe, et encore plus pour le Japon. Par rapport à leur pic du 4e trimestre 2018, les estimations à 12 mois pour les États-Unis sont actuellement inférieures de juste 1 %, tandis qu’elles le sont encore de 2,5 % pour l’Europe et de presque 7 % pour le Japon.

Le graphique de la semaine – des marges et des valorisations

En Europe, c’est la faible croissance des chiffres d’affaires qui pose problème : les estimations n’ont été relevées que de 0,9 % sur les six derniers mois. Les coûts n’ont augmenté que légèrement, notamment dans les secteurs de la santé et des services aux collectivités. Comme aux États-Unis, la diminution de la charge fiscale prévue compense en partie le déclin du revenu avant impôt.

Le marché des actions japonaises semble faiblement valorisé, avec un ratio cours/bénéfices très inférieur aux moyennes à long terme, mais l’abaissement des prévisions de bénéfices pourrait expliquer cette décote. Le Japon rencontre le même problème que les États-Unis : la remontée des taux d’intérêt (du marché) réduit les marges. En outre, la contraction du commerce mondial en volume fait des dégâts. Les secteurs tournés vers l’exportation, comme l’automobile et les biens d’équipement, ont connu la baisse des anticipations bénéficiaires la plus marquée.

Cependant, cela pourrait aiguiser d’autant plus l’appétit des investisseurs en cas de signature d’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine.


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