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Graphique de la semaine – La surperformance du secteur défensif augure-t-elle d’un marché baissier ?

  • Les nouvelles baisses des indices des directeurs d'achat (PMI) se sont traduites par une baisse des rendements des bons du Trésor américain, ce qui a été considéré comme un indicateur d'une récession imminente. De même, la forte performance, à ce jour, des secteurs actions défensifs pourrait témoigner d'une quête de sécurité.
  • La baisse des rendements obligataires et le ralentissement de la croissance du PIB ont fait baisser le taux d'actualisation des actions, mais la baisse de la prime de risque des actions a plus que compensé leur profil de croissance plus faible.
  • La surperformance des secteurs défensifs reflète principalement la quête de rendement.

Les récents PMI décevants ont ravivé les inquiétudes du marché quant à la perspective d'une récession aux États-Unis, ou du moins d'un ralentissement plus marqué. En parallèle, la baisse du rendement des bons du Trésor à 10 ans a été interprétée comme envoyant exactement le même message. L’on pourrait toutefois faire valoir que les rendements des bons du Trésor ont baissé dans le sillage de la baisse des indices PMI au cours de l'année passée, reflétant simplement le ralentissement sans l'anticiper.

Graphique de la semaine - La surperformance du secteur défensif augure-t-elle d’un marché baissier ?
  • Les nouvelles baisses des indices des directeurs d'achat (PMI) se sont traduites par une baisse des rendements des bons du Trésor américain, ce qui a été considéré comme un indicateur d'une récession imminente. De même, la forte performance, à ce jour, des secteurs actions défensifs pourrait témoigner d'une quête de sécurité.
  • La baisse des rendements obligataires et le ralentissement de la croissance du PIB ont fait baisser le taux d'actualisation des actions, mais la baisse de la prime de risque des actions a plus que compensé leur profil de croissance plus faible.
  • La surperformance des secteurs défensifs reflète principalement la quête de rendement.

Les récents PMI décevants ont ravivé les inquiétudes du marché quant à la perspective d'une récession aux États-Unis, ou du moins d'un ralentissement plus marqué. En parallèle, la baisse du rendement des bons du Trésor à 10 ans a été interprétée comme envoyant exactement le même message. L’on pourrait toutefois faire valoir que les rendements des bons du Trésor ont baissé dans le sillage de la baisse des indices PMI au cours de l'année passée, reflétant simplement le ralentissement sans l'anticiper.

Si, au vu de leur vigueur cette année, les marchés actions ne se préoccupent visiblement pas de la baisse des PMI, où donc tournent-ils leurs regards ?

Nous ne pensons pas que ce soit vers une hausse des anticipations de bénéfices (lire : croissance économique), mais plutôt la forte baisse de la prime de risque action et la baisse des taux d'intérêt.

Qu'en est-il de l'opinion selon laquelle la performance relativement faible des secteurs cycliques cette année et la surperformance des secteurs défensifs sont les révélateurs d’une rotation vers des segments plus sûrs du marché en prévision d'un repli ?

Les secteurs cycliques qui surperforment généralement au cours des phases de marché haussier sont les technologies de l'information (TEC), la finance (FIN), la consommation discrétionnaire (C-D) et l'industrie (IND). Tandis que les secteurs qui auraient tendance à sous-performer sont les biens de consommation de base (C-S), les services aux collectivités (UTY) et les services de télécommunication (TEL).

La technologie est le seul de ces secteurs cycliques à avoir clairement surperformé l'indice cette année, tandis que parmi les secteurs défensifs, deux ont surperformé au lieu de sous-performer (voir graphique 1).

Graphique 1 : performances des actions américaines sur l’année en cours

Graphique 1 : performances des actions américaines sur l’année en cours

Données au 4 octobre 2019. TEC = Technologies de l'Information, RST = Immobilier, UTY = Services aux Collectivités, MED = Media & Entertainment, C-S = Biens de Consommation de Base, C-D = Biens de Consommation Discrétionnaire, SPX = S&P 500, IND = Industrie, TEL = Télécommunications, FIN = Finance, MAT = Matériaux, HLT = Santé, EGY = EGY. Source : FactSet, MSCI

La bonne performance de l'immobilier (RST) et les faibles rendements des valeurs financières (FIN) suggèrent que ce sont peut-être davantage les taux d'intérêt que le caractère défensif qui sont à l'origine de ces rendements sectoriels. L'immobilier et les services aux collectivités offrent tous deux un rendement du dividende de 3 % et les biens de consommation de base de 2,7 % (contre 2 % pour l'indice S&P 500 global), tandis que le secteur bancaire typiquement cyclique a manifestement souffert de la faiblesse des taux d'intérêt.

L'une des conséquences importantes de cette quête de rendement est, toutefois, que certains secteurs sont devenus chers. Le ratio cours/bénéfice (PER) du S&P 500 est actuellement de 15 % au-dessus de la moyenne depuis 1985, tandis que le PER des services aux collectivités est de 53 % au-dessus de la moyenne et celui de l'immobilier de 43 % (le ratio immobilier est basé sur le ratio prix/fonds opérationnels).

Les secteurs défensifs surperforment-ils toujours à l’approche de retournements du marché ?

Dans le passé des marchés haussiers, nous n'avons constaté aucune augmentation notable de la fréquence des surperformances à l’approche des pics du marché.

Nous en concluons qu'il n'y a pas forcément de contradiction entre le recul des indices PMI, la chute des rendements obligataires et (modestement) la hausse des marchés actions. Les rendements actuels n’augurent pas nécessairement d’une récession imminente. Ce sont d’ailleurs précisément ces rendements en baisse qui ont redonné du souffle aux marchés actions.


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Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication. Elles émanent des informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement autres en fonction des clients.

 

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