BNP AM

Le blog officiel de BNP Paribas Asset Management

La Chine s’apprête à franchir une nouvelle étape

Le marché chinois des actions a été l’un des plus performants sur les dix premiers mois de 2017, l’indice MSCI China (offshore) bondissant de plus de 48.9 % et l’indice MSCI China A (onshore) gagnant plus de 21.9 % en dollars. Les fortes révisions en hausse des bénéfices et la remontée des valorisations en Chine ont été le principal moteur de la hausse. Les perspectives macroéconomiques stables, l’amélioration des résultats due à la maîtrise de l’offre par les entreprises chinoises, les efforts du gouvernement en matière d’atténuation des risques et la probabilité accrue que le prochain remaniement de l’équipe dirigeante relance les réformes augurent pour la Chine d’un avenir meilleur à long terme.

Chine

Le marché chinois des actions a été l’un des plus performants sur les dix premiers mois de 2017, l’indice MSCI China (offshore) bondissant de plus de 48.9 % et l’indice MSCI China A (onshore) gagnant plus de 21.9 % en dollars. Les fortes révisions en hausse des bénéfices et la remontée des valorisations en Chine ont été le principal moteur de la hausse. Les perspectives macroéconomiques stables, l’amélioration des résultats due à la maîtrise de l’offre par les entreprises chinoises, les efforts du gouvernement en matière d’atténuation des risques et la probabilité accrue que le prochain remaniement de l’équipe dirigeante relance les réformes augurent pour la Chine d’un avenir meilleur à long terme.

Le marché chinois des actions figure en tête des marchés les plus performants jusqu’à présent cette année. Sa progression a surtout été favorisée par les perspectives macroéconomiques stables de la Chine, les efforts du gouvernement en matière d’atténuation des risques, les fortes révisions en hausse des bénéfices, la remontée des valorisations et la reprise macroéconomique mondiale. En particulier, les actions chinoises cotées offshore ont enregistré une croissance bénéficiaire d’environ 21 % en glissement annuel (GA) au S1 2017. L’indice MSCI China hors banques affichait quant à lui une croissance bénéficiaire de 31 % en GA au S1 2017. Les secteurs de l’énergie, des technologies de l’information, de l’immobilier et des matériaux ont connu leur plus forte croissance bénéficiaire depuis 2010. L’amélioration des perspectives bénéficiaires dans les secteurs cycliques pourrait durer davantage au cours du présent cycle grâce à la réduction des surcapacités et aux consolidations dans l’industrie. Le redressement des bénéfices et de la trésorerie des entreprises a atténué les craintes quant à la qualité des actifs et aux créances irrécouvrables, ce qui par contrecoup améliore les perspectives bénéficiaires des financières au S2 2017.

Graphique 1 : Dynamique bénéficiaire des entreprises en Chine

ChineNote : Dynamique bénéficiaire = variation en % sur six mois du ratio bénéfice par action à 12 mois

Source : MSCI, Thomson Reuters, HSBC, données au 3/10/2017

Malgré la hausse, les investisseurs internationaux sont circonspects vis-à-vis de la Chine, l’alourdissement de la dette chinoise, les sorties de capitaux et les risques géopolitiques potentiels suscitant l’inquiétude. En effet, après leur surperformance depuis le début de l’année, il serait naturel que les actions chinoises marquent une pause dans les prochains mois. Cependant, nous pensons que les actions chinoises méritent encore largement que les investisseurs s’y intéressent, car des forces structurelles et cycliques positives sont actuellement à l’œuvre en Chine.

Ces dernières années, l’économie chinoise a montré des signes de stabilisation. Plusieurs statistiques économiques chinoises majeures ont laissé entrevoir un avenir plus stable. Le taux de croissance annuel du PIB s’est maintenu à 6,9 % en GA au 2e trimestre 2017. Avec un indice des directeurs d’achat (PMI) bien supérieur à la barre des 50 en septembre, l’activité manufacturière continue de refléter la vigueur de la reprise chinoise tirée par le secteur manufacturier. Après un bond de 16,5 % en GA en juillet, la croissance des bénéfices industriels s’est fortement accélérée en août, à +24 % en GA, en raison de l’augmentation des prix à la production et de l’abaissement des coûts. En hausse de 6,9 % en GA en septembre, l’indice des prix à la production (IPP) reste soutenu principalement par le renchérissement des matériaux qu’alimentent une demande solide et les mesures actuelles axées sur l’offre. Nous pensons que la reprise mondiale et l’expansion économique chinoise contribueront au redressement des bénéfices.

L’atténuation des pressions déflationnistes s’explique largement par le rebond du prix des produits de base attribuable à la mise en œuvre méthodique de la réforme de l’offre. Conçue pour résorber l’excédent de capacité et rendre l’offre plus efficace, la réforme de l’offre s’est intensifiée début 2016. Pour réduire les surcapacités dans l’industrie, principalement dans les secteurs de l’acier et du charbon, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures qui ont entraîné une remontée des prix depuis le second semestre 2016. Par exemple, la Chine, premier producteur d’acier au monde, a fermé durant le premier semestre 2017 plus de 600 aciéries qui produisaient de l’acier bas de gamme, amputant ainsi les capacités d’environ 120 millions de tonnes. Le gouvernement chinois entend diminuer les capacités de production d’acier de 50 millions de tonnes en 2017 (sans compter la production d’acier bas de gamme) et avait déjà réalisé plus de 80 % de son objectif à la mi-juin. Les capacités chinoises de production d’acier ont baissé sous l’effet de la réforme de l’offre, mais le niveau de production actuel reste élevé car la demande est forte. D’où des stocks d’acier bas et des prix plus élevés qu’en 2016. Parallèlement, la consolidation du secteur de l’acier continue de s’accélérer. L’intensification de la réduction des capacités nous porte davantage à croire qu’une véritable réforme est réellement engagée.

Graphique 2 : Évolution du taux d’utilisation des capacités dans le secteur de l’acier, induite par la réforme de l’offre

Chine2017E et 2018E : estimations

Source : BNPP AM, Mysteel, NBS, CEIC, Goldman Sachs, Gao Hua Securities Research, 14/10/2017

La réforme des entreprises publiques, notamment son volet concernant l’actionnariat mixte, a encore progressé. Introduite en 2015, la réforme en faveur de l’actionnariat mixte vise à permettre des investissements privés et stratégiques dans les principales entreprises publiques chinoises afin de diversifier la structure actionnariale et d’accroître la productivité. En août, deux entreprises publiques ont annoncé des projets d’ouverture de leur capital à des investisseurs privés. Le géant chinois des télécommunications, China Unicom, a dévoilé un plan de réduction de sa participation dans le groupe de 62,7 % à 36,7 % pour lever des capitaux publics et privés auprès d’investisseurs stratégiques. Ces types d’évolution reflètent les efforts du gouvernement pour assurer la stabilité financière en diminuant le niveau d’endettement des entreprises publiques, qui demeure une des principales causes de la création excessive de crédit.

Concernant l’avenir, le remaniement de l’équipe dirigeante devrait constituer un événement favorable à la réduction de l’endettement des entreprises publiques et à la poursuite des réformes structurelles, dans la mesure où selon nous le nouveau comité permanent du bureau politique devrait compter un plus grand nombre de réformateurs. Le gouvernement souhaite parvenir à un développement de meilleure qualité, plus efficace et plus durable. Lors du congrès du Parti, qui se tient tous les cinq ans, on observe généralement une accalmie sur les marchés.

La solidité des flux du Stock Connect Scheme (SCC) est également un point positif pour la Chine. Le SCC devrait connaître un nouvel afflux de liquidités de Shanghai vers Hong Kong, car le marché des actions H présente encore une décote par rapport au marché des actions A, les actions cotées à Hong Kong se caractérisant généralement par de faibles valorisations et des dividendes relativement élevés. La libéralisation en cours du système financier pourrait élargir graduellement les possibilités pour les investisseurs étrangers de participer directement aux marchés chinois.

Le niveau de valorisation des actions A et H est faible. Malgré sa hausse, le marché chinois des actions est revenu à sa moyenne historique sur 10 ans. Qui plus est, les valorisations de ces deux catégories d’actions restent inférieures à celles constatées sur les marchés d’actions des pays développés. Le MSCI China et le MSCI China A affichent un rapport cours sur bénéfices attendus de 12,8x et 14,4x respectivement (estimations du consensus Bloomberg pour 2018, au 3 octobre 2017), soit un ratio inférieur à ceux des indices américains, européens et mondiaux.

Concernant les risques, des risques intérieurs (tensions sur le marché immobilier chinois, sorties de capitaux, gonflement de la dette) et des risques extérieurs (guerre commerciale ouverte avec les États-Unis, montée des tensions géopolitiques) pourraient peser sur le marché. Le 21 septembre, S&P Global Ratings a abaissé d’un cran, de AA- à A+, la note des emprunts souverains chinois à long terme. Toutefois, cette décision n’a pas surpris dans la mesure où les marchés financiers savaient depuis longtemps que S&P jugeait préoccupants certains éléments, en particulier les risques croissants liés à l’envolée de la dette chinoise. La décision de S&P intervient après la dégradation décidée par Moody’s Investors Service en mai. Il est donc improbable à notre avis qu’elle provoque de fortes réactions sur le marché. Un ralentissement dans l’immobilier pourrait être pénalisant, mais nous pensons que l’accélération de la consolidation des promoteurs immobiliers éloigne le risque majeur qu’un ralentissement conjoncturel conduise de petits promoteurs à la faillite. Le redressement de l’investissement privé devrait en outre concourir à compenser l’impact négatif. Si les dépenses d’infrastructure sont un moteur clé du PIB à prendre en considération, nous estimons qu’il importera davantage de se concentrer sur les dépenses d’investissement privées. Ce baromètre reflète mieux la confiance dans l’économie et la pérennité de l’économie, et il est encourageant de constater que les dépenses d’investissement visent désormais moins à accroître les capacités (ce qui est une démarche plus conjoncturelle) qu’à augmenter la productivité. Les entreprises font preuve d’une plus grande retenue dans l’expansion de leurs capacités, ce qui contribue à réduire le risque de surcapacité.

Nous restons convaincus que cette classe d’actifs sous-évaluée recèle un fort potentiel. Après les résultats mitigés de l’an passé, les données macroéconomiques actuelles laissent toujours prévoir une intensification de l’activité dans différents secteurs. La réforme de l’offre a considérablement progressé comparé aux années précédentes, ce qui a contribué à doper la rentabilité des entreprises. Le faible niveau des valorisations et l’atténuation des risques externes liés aux États-Unis sont à notre avis deux autres facteurs positifs pour les marchés chinois. Le renouvellement imminent des dirigeants devrait ouvrir à la Chine de nouvelles perspectives à long terme, à condition qu’il se traduise par une accélération des réformes.


Rédigé le 31/10/2017

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent évoluer aussi bien à la hausse qu’à la baisse et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas leur mise initiale.

Investir sur les marchés émergents ou sur des segments de marché spécialisés ou restreints peut présenter une volatilité supérieure à la moyenne en raison de la forte concentration de leurs positions, d’un degré d’incertitude plus élevé reflétant le manque d’informations disponibles, de leur liquidité plus faible ou de leur sensibilité plus grande à l’évolution du contexte de marché (social, politique et économique).

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la plupart des marchés développés internationaux. Par conséquent, les services de transaction, de liquidation et de conservation du portefeuille utilisé pour le compte de fonds investis dans les marchés émergents peuvent comporter un risque plus élevé.

Sur le même thème

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire

Un tour d'horizon des principales tendances économiques de la semaine.

Veuillez saisir une adresse e-mail valide
Veuillez cocher la case ci-dessous pour vous abonner