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Les actions du secteur des énergies renouvelables semblent prêtes à se redresser

Nous continuons à voir des signes laissant présager que les actions du secteur des énergies renouvelables sont bien orientées après le repli qui a marqué le début de l’année. Le 9 mars, nous avons assisté à la forte hausse de l’un des principaux ETF sur les énergies propres en Europe, ainsi qu’à la bonne performance du titre du premier constructeur californien de voitures électriques. Selon nous, le marché des énergies renouvelables devrait maintenant pouvoir se redresser, d'autant plus que les adjudications des obligations du Trésor américain se sont correctement déroulées la semaine dernière.

Ces derniers jours, de nombreux analystes ont relevé leurs perspectives sur les entreprises du secteur des énergies renouvelables. Ces améliorations ont été principalement motivées par :

  • Des valorisations redevenues plus attractives depuis le début de l’année 2021 dans le secteur des énergies propres.
  • La législation à venir sur les énergies propres qui, selon nous, devrait être adoptée par le Congrès américain.
  • Les crédits d’impôt de longue durée octroyés par l’administration américaine en faveur du solaire, de l’éolien, du stockage de l’énergie et des piles à combustible, constituent autant de catalyseurs majeurs.
  • Le soutien apporté aux infrastructures relatives aux véhicules électriques, à la capture et à la séquestration du carbone ainsi qu’à d’autres technologies innovantes.
  • L’intérêt des entreprises et des particuliers pour les énergies propres et le stockage de l’énergie continue d’augmenter sensiblement en raison de leur volonté de disposer d’une alimentation électrique plus fiable et plus résistante au vu des problèmes de fiabilité de leur réseau (par exemple, la tempête hivernale au Texas qui a provoqué des pannes sans précédent, les coupures électriques en Californie dues aux incendies de forêt et à la chaleur extrême, et celles dans le nord-est américain causées par de violentes tempêtes).

Par ailleurs, John Kerry, nommé envoyé spécial des Etats-Unis pour le climat par Joe Biden, a prononcé un discours à Bruxelles le 10 mars dernier dans lequel il soulignait la nécessité d’encourager la coopération avec les États-Unis pour faire progresser la lutte contre le changement climatique (politiques de prévention). Ce n’est, selon moi, pas une coïncidence si les prix des crédits carbone européens (quotas de carbone l’Union européenne, ou EUA pour European Union Allowances) ont considérablement augmenté pour atteindre de nouveaux sommets historiques après le discours de John Kerry.

Virage radical de la politique américaine en matière de lutte contre le changement climatique

John Kerry devrait jouer un rôle majeur pour favoriser l’adoption de mesures visant à limiter les émissions de carbone. Son poste s’inscrit dans le cadre d’un double rôle au sein de la Maison-Blanche sur le changement climatique. John Kerry était, rappelons-le, le Secrétaire d’État de l’administration Obama et l’un des principaux négociateurs de l’accord de Paris de 2015 sur le changement climatique. Il joue maintenant un rôle similaire pour le président Joe Biden en tant qu’envoyé international chargé de transmettre le message selon lequel les États-Unis ont décidé d’agir pour lutter contre le changement climatique. Les États-Unis entendent montrer l’exemple. John Kerry est très influent, et siège notamment au Conseil national de sécurité de la Maison-Blanche. Par conséquent, la question du changement climatique est susceptible de faire partie intégrante des grandes décisions de la Maison-Blanche en matière de sécurité nationale et de politique étrangère. Pour ce faire, John Kerry fait équipe avec Gina McCarthy, qui a été nommée première conseillère de la Maison-Blanche pour le climat. Elle était auparavant à la tête de l’Agence américaine pour la protection de l’environnement (Environmental Protection Agency ou EPA) au sein de l’administration Obama. À ce titre, elle a mis en place la réglementation de l’EPA visant à réduire les émissions de CO2 dans tous les principaux secteurs économiques. Elle sera désormais en mesure de veiller au respect de ces réglementations. Les États-Unis disposent donc maintenant d’une structure leur permettant, d’une part, de mettre en œuvre des politiques de réduction des émissions et d’autre part, de demander aux autres pays de faire de même.

Positionnement sur le marché des énergies renouvelables

Selon les données récentes de courtiers sur les actions européennes, les flux de capitaux sur les valeurs ESG restent solides. Ils sont notamment plus stables que les flux de capitaux sur les actions non ESG. Pour nous, cela laisse augurer des caractéristiques défensives des actifs des énergies renouvelables. En effet, en Europe, le positionnement sur les énergies renouvelables s’est considérablement allégé à la suite de la baisse des cours et est maintenant revenu à son plus bas niveau depuis trois ans, avec un ratio long/short de 2,6 : 1 (contre un ratio de 2,3 : 1 pour l’indice STOXX Europe 600) après avoir atteint 5,3 : 1 mi-janvier — ce qui, selon nous, pourrait limiter le risque de baisse au regard de la dynamique de rotation actuelle et assurer un potentiel de hausse asymétrique en cas de phénomène de ventes forcées d’actions (phénomène de de-grossing) ou de normalisation de la volatilité des taux d’intérêt.

Une perspective complémentaire sur les valorisations

Si l’on veut prendre du recul, le graphique 2 ci-dessous illustre, à mon avis, quelques points très intéressants. Le graphique montre la performance de l’un des principaux ETF (fonds indiciel coté) sur l’indice iShares Clean Energy (énergie propre) par rapport à celle de l’indice MSCI All Country World, en d’autres termes, la performance des valeurs mondiales des énergies renouvelables par rapport aux marchés boursiers mondiaux. L’axe de droite montre l’évolution du rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans. Voici quelques observations :

  1. La baisse des énergies renouvelables a commencé avant que les rendements des obligations à 10 ans ne commencent à augmenter. Lorsque les rendements obligataires ont commencé à se tendre, les énergies renouvelables avaient déjà sous-performé d’environ 10 %.
  2. Le prix de l’ETF iShares Clean Energy par rapport à la valorisation de marché des rendements du Trésor américain à 10 ans est revenu aux niveaux les plus bas absolus observés en mars 2020 — soit un mouvement de plus de 2 écarts-types.


Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication, sont basées sur les informations disponibles et sont susceptibles d’être modifiées sans préavis. Chaque équipe de gestion de portefeuille peut avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients.

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