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Marchés en août : Un été difficile pour les actifs émergents ; contagion limitée

Après le net rebond survenu en juillet, les actions mondiales ont connu une brève consolidation début août avant de refluer jusqu’au 15. Un changement de direction est alors intervenu sur fond de nouvelles un peu plus encourageantes sur le front commercial entre la Chine et les Etats-Unis d’une part et suite aux mesures prises en Turquie pour freiner la chute de la devise. Même si aucun de ces éléments n’a été véritablement décisif, les investisseurs ont paru se convaincre que ces développements allaient dans le bon sens malgré les nombreuses questions demeurant en suspens. L’accord commercial entre le Mexique et les Etats-Unis conclu en fin de mois a renforcé cette impression.

Après le net rebond survenu en juillet, les actions mondiales ont connu une brève consolidation début août avant de refluer jusqu’au 15. Un changement de direction est alors intervenu sur fond de nouvelles un peu plus encourageantes sur le front commercial entre la Chine et les Etats-Unis d’une part et suite aux mesures prises en Turquie pour freiner la chute de la devise. Même si aucun de ces éléments n’a été véritablement décisif, les investisseurs ont paru se convaincre que ces développements allaient dans le bon sens malgré les nombreuses questions demeurant en suspens. L’accord commercial entre le Mexique et les Etats-Unis conclu en fin de mois a renforcé cette impression.

Par ailleurs les données économiques se sont légèrement améliorées dans l’ensemble, éloignant l’hypothèse d’une inflexion marquée de la croissance mondiale. Les résultats trimestriels des entreprises se sont révélés une nouvelle fois solides, en particulier aux Etats-Unis où les effets de la baisse de l’impôt sur les sociétés ont dopé les profits tandis que la solidité de la croissance permettait une hausse de 9 % des chiffres d’affaires des entreprises cotées au S&P 500. Selon les comptes nationaux américains, les profits avant impôts des entreprises ont continué à progresser au 2e trimestre (+7,7 % en glissement annuel) pour atteindre un nouveau point haut pour ce cycle.

Dans cet environnement macro et microéconomique plutôt porteur et alors que le contexte politique a paru, un temps, s’apaiser, l’indice MSCI AC World (en dollars) a entamé une remontée qui l’a ramené vers la fin du mois à des seuils qui n’avaient été vus depuis la mi-mars. La dernière séance d’août a été marquée par un repli qui a limité la hausse mensuelle (+0,6 %).

L’indice MSCI Emerging (en dollars) a continué à sous-performer, affichant une baisse de 2,9 % en août et de 8,9 % depuis le début de l’année, alors que l’indice MSCI AC World est en hausse de 1,9 % sur les 8 premiers mois de 2018. Les difficultés de la Turquie, et, dans une moindre mesure, celles de l’Argentine, ont pesé sur les actions émergentes et entraîné une forte baisse de certaines devises, renforçant mécaniquement le repli des indices exprimés en dollars. Les places d’Europe émergente et d’Amérique latine affichent ainsi un fort recul. Le repli des bourses asiatiques est moindre, les mesures de soutien décidées par les autorités chinoises et l’assouplissement mis en place par la banque centrale étant parvenus à enrayer la baisse des actions chinoises.

Graphique 1 : La sous-performance des actions émergentes s’accroît

Source : Bloomberg, BNP Paribas Asset Management, données au 31/08/2018

Performances mensuelles des actions développées

Au sein des grandes places développées, les actions américaines ont nettement surperformé, les grands indices (S&P 500, Nasdaq) établissant de nouveaux records en clôture, portés par les résultats des entreprises et des indicateurs économiques très bien orientés qui laissent espérer une croissance encore très soutenue au 3e trimestre après une progression du PIB de 4,2 % au 2e trimestre. Le S&P 500 affiche une hausse mensuelle de 3,0 % avec une surperformance des valeurs technologiques et de la consommation cyclique.

Dans la zone euro, le recul des indices (-3,8 % pour l’Eurostoxx 50) reflète d’une part les difficultés du secteur financier en raison des craintes de contagion de la crise turque et d’autre part la contreperformance du marché italien sur fond de tensions sur les taux longs en lien avec les discussions budgétaires au sein du gouvernement. Outre les valeurs bancaires, les valeurs sensibles au niveau des taux d’intérêt (télécoms, services aux collectivités) ont été délaissées.

A Tokyo, l’indice Nikkei 225 est parvenu à gagner 1,4 % à l’issue de variations assez erratiques tandis que l’indice élargi Topix a baissé de 1 %. Même si la Banque du Japon a indiqué fin juillet vouloir privilégier les achats d’ETF sur le Topix dans le cadre de sa politique d’achats d’actifs, les investisseurs craignent qu’elle ne réduise ses achats. Le marché japonais a, dans un premier temps pâti du léger renforcement du yen : le statut de refuge de la devise a entraîné le retour de la parité USD/JPY à 110 en milieu de mois. Par la suite, les actions japonaises se sont reprises dans la foulée du rebond des marchés mondiaux. Les secteurs exposés à la demande intérieure ont eu tendance à sous-performer en août.

Graphique 2 : Nouvelle envolée des actions américaines

Source : Bloomberg, BNP Paribas Asset Management, données au 03/09/2018

A retenir : les devises émergentes chahutées

En août, l’attention des opérateurs sur le marché des changes a été retenue par les violentes baisses de plusieurs devises émergentes, au premier rang desquelles la livre turque et le peso argentin qui ont perdu 25 % par rapport au dollar en un mois.

En Argentine, malgré les mesures énergiques prises par la Banque centrale et l’aide accordée au pays par le FMI en mai dernier, une communication mal maîtrisée du gouvernement a relancé les inquiétudes en fin de mois. En Turquie, la devise a fortement baissé début août suite aux sanctions américaines et alors que l’attitude du Président Erdogan depuis sa réélection (remise en cause de l’indépendance de la Banque centrale, nomination de son gendre comme ministre des finances) n’a pas contribué à restaurer la confiance des investisseurs internationaux. Dans ce contexte, l’annonce du départ d’un vice-gouverneur de la banque centrale a provoqué un nouvel accès de faiblesse de la devise en toute fin de mois alors que le mouvement s’était inversé après le point bas touché le 13 août.

La nervosité des opérateurs s’est étendue au-delà de l’Argentine et de la Turquie comme en témoigne le retour de la volatilité sur les devises émergentes à ses plus hauts niveaux depuis début 2016. Ce contexte agité a entraîné le traditionnel repli vers les devises développées considérées comme des refuges (yen, franc suisse et, dans une moindre mesure dollar US). Le franc suisse a ainsi gagné 2,9 % face à l’euro et 2,1 % face au dollar.

Graphique 3 : Hausse de la volatilité sur les devises émergentes

Source : JP Morgan, Bloomberg, BNP Paribas Asset Management, données au 04/09/2018

Le temps des bonnes résolutions

En août, les investisseurs ont été, une fois encore, particulièrement attentifs aux nouvelles concernant le commerce international, et, plus généralement la diplomatie américaine. Ces éléments sont assez difficilement lisibles et prévisibles. L’accord commercial entre les Etats-Unis et le Mexique, qui ouvre la voie à une nouvelle version de l’ALENA, a été considéré comme une évolution positive alors que les inquiétudes autour de la Turquie, alimentées par les déclarations du Président des Etats-Unis qui ont exacerbé la baisse de la livre turque, avaient marqué les premières séances d’août.

Du point de vue économique, les craintes sur le dynamisme de la croissance mondiale se sont un peu estompées, les indicateurs restant très solides aux Etats-Unis et commençant à s’améliorer dans la zone euro et pour les économies émergentes. Le discours des banques centrales est resté accommodant, renforçant l’hypothèse d’une normalisation très graduelle des politiques monétaires malgré les légers signes d’une accélération de l’inflation, en particulier aux Etats-Unis. Enfin, les mesures prises par la banque centrale chinoise (PBoC) pour freiner la dépréciation du yuan apparaissent comme un facteur supplémentaire de stabilisation pour les marchés mondiaux.

Toutefois, d’importantes incertitudes demeurent tant sur les prochains développements du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine, après la mise en place le 23 août de droits de douane réciproques, que sur la situation politique en Europe. Le gouvernement britannique a commencé à envisager la procédure qui suivrait une sortie de l’Union européenne sans accord le 29 mars prochain et a publié plusieurs notes techniques sur ce sujet. En Italie, les arbitrages budgétaires, qui ont donné lieu à des discussions houleuses au sein du gouvernement cet été, doivent être présentés en septembre et seront examinés en octobre par la Commission européenne.

Enfin, aux Etats-Unis, les élections de mi-mandat (6 novembre) approchent. Le scrutin devrait être serré mais une éventuelle reconquête par le parti démocrate de la majorité à la Chambre des Représentants relancerait les interrogations autour de l’avenir du Président après les nouvelles affaires qui ont touché son entourage cet été.

D’un côté, un environnement macro et microéconomique porteur, de l’autre des événements politiques parfois déroutants qui ont été ces derniers mois prédominants dans l’esprit des investisseurs et entraîné des variations plus erratiques des marchés financiers. La rentrée pourrait être propice à un retour aux fondamentaux, au moins pour quelque temps.

D’autres articles de Nathalie Benatia.

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas leur investissement initial.

Investir dans les marchés émergents ou dans des segments de marché spécialisés ou restreints peut présenter une volatilité supérieure à la moyenne en raison de la forte concentration de leurs positions, d’un degré d’incertitude plus élevé reflétant le manque d’informations disponibles, de leur liquidité plus faible ou de leur sensibilité plus grande à l’évolution du contexte de marché (social, politique et économique).

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la plupart des marchés développés internationaux. Par conséquent, les services de transaction, de liquidation et de conservation du portefeuille utilisés pour le compte de fonds investis dans les marchés émergents peuvent comporter un risque plus élevé.

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