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Marchés obligataires de la zone euro (partie 1) – contexte économique

Si l’aversion au risque de la fin d’année 2018 a laissé place à un fort rebond des actifs risqués sur les marchés financiers, les craintes concernant les perspectives de croissance mondiale n’ont fait que se confirmer en ce début d’année. Les différents prévisionnistes (institutionnels et privés) n’ont eu de cesse d’abaisser leurs prévisions macroéconomiques durant le premier trimestre. Le ralentissement de l’industrie allemande est d’ailleurs particulièrement marqué.

Si l’aversion au risque de la fin d’année 2018 a laissé place à un fort rebond des actifs risqués sur les marchés financiers, les craintes concernant les perspectives de croissance mondiale n’ont fait que se confirmer en ce début d’année. Les différents prévisionnistes (institutionnels et privés) n’ont eu de cesse d’abaisser leurs prévisions macroéconomiques durant le premier trimestre. Le ralentissement de l’industrie allemande est d’ailleurs particulièrement marqué.

  • Des signes de ralentissement
  • Des perspectives plus favorables
  • Un stimulus fiscal pour 2019

Atterrissage en douceur de la croissance mondiale

Les indicateurs industriels sur la croissance mondiale sont clairement orientés à la baisse, particulièrement en Allemagne. De surcroît, certains nuages stagnent au-dessus de la conjoncture économique tels que le Brexit ou un scénario risk-off auto-réalisateur sur les marchés. Cependant, les mauvaises nouvelles ont été largement intégrées dans les prévisions des économistes ainsi que dans les prix de marché.

Les indicateurs avancés sur le commerce mondial (notamment l’indice Harper Petersen sur le transport maritime) s’améliorent légèrement. Si une hirondelle ne fait pas le printemps, les derniers indicateurs de la croissance chinoise sont sortis de la zone rouge. Enfin, les différents stimuli budgétaires (France, Italie, Allemagne) couplés à une amélioration des conditions financières aux Etats-Unis devraient donner une impulsion positive pour les deux prochains trimestres.

La croissance aux Etats Unis a montré des signes de tassement

Les derniers indicateurs sur la croissance américaine sont à la baisse et le marché de l’emploi a atteint des niveaux tels qu’il lui est difficile de progresser davantage : le taux de chômage dit U6 (en incluant le taux de sous-emploi) est tombé à 7,3% proche de son plus bas niveau sur les 25 dernières années (6.9% en 2000).

Le marché oublie cependant trop vite que le « shutdown » a eu un effet négatif si bien que les chiffres publiés jusqu’à présent surestiment vraisemblablement le tassement de l’activité en début d’année.

De plus, les conditions financières qui s’étaient resserrées fortement aux Etats-Unis en fin d’année 2018 (hausse des taux des cartes de crédit et des prêts automobiles notamment), se sont largement assouplies au premier trimestre 2019 et soutiennent la croissance. Ces potentielles améliorations sont corroborées par l’indicateur de croissance du PIB du premier trimestre de la Réserve Fédérale d’Atlanta qui est remonté à 2.1% après avoir touché un point bas à 0.17% mi-mars.

Net ralentissement de la croissance en Allemagne

Si les chiffres de l’industrie allemande (et de la majeure partie de ses partenaires) ont été très mauvais tout au long du premier trimestre, ils surestiment l’ampleur du problème pour l’ensemble de la zone euro. En effet, l’activité dans les services n’a pas connu la même baisse. Au contraire, les indicateurs PMI services de la zone euro ont rebondi depuis le début de l’année pour retrouver leur niveau de novembre 2018, soit un seuil observé fin 2016. De plus, les deux prochains trimestres devraient bénéficier d’un double effet : pétrole meilleur marché qu’en fin d’année et stimulus fiscal.

L’industrie allemande souffre encore largement, notamment du tassement des ventes de voitures dans le monde (avec un effondrement en Chine à 17% sur un an à fin février) et des nouvelles normes antipollution mises en place en Europe pour les automobiles.

L’indicateur de sentiment sur l’économie de la Commission européenne reste à un niveau élevé mais ne cesse de baisser depuis plusieurs mois. Il s’est toutefois stabilisé pour la plupart des grandes économies (France, Espagne, Italie), l’Allemagne exceptée.

Le stimulus fiscal notamment en France et en Italie mais aussi en Allemagne ainsi qu’un euro au plus bas (contre un panier de 19 devises) depuis mi-2017 sont de nature à soutenir la croissance de la zone euro au cours des deux prochains trimestres (l’institut de statistiques français, INSEE, prévoit d’ailleurs une croissance de 0.4% pour chacun des deux premiers trimestres de l’année).

Les exportations de la zone euro ont pâti du ralentissement de la croissance en Chine, cependant, là aussi, des mesures ont été prises pour relancer la consommation en Chine et les indicateurs PMI chinois indiquent de nouveau une expansion y compris pour le secteur manufacturier.

Le marché de l’emploi reste dynamique en moyenne en zone euro malgré une baisse des intentions d’embauche dans l’industrie : le taux d’emplois vacants est au plus haut depuis 2004. Cependant, le taux de chômage ne baisse plus que lentement depuis juillet (7,8% à fin février contre 8% à la fin de l’été, au plus bas depuis octobre 2008 selon les chiffres d’Eurostat).

Les perspectives de croissance de l’Italie se sont détériorées pour flirter avec la récession. Cependant, le répit que connait actuellement l’Italie sur les marchés pourrait continuer quelques semaines supplémentaires si S&P ne dégrade pas la note souveraine le 26 avril.


Pour lire plus d'articles d'Arnaud-Guilhem Lamy, cliquez ici > Pour lire plus sur les marchés obligatoires, cliquez ici >

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