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Mise à jour hebdomadaire – 13 octobre 2020 – Une vague bleue ?

Des données économiques moins encourageantes et la progression de l’épidémie ont pesé sur les actions ces derniers jours. Nous restons confiants à moyen terme. Si, comme le suggèrent les sondages d’opinion, le Parti démocrate sort vainqueur des élections du 3 novembre en s’assurant la Présidence et la majorité aux deux chambres, une relance budgétaire de grande ampleur est envisageable.

L'Europe peine à endiguer la résurgence de l’épidémie de Covid-19

Le nombre de nouvelles contaminations continue d'augmenter à un rythme inquiétant dans toute l'Europe. Les gouvernements réagissent en prenant diverses de mesures mais en évitant de reconfiner les populations. Aux Pays-Bas, où le nombre de cas a doublé au cours de la dernière quinzaine, le gouvernement a annoncé hier un confinement partiel : à partir de ce soir, et pour quatre semaines au moins, les cafés, bars et restaurants seront fermés à partir de 22 heures. Les conséquences de cette mesure seront évaluées au bout de deux semaines. Si le gouvernement juge que les progrès sont insuffisants, un confinement total pourrait être décidé.

En France, le président Macron devrait annoncer un resserrement des restrictions ce soir même si le gouvernement mettra tout en œuvre pour éviter un deuxième confinement.

Le principal organisme de santé publique allemand, l'Institut Robert Koch, a averti que le virus pourrait commencer à se propager de manière incontrôlable après une augmentation significative du nombre de nouvelles infections (4 122 hier) à des niveaux jamais observés depuis avril.

Au Royaume-Uni, le nombre d'hospitalisations liées au Covid-19 a également fortement augmenté, mais, comme ailleurs en Europe, le nombre de décès reste bien inférieur aux niveaux précédemment enregistrés. Parmi les patients hospitalisés, le nombre de malades sous respirateur est également bien inférieur à celui du printemps.

Enfin, les considérations autour de la sécurité des patients ont conduit deux laboratoires américains à interrompre les essais cliniques d’un vaccin expérimental. Même si de telles procédures sont normales, il s’agit d’un revers pour les espoirs qu’une découverte médicale permette rapidement de contrôler la pandémie.

Dégradation des perspectives économiques

Hier, le Fonds monétaire international (FMI) a publié ses Perspectives de l'économie mondiale. Le FMI s'attend à ce que la période de reprise après la crise soit « longue, inégale et incertaine ».

Selon le FMI, le PIB mondial va se contracter cette année, signalant la pire récession depuis la Grande Dépression des années 1930. La révision à la hausse des prévisions de croissance pour 2020 ne remet pas en cause le pronostic pessimiste du FMI. En effet, la récession du deuxième trimestre s'est avérée moins sévère que prévu, les pays se redressant plus rapidement après l'assouplissement des mesures de confinement. Le FMI envisage désormais une contraction de 4,4 % de l'économie mondiale en 2020. En juin, il prévoyait une contraction de 5,2 %.

Hier, en Allemagne, l'enquête mensuelle ZEW du sentiment économique des investisseurs s’est dégradée : l’indice a retrouvé en octobre son plus bas niveau depuis mai (à 56,1 contre 77,4 le mois dernier). Selon le président de l’institut, cette baisse, plus forte qu’attendu, s'explique par « la récente forte hausse des cas de Covid-19 et la perspective de la sortie du Royaume-Uni de l'UE sans accord commercial qui ont accru les incertitudes ».

La relance budgétaire reste essentielle

Aux États-Unis, les négociations entre Démocrates et Républicains sur la relance budgétaire se poursuivent et les rebondissements deviennent de plus en plus difficiles à suivre. Après avoir annoncé le 6 octobre qu'il souhaitait stopper les discussions, le Président Trump a rapidement changé d’avis et appelé à l'adoption de mesures législatives ciblées sur certains secteurs. Hier, Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, a déclaré que des « changements significatifs » devaient être apportés aux propositions du Président.

L'accord sur des mesures budgétaires reste un sujet crucial aux États-Unis car il existe un large consensus sur le fait que le nouveau cadre de politique monétaire adopté par la Réserve fédérale (Fed) cet été doit être accompagné par un soutien budgétaire du gouvernement américain. Le Président de la Fed a continué à insister sur ce point.

Ailleurs aussi, les dirigeants devront faire preuve d’une vraie volonté politique pour garder la reprise économique sur les rails. Par exemple, les élections fédérales sont prévues en Allemagne l'année prochaine, ce qui pourrait avoir des implications sur les dépenses publiques. Le fonds de relance de l’Union européenne (Next Generation EU) pourrait également connaître quelques retards à l’allumage. Des négociations se déroulent cette semaine sur les modalités de contrôle des dépenses.

Élections américaines - une vague bleue reflationniste ?

Moins de trois semaines avant les élections présidentielles américaines du 3 novembre, l’avance de Joe Biden, le candidat démocrate, sur le Président Trump dans les sondages a atteint 10 % pour la première fois cette semaine.

Bien sûr, tout peut encore changer mais, si l'opinion publique ne se retourne pas, le Parti démocrate semble bien parti pour une victoire complète qui amènerait Joe Biden à la Maison Blanche et une majorité démocrate à la Chambre et au Sénat. Du point de vue des marchés financiers, cette configuration ouvre la voie à une relance budgétaire supplémentaire de grande ampleur. Les anticipations d'inflation à cinq ans dans cinq ans contenues dans le marché des obligations indexées sur l’inflation se sont redressés régulièrement au cours des dernières semaines.

L’avance de Joe Biden dans les sondages a commencé à augmenter le 30 septembre à la suite du débat entre les deux candidats. Depuis lors, le S&P 500 a progressé de 4,2 %, mais les énergies renouvelables et les soins de santé intégrés se sont nettement mieux comportés, tandis que les GAFAM, la pharmacie, l'énergie et le charbon ont sous-performé. La sous-performance du secteur de l'énergie est notable dans la mesure où les prix du pétrole ont progressé de 4,4 % sur cette période (cf. graphique 1 ci-dessous).

Graphique 1 : Performances relatives de certains secteurs par rapport au S&P 500 depuis le 29 septembre 2020

Source : BNP Paribas Asset Management au 09/10/2020

Marchés - poursuite de la hausse des actions

La semaine dernière, les actions mondiales ont rebondi. L'indice MSCI AC World en dollars a gagné 3,6 % pour atteindre son plus haut niveau depuis début septembre. Les actions émergentes ont légèrement surperformé leurs homologues des marchés développés. Aux États-Unis, le S&P 500 affiche une hausse de 3,8 % sur la semaine et l'indice Eurostoxx termine également en hausse d'un peu moins de 3 %.

Le rebond des marchés actions a marqué une pause hier après les sombres prévisions du FMI et les nouvelles sur l’arrêt des essais cliniques de deux vaccins qui ont pesé sur le sentiment.

Nous restons positifs sur les perspectives des actions à moyen terme. La reprise économique est en cours et la liquidité mondiale reste abondante. Fondamentalement, la faiblesse des taux d'intérêt réels continue de stimuler les valorisations et de faciliter l'expansion budgétaire. La rotation des obligations, dont le rendement est très bas, et du cash vers les actions n’est pas terminée.


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