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Nouvelle génération de fonds flexibles : naviguer avec un foil

Les fonds ISOVOL intègreront en 2021 un facteur d’accélération mesurant la rapidité des changements de volatilité. Cet ajout améliore les ratios de Sharpe (Sharpe Ratios) et réduit les « drawdowns » en prenant en compte le turnover et le levier.

Les fonds ISOVOL sont gérés en risque depuis 2009. Nous avons été pionniers sur cette gestion qui repose sur les phénomènes bien connus de persistance des régimes de volatilité (« clustering ») d’une part et de corrélation négative entre risque et rendement d’autre part. Ainsi, nous ajustons de façon dynamique nos expositions aux marchés. Quand la volatilité augmente nous réduisons l’exposition et vice versa. Le risque du portefeuille s’en trouve alors maitrisé, la pire perte (drawdown) réduite et la performance ajustée du risque améliorée sur longue période.

Nous sommes aussi Quantamental en notre « cœur » en associant les modèles quantitatifs développés par nos ingénieurs et l’expérience des gérants. Ces onze dernières années, nous avons connu des environnements de toutes sortes – complaisance extrême (2017), crises (2009, 2011, 2020) mais aussi des changements technologiques, politiques et géopolitiques. Nous cherchons constamment à éviter la pensée linéaire et les biais de confirmation. ISOVOL n’est pas statique mais en mouvement grâce à la recherche continue d’améliorations (« Continuing And Never Ending Improvment » ou CANI). A ce titre, de multiples progrès ont déjà été apportés ces dernières années avec l’évolution du marché des ETF notamment. En effet, nous investissons sur des actifs opportunistes depuis 2015 ce qui nous a permis de dédier une part de notre allocation aux métaux précieux.

Nous apportons aujourd’hui une nouvelle amélioration à notre process ISOVOL. 2020 a été une année exceptionnelle, marquée par la Covid-19. Il s’en est suivi un choc comparable à celui d’octobre 1987 et un rebond d’une rapidité et d’une ampleur sans précédent (cf. graphique 1 ci-dessous). Néanmoins, 2020 a aussi confirmé un phénomène initié il y a 5 ans. Les corrections des marchés financiers deviennent plus fréquentes et plus brutales. Ainsi, par exemple sur l’indice S&P500, nous avons constaté autant de chocs en 5 ans entre 2015 et 2020, qu’en 50 ans à partir de 1965 (cf. graphique 2 ci-dessous).

Ce phénomène pourrait notamment s’expliquer par les politiques monétaires « trop longtemps » accommodantes des banques centrales. En effet, 11 ans après la crise des subprimes, elles sont toujours engagées dans un « quantitative easing » généralisé : rachats d’actifs et taux directeurs au plancher. Les banques centrales rachètent des actifs selon un calendrier prédéterminé et sans considération du prix. Ces opérations ont une conséquence psychologique car elles inspirent confiance aux investisseurs. Ainsi, cette perception de stabilité et la recherche de rendement conduit aussi à une hausse de l’endettement visible par exemple à travers la généralisation des opérations de « Share Buyback » aux Etats-Unis. L’économiste américain Hyman Minksy dans son ouvrage « Stabilizing an unstable economy » exposait dès 1986 l’idée selon laquelle une perception de stabilité ou de confort encourage les investisseurs à une prise de risques excessive pouvant conduire à un moment d’illiquidité. Ces corrections plus fréquentes et brutales sur les marchés financiers pourraient résulter de cette perception de stabilité par les acteurs économiques.

En plaçant le risque au cœur du process, la gestion ISOVOL a maîtrisé la volatilité réalisée de ses fonds et les engagements en SRRI depuis son implémentation. Cependant, conscient de ce phénomène, nous avons ajusté les seuils de rebalancement en 2015. De même, dès 2014, nous avons dédié un budget à l’achat d’options dans nos fonds. Ces achats d’options ajoutent une asymétrie bénéfique à notre allocation de portefeuille. Ceux-ci ont été renforcés fin 2019 à l’aide de l’overlay « O-Cube », en charge d’encadrer ces opérations de couverture en intégrant de multiples paramètres tels que par exemple les niveaux de volatilité ou les niveaux d’exposition des classes d’actifs en portefeuille.

Néanmoins en 2021, afin de prendre en compte la probabilité de chocs plus fréquents conduisant à des changements de régime de volatilité brutaux, nous ajouterons un paramètre complémentaire dans notre process ISOVOL : l’accélération. Plus précisément, nous prendrons dorénavant en compte la rapidité avec laquelle les changements de volatilité s’opèrent. Si la volatilité est comparable à la vitesse de la dynamique des marchés, l’accélération correspond à la rapidité avec laquelle les changements de vitesse interviennent. En phase d’accélération, nous réduirons l’exposition cible et inversement en phase de décélération nous augmenterons notre exposition cible. Cette amélioration, mise en place avec une approche globale du portefeuille, sera accompagnée d’une gestion efficiente des opérations d’ajustement (« turnover ») en fonction des coûts de transaction et du levier en fonction des « stress tests ». Ainsi, grâce à cette caractérisation plus précise des régimes de volatilité nous serons en mesure d’ajuster, si besoin, plus rapidement nos expositions tout en réduisant nos « drawdowns ».

Nous avons souvent utilisé l’image du bateau à voile pour expliquer notre gestion. Nous adaptons la voile en fonction des conditions de navigation et, en 2021, nous rajouterons des « foils ». Cette innovation, issue de la mécanique des fluides, est une aile positionnée et profilée de façon à générer, par son déplacement dans l'eau, une force de portance qui améliore la stabilité et augmente la vitesse des bateaux. L’accélération de la volatilité sera dorénavant notre « foil ».

Investir sur la gamme des fonds ISOVOL, c’est investir sur des équipes Quantamental en recherche constante d’amélioration et décidées à rester parmi les meilleures gestions de fonds flexibles diversifiés dans le monde.


Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication, sont basées sur les informations disponibles et sont susceptibles d’être modifiées sans préavis. Chaque équipe de gestion de portefeuille peut avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients.

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent aussi bien diminuer qu’augmenter et il est possible que les investisseurs ne récupèrent pas leur mise de fonds initiale. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures.

L’investissement dans les marchés émergents, ou dans des secteurs spécialisés ou restreints, est susceptible d’être soumis à une volatilité supérieure à la moyenne en raison d’un degré élevé de concentration, d’une plus grande incertitude parce que moins d’informations sont disponibles, qu’il y a moins de liquidité ou en raison d’une plus grande sensibilité aux changements des conditions du marché (conditions sociales, politiques et économiques).

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la majorité des marchés internationaux développés. C’est pourquoi les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis dans les marchés émergents peuvent présenter un risque plus important.

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