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Obligations – quel positionnement au 2e trimestre ?

Que certains puissent être surpris de la hausse de la volatilité depuis le début de l’année est particulièrement surprenant. Après tout, l’économie mondiale arrive au terme du cycle économique, et il faudra s’attendre à ce que les investisseurs se préoccupent de plus en plus des risques baissiers à l’heure où les banques centrales s’apprêtent à alléger le soutien apporté au cours de cette dernière décennie.

Obligations – quel positionnement au 2e trimestre ?

Que certains puissent être surpris de la hausse de la volatilité depuis le début de l’année est particulièrement surprenant. Après tout, l’économie mondiale arrive au terme du cycle économique, et il faudra s’attendre à ce que les investisseurs se préoccupent de plus en plus des risques baissiers à l’heure où les banques centrales s’apprêtent à alléger le soutien apporté au cours de cette dernière décennie.

Il fut un temps...

Les beaux jours de 2017 durant lesquels la croissance mondiale était synchronisée, l’incertitude politique au plus bas et la volatilité presqu’inexistante sont à présent révolus. Des divergences de croissance commencent à apparaître, tandis que la résurgence de l’incertitude politique et le flou concernant le calendrier de la normalisation des politiques monétaires pèsent maintenant lourdement sur les marchés mondiaux.

Les primes de risque augmentent

En ce début de deuxième trimestre, nous sommes arrivés à la conclusion que les marchés du crédit sensibles au spread verront réapparaître les primes de risque.

Dans l’immédiat, la vigueur de la croissance mondiale restera un facteur de soutien, mais ce vent favorable faiblira très probablement durant le second semestre 2018.

Nous pensons que les résultats des entreprises en Europe et aux États-Unis satisferont, voire dépasseront les attentes, mais uniquement durant le prochain trimestre. Nous prévoyons ensuite un ralentissement vers la fin de l’année en raison, entre autres, des effets de base sur la croissance des bénéfices et des revenus.

Obligations : retour vers des segments plus défensifs...

L’engouement des acheteurs étrangers pour les marchés obligataires américains a presque complètement disparu, car les coûts de couverture favorisent à présent d’autres marchés.

Dans les prochaines semaines et mois, l’équipe de gestion mettra en place l’exposition souhaitée pour le second semestre, en revenant vers des segments plus défensifs et moins sensibles aux hausses de taux.

Et dans les marchés de spread...

Nous privilégions les titres et secteurs de grande qualité. La revalorisation importante des taux courts et du crédit a également créé des opportunités potentielles intéressantes parmi les produits à taux flottant et duration courte, dont les ABS, les CLO et les obligations d’entreprises « investment grade ».

Tout le défi consistera bien sûr à s’assurer d’une bonne liquidité du marché dans la mesure où nous prévoyons un maintien de la volatilité à un niveau élevé par rapport à l’année dernière.

Du côté des marchés obligataires souverains

Selon nous, il reste des opportunités dans les pays périphériques européens, même si nous restons attentifs aux risques politiques, notamment en Italie. Les points morts d’inflation américains restent intéressants, car les investisseurs continuent de sous-évaluer la prime de risque liée à l’inflation.

Concernant la courbe des taux des titres du Trésor américain, nous tablons sur une poursuite de l’aplatissement à court terme, mais à mesure que le cycle progresse, nous envisagerons de nous orienter vers une stratégie de repentification.

Dette émergente

Nous avons démarré l’année 2018 avec la ferme conviction que la dette en devises locales continuerait de prospérer, en particulier grâce à l’appréciation des devises émergentes.

À l’inverse, nous pensions que la dette émergente en devises fortes ne pourrait pas réitérer ses performances remarquables de 2017 en raison de spreads assez réduits et du poids des incertitudes politiques américaines sur la classe d’actifs. Les performances de mars ont confirmé nos hypothèses. Vu l’élargissement des spreads de la dette en devises fortes depuis février, nous percevons à nouveau des opportunités tactiques à court terme.

Cette fenêtre d’opportunité ne durera cependant pas longtemps. A plus long terme, la dette locale devrait continuer d’offrir davantage de valeur malgré la volatilité que nous avons observée dernièrement. Pour 2018, la volatilité devrait demeurer relativement élevée avec une faible corrélation entre les sous-segments des obligations émergentes (devises, taux, obligations souveraines et d’entreprises). La phase de marée haute qui fait flotter tous les bateaux est définitivement derrière nous. Les incertitudes géopolitiques, dont les tensions entre les États-Unis et la Russie, ainsi que la crise syrienne, de même que les craintes d’escalade des tensions commerciales, continueront d’affecter la classe d’actifs.

Toutefois, ces incertitudes ne devraient pas remettre en cause l’évolution globale : la croissance solide, combinée à une réduction progressive des déséquilibres budgétaires et de la balance des paiements, devrait continuer de soutenir les devises émergentes. Compte tenu de la désynchronisation croissante des politiques des banques centrales, soit en phase d’assouplissement ou de resserrement, les évolutions des devises locales offriront plutôt des opportunités idiosyncrasiques qu’une raison « d’acheter l’indice ». Nous restons plutôt négatifs envers les marchés peu rémunérateurs qui devraient rester très corrélés aux bons du Trésor américain, mais nous percevons de nombreuses opportunités dans des pays où les taux réels sont élevés et qui assoupliront probablement leur politique monétaire dans le futur.

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