Banque centrale européenne : le retour de l’abeille ?

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Extrait d’un discours de Mario Draghi, Président de la Banque centrale européenne (BCE), lors d’une conférence à Londres le 26 juillet 2012 : « L’euro est comme un bourdon. C’est un mystère de la nature, car il ne devrait pas voler, mais pourtant il vole. Donc, l’euro est un bourdon qui a très bien volé pendant plusieurs années. Là, je pense que les gens se demandent « comment est-ce possible ? » Sans doute y avait-il quelque chose dans l’atmosphère ou dans l’air qui permettait au bourdon de voler. Maintenant ce quelque chose dans l’air doit avoir changé et, après la crise financière, nous savons quoi. Le bourdon devrait se transformer en véritable abeille. Et c’est ce qu’il est en train de faire. »

Nous recommandions il y a trois mois dans ces colonnes d’attacher nos ceintures car le risque de consensus était trop fort. C’était au mois d’avril et depuis, la volatilité a fait son grand retour. Nous avons assisté depuis à la hausse des taux des obligations souveraines de la zone euro, et surtout au retour sur le devant de la scène de l’interminable tragédie grecque.

Mais nous affirmions aussi, dès le mois de mai, que la BCE était à la manœuvre, et qu’il était prématuré d’envisager une hausse des taux. Quelle que soit l’issue du referendum grec (encore inconnue à l’heure où nous écrivons ces lignes) nous pensons que l’engagement de la BCE sera testé ces prochaines semaines comme jamais depuis le tournant de 2012. Un test sur plusieurs plans. Sur celui du financement d’urgence des banques grecques (ELA) tout d’abord, car son arrêt entrainerait la faillite du pays. Quels arguments utilisera-t-elle pour le maintenir, pour le diminuer, voire le supprimer, si le NON était le choix du peuple grec ? Quels seront les moyens mis en œuvre pour intervenir dans les marchés afin d’assurer la transmission de la politique monétaire ? Les récentes déclarations de Benoît Coeuré et surtout l’extension du QE à de nouveaux émetteurs, annoncée le 2 juillet dernier, donnent des indications. Comme disait le Président Mario Draghi en juillet 2012 : « Dans le cadre de notre mandat, la BCE est prête à faire tout ce qu’il faut pour préserver l’euro . Et croyez-moi , ce sera suffisant. »

©Option Finance- 6 juillet 2015

Patrick Barbe

CIO Core Fixed Income, Sovereign & Aggregate management team, Portfolio Manager

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