La Réserve Fédérale américaine – Désormais sur pause après la troisième baisse des taux en 2019

Post with image

Comme anticipé, la Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé le 30 octobre une baisse de 25 pb du taux objectif des fonds fédéraux américains qui évolueront désormais dans la fourchette 1,50 % – 1,75 %. Il s’agit de la troisième baisse consécutive depuis juillet. Comme pour les précédentes, deux membres du FOMC s’y sont opposés.


Graphique 1 : Évolution du taux des fonds fédéraux américains, 2014 – 2019

Graphique 1 : Évolution du taux des fonds fédéraux américains, 2014 - 2019

Source : BNP Paribas Asset Management, Bloomberg ; données au 04/11/2019

Cette fois-ci, Jerome Powell a nettement fait comprendre que cet ajustement de milieu de cycle touchait à sa fin et que les conditions actuelles de politique monétaire devraient permettre d’assurer une croissance économique modérée, de conserver un marché du travail solide et une inflation proche de l’objectif symétrique autour de 2 %.

Le diagnostic sur l’économie est resté assez positif. La consommation et l’emploi sont décrits comme dynamiques. La faiblesse de l’investissement productif et des exportations a été soulignée.

En ligne avec cette analyse, les données publiées au cours des dernières semaines sont bien orientées dans l’ensemble malgré quelques déceptions, notamment sur l’activité industrielle. Selon la première estimation, la croissance du PIB au 3e trimestre est ressortie à 1,9 % (rythme annualisé), légèrement au-dessus des attentes. La consommation privée a nettement progressé (+2,9 % après +4,6 %) mais l’investissement productif a continué à baisser (-3,0 % après -1,0 %). Le taux de chômage est tombé à 3,5 % en septembre, au plus bas depuis 50 ans. Tous les aspects du rapport sur l’emploi (créations nettes, confiance dans la possibilité de trouver un emploi, volonté d’embaucher de la part des entreprises) correspondent à un marché du travail tendu.

Depuis un an, les hausses de salaires sont de l’ordre de 3,5 % en glissement annuel (salaires horaires moyens des personnels non-cadres affectés à la production). Alors que l’inflation s’est établie à 2,4 % en septembre (glissement annuel de l’indice des prix à la consommation hors alimentaire et énergie), Jerome Powell a précisé qu’une accélération significative de l’inflation serait nécessaire pour que la Fed envisage de remonter ses taux directeurs. Par ailleurs, les anticipations inflationnistes reflétées dans les marchés demeurent modérées tandis que celles issues des enquêtes ont reflué. A la hausse comme la baisse, le message est clair : sauf si des changements importants surviennent, la politique monétaire devrait rester sur pause pendant un bon moment.

La Fed a précisé à plusieurs reprises que les récentes interventions destinées à limiter les tensions sur le marché interbancaire étaient purement techniques. Les achats de T-bills, qui se poursuivront au moins jusqu’au 2e trimestre 2020, ne correspondent en aucun cas à une reprise de l’assouplissement quantitatif. 


Pour lire plus d’articles de Nathalie Benatia, cliquez ici >

Pour plus d’articles sur les banques centrales, cliquez ici >

Pour découvrir nos fonds et sélectionner ceux qui répondent à vos besoins, cliquez ici >

Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication. Elles émanent des informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement autres en fonction des clients.

 

Laisser un commentaire

Your email adress will not be published. Required fields are marked*