FOMC de juin : en quête de momentum économique

Post with image

Les communiqués qui ont suivi la réunion du FOMC des 14 et 15 juin dépeignent un comité beaucoup moins certain de sa capacité à augmenter régulièrement ses taux dans les prochaines années, sans mettre en péril les perspectives de croissance et d’inflation.

Malgré les très légers ajustements apportés à la déclaration de politique monétaire, les membres du comité ont abaissé en masse leurs prévisions de taux, parfois même de façon significative. Par exemple, 6 membres anticipent maintenant qu’une seule hausse de taux aura lieu d’ici la fin de l’année 2016 contre 1 seul membre lors de la réunion de mars. En outre, le taux directeur médian prévu pour la fin de l’année 2018 a été revu à la baisse de 60 points de base.

Graphique 1 : La prévision médiane des membres du comité (FOMC) pour le taux de croissance économique et le niveau des taux directeurs à long terme

median fomc estimates

Source : Conseil des gouverneurs du Système fédérale de réserve, juin 2016.

Une des raisons pour lesquelles les dirigeants monétaires ont choisi de revoir à la baisse leur programme de relèvement des taux est l’incertitude persistante à propos du niveau du taux d’équilibre, dans l’immédiat et à plus long terme. Il s’agissait en effet d’un sujet majeur de la conférence de presse et Janet Yellen a même été jusqu’à indiquer que les facteurs actuellement défavorables au taux d’équilibre, comme les obstacles à l’échelle mondiale, la formation contenue des ménages et la croissance anémique de la productivité, risquaient de persister encore quelque temps. Comme indiqué plus tôt cette semaine, l’anticipation d’une augmentation future du taux d’équilibre avait été un des déclencheurs de la hausse des taux bien avant que l’inflation atteigne l’objectif de 2 %. Par conséquent, l’incertitude liée à l’évolution de ce taux d’équilibre a ébranlé un des principaux arguments en faveur d’une poursuite de la normalisation monétaire.  Même si le comité reste convaincu de la nécessité de relever les taux si l’inflation maintient sa trajectoire vers les 2 %, la distance qui le sépare du taux neutre est nettement moins grande qu’anticipée précédemment. En effet, les projections médianes des membres du comité concernant le taux d’équilibre à long terme ont encore reculé de 25 points de base, soit un repli de 75 points de base depuis l’année dernière. Cette forte régression signale un changement fondamental de l’état d’esprit des membres du comité à propos du taux d’équilibre réel, que l’on peut résumer comme suit : son niveau actuel est bas et probablement proche de zéro. Il ne devrait pas remonter de sitôt et ne peut s’apprécier que de 100 points de base maximum à plus long terme.

Janet Yellen a très clairement indiqué lors de la conférence de presse que trop d’éléments empêchaient une hausse des taux à la prochaine réunion. Durant la séance de questions-réponses, la présidente a mentionné à plusieurs reprises que le comité devrait s’assurer que le momentum économique ne faiblissait pas, notamment compte tenu des signes de ralentissement dans le marché du travail. Interrogée sur l’opportunité d’une hausse des taux dans les prochains mois, la présidente a indiqué qu’un relèvement en juillet n’était « pas impossible », mais que « le comité devait s’assurer que le momentum économique soit assez solide ». Cette prudence dans un contexte économique mitigé, combinée à des possibilités de baisse limitées sur le plan monétaire et à l’objectif très bas du comité concernant le taux d’équilibre, m’incitent à tabler sur une prochaine hausse des taux en septembre, et pas avant 2017 pour les suivantes. [divider] [/divider]

Cet article a été rédigé le 15 juin 2016, à New York.

Laisser un commentaire

Your email adress will not be published. Required fields are marked*