Inde : la RBI abaisse le taux de refinancement et se concentre sur la liquidité et la transmission de la politique monétaire

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Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il est déconseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

Comme prévu, la banque centrale indienne (Reserve Bank of India – RBI) a annoncé le 5 avril 2016 une baisse de 25 points de base (pb) du taux de refinancement, son principal taux directeur, à 6,50 %. Outre ce geste, elle a pris des mesures destinées à améliorer la liquidité et la transmission de la politique monétaire, ce qui devrait contribuer à accélérer la reprise économique du pays.

 

Un geste largement attendu

Cette baisse d’un quart de point du taux de refinancement (repo) était largement attendue par les marchés financiers. L’inflation, telle que mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC), a atteint l’objectif de 6 % de la RBI en janvier 2016 et semble en bonne voie pour s’établir à 5 % d’ici à mars 2017. Par ailleurs, le budget présenté le 29 février a confirmé la détermination du gouvernement à poursuivre la consolidation budgétaire. En dépit des pressions qu’exerce sur les dépenses la mise en œuvre de la 7e commission sur les traitements des fonctionnaires, le budget a maintenu l’objectif d’une réduction du déficit budgétaire à 3,5 % du PIB sur l’année fiscale 2017, contre 3,9 % sur l’année fiscale 2016.

Graphique 1 : L’inflation a été conforme à l’objectif de la RBI

India CPI inflation

Graphique 2 : Le déficit budgétaire indien

indian fiscal deficit

Baisse du taux repo, mais pas seulement

Outre ce geste, la RBI a pris plusieurs mesures pour améliorer la liquidité et la transmission de la politique monétaire. Le ratio de réserves de trésorerie (CRR) est demeuré inchangé, mais le CRR quotidien minimum a été abaissé, de 95 % à 90 %. Par ailleurs, la RBI a réduit le taux de facilité permanente marginal (MSF) de 75 pb à 7 % et a relevé le taux des « reverse repo » de 25 pb à 6 %, ce qui a resserré le corridor des taux directeurs en le faisant passer de +/-1 % à +/-50 pb autour du taux de refinancement.

Ces mesures visant à améliorer la liquidité, conjuguées à l’introduction du taux de prêt fondé sur le coût marginal de financement (MCLR) le 1er avril 2016, devraient assurer une meilleure transmission de la politique monétaire. Depuis la mise en œuvre du MCLR, les taux des nouveaux crédits ont déjà diminué d’environ 25 pb et sont susceptibles de continuer à baisser à la suite des mesures annoncées ce jour.

La politique monétaire devrait rester prudemment accommodante

Après ces décisions, la RBI devrait rester prudemment accommodante. Dans le cadre de l’évaluation de ses gestes futurs, elle surveillera : a) la trajectoire de l’inflation (IPC) et l’objectif de 5 % visé d’ici à mars 2017 ; b) la mousson, car un déficit pluviométrique pourrait entraîner une hausse des prix des denrées alimentaires ; c) l’effet inflationniste du déploiement de la 7e commission sur les traitements des fonctionnaires ; et d) les signes de transmission des baisses de taux directeurs précédentes aux taux des prêts et des dépôts.

Compte tenu des dynamiques de l’inflation et du ciblage par la RBI de taux réels positifs compris entre 1,5 % et 2 %, une nouvelle baisse de 25 pb des taux est possible plus tard dans l’année, sous réserve d’une mousson suffisamment généreuse.

Impact sur l’économie et les marchés

À la suite de cette baisse des taux, les banques devraient réduire leurs taux sur les dépôts. Ce développement pourrait inciter un plus grand nombre d’investisseurs domestiques à transférer une partie de leurs actifs des dépôts vers les actions, ce qui apporterait un soutien au marché boursier indien (veuillez cliquer sur ce lien pour consulter notre article à ce sujet).

Plus généralement, le caractère accommodant de la politique monétaire – avec une priorité donnée à l’amélioration de la liquidité et du mécanisme de transmission – devrait contribuer à soutenir la reprise de l’économie indienne, notamment dans la mesure où la baisse des taux des prêts est susceptible de relancer la croissance du crédit. La RBI continue de prévoir pour l’Inde une croissance de 7,6 % sur la base de la valeur ajoutée brute (VAB) pour l’année fiscale se terminant en mars 2017 (exercice 2017), soit le taux de croissance le plus rapide des grandes économies.

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Paul Milon

Investment Specialist, Indian equities

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