Ne pas lutter contre la BCE

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Le risque de consensus que nous avions évoqué dans un article précédent, s’est matérialisé avec la récente chute des obligations. Cette baisse est due à des mouvements sur les marchés dérivés provenant de gérants alternatifs. Elle est donc technique et n’intégre plus complètement les conséquences des décisions de la BCE: autant le taux allemand à 30 ans à moins de 0.50% n’avait pas de sens, autant ceux à court et moyen termes se justifient vu l’abondance de liquidité et le risque de déflation. Des professionnels évoquent que l’amélioration économique avec le retour d’une progression de l’inflation sur un an glissant conduirait la BCE à écourter son «Quantitative Easing». Nous ne le pensons pas : l’ensemble des mesures permet de réduire le coût de financement des Etats et des entreprises, et de peser sur la devise Euro. Ces effets ne seront bénéfiques que si durables. Ainsi le marché devrait revenir à sa tendance précédente à l’écrasement de la courbe des taux souverains jusqu’à 7 ans de maturité, offrant des rendements à peine positif. Les achats de la BCE font risquer un « corner » sur les titres d’Etat: si leurs émissions ont été fortes en ce début d’année, elles vont se réduire à partir de juin au point qu’elles ne compensent plus les remboursements et les achats de la BCE. Le déficit en titres d’Etat va atteindre 230 Mds pour le reste de l’année !

 

©Option Finance- mai 2015.
EpicStockMedia / Shutterstock.com

Patrick Barbe

CIO Core Fixed Income, Sovereign & Aggregate management team, Portfolio Manager

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