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2020 est décidément une année particulière

En novembre, les actions mondiales ont connu leur plus forte hausse mensuelle (+12,2 % pour l’indice MSCI AC World en dollars disponible depuis 1988). Le regain d’optimisme est essentiellement dû aux nouvelles très encourageantes sur les vaccins, synonymes, pour les investisseurs, de reprise cyclique en 2021.

Une fois tous les quatre ans, l’attention des investisseurs est retenue par le résultat des élections présidentielles aux Etats-Unis. En 2016, la victoire surprise de Donald Trump avait été suivie par une envolée des actions américaines et une nette tension des taux longs. Cette année, à l’issue du scrutin du 3 novembre, les investisseurs ont dû réviser leur scénario central puisque la vague bleue, c’est-à-dire le plébiscite pour Joe Biden et le parti démocrate, prédite par les sondages n’a pas déferlé.

La victoire de Joe Biden a toutefois fini par se dessiner même si, situation inédite, le Président sortant n’a pas reconnu sa défaite et que la composition du Sénat ne sera connue qu’après le second tour pour l’attribution de deux sièges en Géorgie le 5 janvier.

L’année 2020 est décidemment particulière puisque les nouvelles sur la mise au point de vaccins contre la Covid-19 expliquent l’essentiel de la hausse des actions en novembre : vaccination rimera avec reprise cyclique en 2021.

La recherche médicale, principale source d’optimisme des investisseurs

Les annonces faites les 9, 16 et 23 novembre par de grands laboratoires pharmaceutiques sur les résultats très prometteurs des tests cliniques des vaccins contre la Covid-19 ont permis aux indices boursiers d’enregistrer de nouveaux records (aux Etats-Unis) ou de retrouver des points hauts qui n’avaient plus été vus depuis des décennies (Japon). Les investisseurs paraissent désormais convaincus qu’un vaccin efficace et sans effet secondaire sera rapidement disponible.

Cette hypothèse centrale favorable, et inespérée il y a quelques mois, a permis aux marchés de résister aux mauvaises nouvelles sur le front de l’épidémie et à leurs conséquences sur l’activité économique, déjà visibles en Europe et qui devraient se manifester en début d’année prochaine aux Etats-Unis.

Face à ces perspectives peu encourageantes à court terme, les investisseurs se sont attachés au scénario d’une reprise cyclique en 2021 permise par une vaccination de masse. Ils restent aussi convaincus que les politiques économiques vont continuer à soutenir l’activité.

Les commentaires des banquiers centraux laissent en effet imaginer de nouveaux assouplissements des politiques monétaires en décembre ou en début d’année prochaine. La mise en œuvre de mesures budgétaires supplémentaires risque d’être retardée, mais, là encore, les investisseurs anticipent des avancées. Enfin, les premières annonces sur le futur gouvernement de Joe Biden ont retenu l’attention, en particulier la désignation de Janet Yellen, ancienne Présidente de la Fed, au poste de Secrétaire au Trésor.

Hausse généralisée des actions

Les indices et secteurs qui avaient accumulé du retard depuis le début de l’année ont eu tendance à surperformer. Les actions européennes ont ainsi progressé de 18,1 % (Eurostoxx 50) mais sont en baisse de 6,7 % depuis le début de l’année. Aux Etats-Unis, l’indice Dow Jones (+11,8 %) a symboliquement clôturé au-dessus du seuil de 30 000 points le 24 novembre. Le S&P 500 a gagné 10,8 % en novembre (et 12,1 % depuis le début de l’année). Au Japon, l’indice Nikkei 225 a progressé de 15 % (+11,7 % en 11 mois). Les marchés d’Asie émergente ont sous-performé les autres émergents en novembre mais affichent une hausse de 17,9 % depuis le début de l’année contre 8,1 % pour l’indice MSCI Emerging en dollars, qui a repris 9,2 % en novembre.

Au niveau mondial, l’énergie (portée par le redressement des cours du pétrole), les valeurs financières et les secteurs cycliques ont nettement surperformé. Les secteurs défensifs (services aux collectivités, consommation non cyclique, télécoms) ont, au contraire, sous-performé.

La Banque centrale européenne veille au grain

 Dans un premier temps, les taux longs allemands se sont tendus dans le sillage de leurs homologues américains : le rendement du Bund à 10 ans (-0,63 % fin octobre) est revenu au-dessus de -0,50 % le 10 novembre, au plus haut depuis la mi-septembre. Par la suite, il a retrouvé une tendance baissière et termine novembre à -0,57 %. La détente observée au même moment sur les taux américains a joué un rôle, tout comme la dégradation des indicateurs économiques. Les données disponibles laissent envisager une contraction du PIB au 4e trimestre alors que les économiques européennes sont confrontées aux reconfinements pour freiner la contagion.

Le comportement de la BCE explique vraisemblablement une large partie de la détente des taux. En effet, la première annonce de résultats prometteurs pour un vaccin avait entraîné une forte hausse des actions et une nette tension sur les taux longs.

Dans la mesure où la BCE a beaucoup communiqué sur la nécessité de maintenir des conditions financières favorables, tout amène à conclure que ces brusques tensions l’ont contrariée.

Cette hypothèse est corroborée par l’évolution des achats de titres dans le cadre du PEPP au cours du mois. Alors que, depuis début octobre, le montant hebdomadaire était de 14 milliards d’euros en moyenne, il est brusquement monté à 20 milliards pour la semaine s’achevant le 13 novembre et est resté proche de ce niveau par la suite.

Les marchés périphériques de la zone euro ont profité de cette augmentation des achats et de la recherche de rendement par les investisseurs. Le taux italien à 10 ans s’est détendu de 13pb à 0,63 % fin novembre, le taux espagnol à 10 ans de 6pb à 0,08 % et le taux portugais à 10 ans est ponctuellement passé sous 0 % et termine à 0,03 % (-7pb).

Face à cette politique monétaire très accommodante, qui va se poursuivre et sans doute être davantage assouplie en décembre, les atermoiements autour du plan de relance Next Generation EU (dont l’adoption définitive est bloquée par le veto de la Pologne et de la Hongrie au budget pluriannuel européen auquel il est adossé) n’ont pas pesé sur les marchés périphériques.

Vers une fin d’année plus agitée ; perspectives favorables à moyen terme

 Les annonces sur les vaccins qui ont rythmé les dernières semaines constituent indéniablement une bonne nouvelle, sur le plan sanitaire, bien sûr, mais aussi sur les marchés financiers parce qu’elles renforcent la probabilité d’une reprise cyclique en 2021.

Les semaines qui viennent seront probablement marquées par des déceptions et de nouveaux espoirs selon les progrès enregistrés par les laboratoires. Malgré tout, l’engouement a touché les agences d’autorisation de mise sur le marché des médicaments, qui ont déclenché leurs procédures accélérées, et les gouvernements des grands pays développés, qui ont annoncé des campagnes de vaccination dès le 1er trimestre 2021 tandis que les laboratoires poursuivent les tests à grande échelle.

Pour cette raison, la hausse des actions paraît justifiée et les perspectives de moyen terme pour les actifs risqués se sont améliorées. Ce thème d’un vaccin efficace rapidement disponible devrait entraîner une rotation vers les secteurs ou les marchés qui n’ont pas profité pleinement du rebond depuis avril. Une telle rotation ne serait toutefois pas mécanique et prendrait en compte les fondamentaux de chaque industrie et entreprise.

A très court terme, la réactivité dans l’allocation d’actifs reste de mise dans la mesure où la résurgence de l’épidémie de Covid-19 fait peser des risques sur l’activité économique pour cette fin d’année. Les niveaux actuels sur les actions, en particulier aux Etats-Unis, ne nous semblent pas refléter fidèlement tous ces risques alors que les investisseurs se sont repositionnés ces dernières semaines après s’être montrés beaucoup plus hésitants pendant une bonne partie du rally boursier.

Néanmoins, les banques centrales sont toujours là et vont renforcer leur action en décembre. En outre, des relances budgétaires ambitieuses continueront à soutenir l’activité en 2021. Ces éléments restent favorables à moyen terme pour les actions, en particulier pour les secteurs cycliques.


Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication, sont basées sur les informations disponibles et sont susceptibles d’être modifiées sans préavis. Chaque équipe de gestion de portefeuille peut avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients.

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