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Cinq questions pour le nouveau président de la Fed

Jerome Powell, le nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed), présentera prochainement le rapport semestriel sur la politique monétaire de la Fed devant le comité bancaire du Sénat. Lorsqu’il n’était encore que gouverneur de la Fed, Powell a montré sa volonté de suivre une trajectoire plutôt indépendante dans les débats sur la politique de réglementation, mais en matière de politique monétaire, il s’est clairement positionné dans la ligne défendue par Janet Yellen.

Jerome Powell, le nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed), présentera prochainement le rapport semestriel sur la politique monétaire de la Fed devant le comité bancaire du Sénat. Lorsqu’il n’était encore que gouverneur de la Fed, Powell a montré sa volonté de suivre une trajectoire plutôt indépendante dans les débats sur la politique de réglementation, mais en matière de politique monétaire, il s’est clairement positionné dans la ligne défendue par Janet Yellen.

Bien qu’on puisse donc raisonnablement s’attendre à une certaine continuité par rapport à la politique menée par Janet Yellen, il subsiste encore quelques zones d’ombre que le nouveau président serait avisé d’éclaircir afin que le grand public découvre sa vision du fonctionnement de l’économie américaine et l’évolution probable de la politique monétaire.

Son audition devant le Congrès arrive à point nommé, car le changement de présidence à la Fed s’accompagne cette année d’une incertitude quant à l’analyse des événements récents. Prenons le cas de la relance budgétaire. Comment Powell compte-t-il l’intégrer dans ses perspectives de politique alors que l’économie est déjà au plein-emploi et enregistre une croissance supérieure à son potentiel. Dans un souci de clarté sur le positionnement de la nouvelle présidence sur ces sujets clés, ce billet propose plusieurs questions que les membres du Congrès pourraient poser au nouvel homme fort du monde financier lors de l’audience du 1 mars.

Source : Federal Reserve, portrait officiel du gouverneur de la Fed, 05/06/2012

Améliorer la transparence et la communication

Dans les remarques préparatoires à votre prestation de serment, vous indiquez que la Fed va « continuer à trouver des moyens pour améliorer la transparence en matière de politique monétaire et de réglementation. » Quelles améliorations spécifiques avez-vous à l’esprit ? Par exemple, êtes-vous favorable à la publication d’une règle de politique qui régirait la fonction de réaction du Comité fédéral de l’Open Market (FOMC) et servirait de base pour discuter des ajustements de politique récents et anticipés ?

Pensez-vous que la publication d’une règle sur le processus décisionnel du FOMC améliorerait ou, au contraire, détériorerait la communication de la Fed avec le grand public et son indépendance de la sphère politique ? En outre, envisagez-vous quelconque modification à la fréquence des conférences de presse post-réunion ? Enfin, voyez-vous d’autres moyens pour améliorer la communication sur les perspectives économiques et politiques ? Par exemple améliorer les Synthèses des prévisions économiques trimestrielles ?

Prévenir la prochaine récession

Votre opinion sur les rachats d’actifs par la banque centrale semble avoir évolué. Le procès-verbal de la réunion du FOMC de septembre 2012 indique que vous avez soutenu une troisième vague de rachats d’actifs, mais « sans réel enthousiasme ». Dans votre discours prononcé mi-2013 , vous qualifiez les signes d’efficacité des rachats d’actifs de « mitigés mais globalement positifs ». Cependant, en 2015, vous dites : « il apparaît clairement que ces politiques présentent des avantages significatifs et que les risques ne se sont pas concrétisés. »

Lors de la prochaine récession, même légère, le FOMC pourrait juger nécessaire d’aller encore plus loin, même après avoir ramené les taux directeurs proches de zéro. Dans un tel scénario, seriez-vous prêt à recourir aux rachats d’actifs ou maintiendriez-vous vos réserves sur leur efficacité ? Seriez-vous plus disposé à activer ce levier si un tel scénario venait à se produire relativement tôt, à savoir bien avant que la Fed n’ait mené à son terme la réduction de son bilan ?

Par ailleurs, seriez-vous tout aussi enclin à acheter des bons du Trésor et des titres adossés à des créances hypothécaires d’agences américaines (MBS) ou voyez-vous des scénarios où il serait préférable de privilégier les premiers par rapport aux seconds ? Enfin, si les rachats d’actifs présentent des contraintes selon vous pour la prochaine récession, utiliseriez-vous d’autres méthodes, comme faire passer le taux objectif des fonds fédéraux sous zéro ou recourir aux indications prospectives de politique monétaire ?

Changer le cadre de la politique monétaire

Au cours de l’année écoulée, plusieurs membres de la Fed, anciens ou encore en fonction, ont épinglé la nécessité de réfléchir à apporter des changements éventuels au cadre de la politique du FOMC. Ces ajustements auraient pour but de se doter d’une marge supplémentaire pour assouplir les conditions financières lors de la prochaine récession, lorsque les taux directeurs auront probablement été ramenés à zéro et que le Comité risque d’éprouver des difficultés pour réduire les taux d’intérêt réels. Parmi les changements de cadre proposés figurent un objectif d’inflation plus élevé ou l’adoption d’un objectif pour le niveau des prix ou le PIB nominal.

L’étude de l’adéquation du cadre et l’examen des solutions alternatives constituent-ils une priorité pour vous et, le cas échéant, pensez-vous que le FOMC entamera ce chantier cette année ? À ce stade, quels sont, selon vous, les points forts et faibles des cadres alternatifs de politique monétaire qui ont été proposés jusqu’à présent ?

Politique budgétaire

Pour le grand public, la question principale autour de la politique monétaire à moyen terme est quelle réponse la Fed va-t-elle donner à la loi sur les baisses d’impôts et sur l’emploi récemment adoptée (TCJA). Pensez-vous que certaines dispositions de la loi TCJA auront des retombées positives sensibles sur la croissance potentielle et, le cas échéant, par quels biais ce transfert positif se produirait-il ? Dans l’hypothèse que vous voyiez dans la loi TCJA certains éléments susceptibles d’augmenter la croissance potentielle, ceux-ci permettraient-ils de compenser toute accélération de l’inflation que les réductions d’impôts et l’accord budgétaire bisannuel récent – lequel devrait accroître les dépenses discrétionnaires de 300 milliards de dollars environ – pourraient provoquer ? Pouvez-vous nous faire part de vos estimations sur l’impact de ce nouvel accord de dépenses sur la croissance du PIB, sur l’inflation et sur l’emploi (mesuré par le taux de chômage) jusqu’en 2020 ?

Evolution du bilan de la Fed

La normalisation du bilan de la Fed a été présentée comme un processus en mode « pilote automatique ». Par exemple, la formulation de l’avenant de juin 2016 au plan de normalisation de la politique monétaire suggère que la réduction se poursuivra jusqu’à ce que le FOMC doive procéder à des baisses de ses taux directeurs pour contrer la récession. Pouvez-vous imaginer des circonstances dans lesquelles la réduction du bilan pourrait s’interrompre même si l’expansion économique se poursuivait, par exemple si les risques baissiers sur les perspectives s’accentuaient ? Par ailleurs, seriez-vous prêt à poursuivre la réduction du bilan même si les conditions financières se durcissaient sensiblement en raison d’une forte tension des taux d’intérêt à long terme, éventuellement liée à la hausse du volume d’émissions pour financer les réductions d’impôts et les nouvelles dépenses ?

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