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Comment éviter les pièges du « drawdown » ?

Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il est déconseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

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Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il est déconseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

En tant qu’investisseur, nous sommes toujours à la recherche d’actifs liquides, à rendements réguliers et élevés. Malgré l’avertissement selon lequel « les performances passées ne préjugent pas des performances futures », nous ne pouvons ignorer le passé pour évaluer le couple rendement/risque. En effet, la contrepartie du bénéfice espéré est le « drawdown ». Il s’agit de la baisse de la valeur d’un investissement susceptible de se produire avant qu’il ne retrouve sa valeur initiale. Par exemple, le « drawdown » maximum de l’indice Euro Stoxx 50 regroupant les 50 premières entreprises européennes est de -60 % depuis le point haut du 16 juillet 2007*.

Graphique 1 : Pour la période considérée, l’indice Eurostoxx 50 a atteint un point haut le 16 juillet 2007 à 4557,57 points et a touché son point bas le 9 mars 2009 à 1809,98. L’indice n’a pas encore retrouvé ses plus hauts. Le « drawdown » est de 60,29% (4557,27-1809,98/4557,27).

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Source : Bloomberg, BNP Paribas Asset Management, données au 27/06/2017

Quel est le lien entre le « drawdown » et la performance de long terme ?

Pour répondre à cette question, prenons le cas de deux portefeuilles A et B exposés à l’indice Euro Stoxx 50 (hors dividende et sans frais) depuis le 31 décembre 2006. L’investisseur A est resté constamment investi alors que l’investisseur B a su éviter deux périodes de baisse majeure de 2007 à 2009 (-60 %**) puis en 2011 (-35 %**). L’écart de performance au bout de dix ans est largement supérieur à la somme des pertes évitées et s’établit à plus de 244 % alors que la différence de « drawdown » est de 30 % (cf. tableau et graphique ci-dessous).

Graphique 2 : Performance simulée des deux portefeuilles. Le portefeuille A n’a pas été exposé aux deux baisses majeures de l’indice Eurostoxx 50, alors que le portefeuille B les a subies.

drawdownSource : Bloomberg, données au 31/03/2017

Pourquoi les différences de « drawdown » se sont-elles traduites par un écart de performance si élevé ?

L’origine de cet écart est double : d’une part en raison du principe de capitalisation et, d’autre part, du phénomène «d’illusion des pourcentages ». Le principe de capitalisation consiste à réinvestir les revenus générés. En d'autres termes, toute perte prive un portefeuille de l'investissement de gains antérieurs et l'oblige à progresser à partir d'une base plus faible. Revenons à l’exemple de nos deux investisseurs. L’investisseur A commence par subir une perte de 5 % la première année puis connaitra neuf années de croissance à 5 %. L’investisseur B lui connait dix années de performance annuelle de 5 %. Au bout de dix ans, l’écart de performance ne sera pas de 10 % (5 % + 5 %) mais de l’ordre de 15 % et continuera à croître pour atteindre 39 % au bout de 30 ans.

Un autre phénomène intervient : l’« illusion des pourcentages »

Cela signifie que, même lorsque leurs valeurs absolues sont identiques (-10 % et +10 %), les pourcentages négatifs et positifs n'ont pas le même impact sur un investissement.

En effet, une perte de 10 % sera compensée par une hausse de 11,1 et non pas de 10 %. Ce phénomène s’amplifie avec l’importance de la baisse. Comme on peut le voir sur le graphique ci-contre, pour compenser une baisse de 50 % il faudra un gain de 100 %.

Graphique 3 : Attention aux pourcentages : il faut une hausse de 100 % pour compenser une baisse de 50%.

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Source : BNP Paribas Asset Management, données au 15/06/2017

Comment faire pour limiter les effets négatifs du « drawdown » ?

La première réaction peut consister à essayer de varier son exposition en achetant ou vendant au cours du temps. Dans le cas de l’indice Euro Stoxx 50, mieux vaut ne pas se tromper. En effet, si un investisseur avait manqué les 10 journées les plus profitables des dix dernières années, la performance serait drastiquement différente. En effet, l’investissement aboutirait à une baisse de- 46 % au lieu de seulement -15 % pour l’indice Euro Stoxx 50 depuis le 31 décembre 2006 (cf. graphique ci-contre).

Graphique 4 : Performances simulées d’un portefeuille qui aurait manqué les plus fortes hausses quotidiennes.

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Source : Bloomberg, données au 31/03/2017

Un autre moyen simple et efficace de gérer ce risque est de fractionner son investissement de façon régulière et systématique. Un investissement total effectué le 31 décembre 2006 sur l’indice Euro Stoxx50  aurait connu une perte latente de 60 % avant de se reprendre, mais serait toujours en baisse de 15 % au 31 mars 2017. Par contre, si l’investissement avait été divisé de façon égale et effectué au 31 décembre de chaque année, alors le portefeuille global serait en hausse de 16 % (voir tableau et graphique ci-dessous). Évidemment, les écarts de performance dépendent du chemin parcouru par les marchés choisis. Ces résultats auraient été plus mitigés dans le cas d’un investissement fractionné sur les actions américaines, par exemple, qui ont progressé sur la même période. Il n’en demeure pas moins que cette méthode simple réduit le « drawdown ».

Graphique 5 : Performances simulées d’un portefeuille investi en une seule fois le 31/12/06 dans l’indice Eurostoxx 50 et d’un portefeuille où les investissements ont été échelonnés (d’un montant égal chaque 31 décembre).

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Source : Bloomberg, données au 31/03/2017

Un autre moyen pour gérer ce risque consiste à le déléguer à des équipes de gestion « Risk Parity » ou « Iso-volatilité ». En effet, ces gestions mettent le risque au cœur de leurs allocations. Dès le lancement, un niveau de risque cible est choisi par actif. Puis, l’exposition augmentera quand le risque calculé diminuera et, inversement, diminuera quand le risque augmentera. Un investissement dans un fonds Euro Stoxx 50 avec mécanisme « Isovol » aurait amélioré la performance de 15 % sur 10 ans et réduit le « drawdown » de 17 %***.

En conclusion, le « drawdown » est un indicateur important et fiable auquel les investisseurs devraient s’intéresser. Il est soumis au principe de capitalisation et au phénomène d’ « illusion des pourcentages ». Les effets négatifs du « drawdown » peuvent être limités simplement par un investissement fractionné et régulier ou par des techniques plus sophistiquées telles que la gestion en « iso-volatilité ».


Achevé de rédiger le 15/06/2017

*L’indice SX5E a atteint un sommet le 16 juillet 2007 à 4 557,57 points puis un point bas à 1 809,98 points le 9 mars 2009, l’indice n’ayant toujours pas à ce jour dépassé  ce point haut, le « drawdown » est de 60,29 % (4 557,27-1 809,98)/4 557,27).

**Baisses du 16 juillet 2007 au 9 mars 2009 (-60 %) puis du 18 février 2011 au 22 septembre 2011 (-35 %).

***Application d’un modèle « Isovol » avec un budget de risque de 16 % hors frais.

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