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Coronavirus – Mise à jour hebdomadaire – 20 Mai 2020

Le déconfinement semble se dérouler sans incidents majeurs ce qui permet aux actions de continuer à évoluer sans tendance, en position d’attente. Les progrès vers la mise en place des soutiens budgétaires sont lents, ce qui constitue un risque potentiel et une source de volatilité.

Au 20 mai, le nombre total de cas d’infections au COVID-19 a franchi la barre des 5 millions et le nombre de décès dépasse 325 000.

  • De plus en plus de pays assouplissent les mesures de confinement face à la légère et lente amélioration des données reflétant le coût humain de l’épidémie de Covid-19. Ces décisions soutiennent la confiance et le sentiment de marché. Jusqu'à présent, dans les pays qui sont sortis de confinement ou avaient mis en place des mesures limitées, l’augmentation des nouveaux cas d’infections au Covid-19 n'est pas significative, et les nouveaux foyers d’infection semblent maîtrisés.
  • L'évolution de la pandémie au Brésil est toutefois préoccupante car le nombre de morts continue d'augmenter rapidement. Avec plus de 17 000 morts, le Brésil est, de loin, le pays le plus durement touché au sein des économies émergentes. La forme de la courbe implique que le Brésil est encore à plusieurs semaines du pic (voir graphique 1 ci-dessous). L'absence d'un confinement national au Brésil, combinée à des messages contradictoires du gouvernement, a aggravé la situation.

Graphique 1 :

Selon nous, le principal problème reste, qu'en l'absence de vaccin, ce virus continuera à circuler pendant longtemps. Pour cette raison, il ne peut y avoir de retour rapide à la normale. Les niveaux d'immunité acquise restent faibles selon de récentes études sérologiques. La capacité des États à mettre en place des tests à grande échelle et à identifier les contacts des personnes infectées reste limitée, sauf dans quelques pays d'Asie. Cette situation ralentit la réouverture des économies et contient en germe une possible seconde vague.

La découverte d’un vaccin changerait radicalement la donne. Comme nous l'avons vu cette semaine, avec les résultats encourageants des essais cliniques d’un vaccin produit par la société Moderna, le marché répond avec enthousiasme à toutes les bonnes nouvelles concernant les vaccins, même si les résultats ne sont qu’embryonnaires. Néanmoins, le consensus parmi les experts reste qu'un vaccin ne pourra pas être opérationnel avant 2021. La logistique nécessaire à la production et à la livraison dans le monde entier pourrait encore rallonger le délai.

Actualité économique

En ce qui concerne les indicateurs économiques, l’attention a été retenue par les données sur l’activité et la consommation aux Etats-Unis; Les comptes nationaux du 1er trimestre 2020 ont révélé que la contraction du PIB avait été moins dramatique aux Etats-Unis qu’en Europe continentale. Une explication est que les restrictions des déplacements et des activités étaient entrées en vigueur plus tard aux Etats-Unis et n’avaient donc pesé que sur la toute fin du trimestre. Les indicateurs pour avril semblent corroborer cette hypothèse. Les ventes au détail hors automobiles ont reculé de 17 % et la production industrielle de 11 %. Malgré tout, il semble que la contraction de l’activité ait été plus marquée en Europe. En Italie par exemple, la production industrielle a baissé de près de 30 %.

Politiques économiques - Un moment charnière pour l'Union européenne ?

La principale nouvelle cette semaine est l’initiative franco-allemande pour la relance européenne face à la crise du coronavirus. La taille du plan de relance (500 milliards d’euros)peut sembler modeste comparée aux chiffres qui avaient circulé, notamment dans la proposition faite par le gouvernement espagnol il y a quelques semaines. Toutefois, Angela Merkel et Emmanuel Macron se sont prononcés pour des subventions aux pays plutôt que pour des prêts. Cette proposition franco-allemande apparaît susceptible de jeter les fondations d’un véritable fédéralisme européen.  

La proposition n'a toutefois pas encore été adoptée. Elle s'est déjà heurtée à la résistance du groupe habituel de pays du nord de l'Europe. Il faudra peut-être quelques concessions pour convaincre tout le monde. En outre, il est encore trop tôt pour imaginer comment va fonctionner ce système et déterminer si l’Europe disposera de ressources fiscales propres.

Autres avancées significatives des politiques budgétaires et monétaires cette semaine :

  • A présent que l'accent est mis non plus sur la protection des économies par le confinement mais sur le soutien à la demande, nous pensons que des mesures budgétaires supplémentaires vont être adoptées. Aux Etats-Unis, la Chambre des représentants, à majorité démocrate, a voté un plan de relance de 3 000 milliards de dollars, qui ne sera pas adopté au Sénat, à majorité républicaine. Cependant, le chef de file des Républicains au Sénat, Mitch McConnell, a jugé que la « probabilité était forte » pour qu'un autre plan de relance finisse par être adopté après négociations avec les démocrates.
  • La crise va inévitablement entrainer une augmentation significative des dettes publiques. La dette augmentera automatiquement car l'économie se contracte, puis le coût des dépenses pour limiter les coûts du confinement et pour relancer les économies conduira à des emprunts supplémentaires. Cela soulève inévitablement des questions quant à la manière dont cette charge supplémentaire de la dette sera remboursée. Le Gouverneur de la Banque d'Angleterre a indiqué que la banque centrale s'engagerait dans un financement monétaire durable pour aider le gouvernement britannique à gérer le coût énorme de la lutte contre la pandémie en « lissant le profil des emprunts publics et l'impact que cela pourrait avoir sur les marchés financiers ».
  • Les banques centrales devront fournir un stimulus monétaire continu et significatif à l'économie pour soutenir une reprise de la demande une fois que les mesures de distanciation sociale auront été levées. L'une des questions les plus controversées est de savoir si la politique monétaire accommodante passe par des taux d'intérêt négatifs. Les banques centrales ont envoyé des messages contrastés sur ce point la semaine dernière. Jerome Powell, le Président de la Réserve fédérale américaine, reste réticent à mettre en place des taux directeurs négatifs, mais plusieurs membres du Comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre semblent ouverts à cette idée pour le Royaume-Uni.

Perspectives de marché

  • Les indicateurs économiques chinois ont montré une nette amélioration de l’activité en lien avec la fin du confinement qui permet à la reprise de s’affirmer. La Chine trace la voie pour les économies en train de déconfiner leurs populations. Les prix du pétrole devraient profiter de cette augmentation de la demande.
  • Le verre semble « à moitié plein » et devrait le rester dans l’immédiat, ce qui permettrait un reflux de la volatilité et une certaine stabilisation des marchés. L’attente de nouvelles mesures de relance budgétaires ou monétaires devrait entretenir cet optimisme prudent. Cependant, l'absence de mise en œuvre du soutien budgétaire reste un risque et une source de volatilité.  
  • Le principal obstacle à la mise en œuvre de mesures budgétaires supplémentaires est politique. Un Congrès divisé aux Etats-Unis et certaines réticences en Europe retardent l’adoption des plans de relance.
  • Alors que le marché anticipe une reprise généralisée, nous pensons que cette reprise risque d'être plus inégale et risque d’accroître la dispersion des bénéfices et du crédit, des secteurs entiers ou même des pays subissant de fortes pressions. Dans un tel environnement, la sélection des actifs et l'allocation du risque seront probablement plus importantes que les stratégies directionnelles.

Denis Panel, responsable de la gestion multi-actifs et des solutions quantitatives (MAQS -Multi-Asset and Quantitative Solutions), et Marina Chernyak, économiste senior et coordinateur de la recherche COVID-19.


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