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Daniel Morris
2 Auteurs · Marchés
04/05/2021 · 5 minutes de lecture

De nouveaux moteurs doivent prendre le relais sur les marchés actions

La baisse des taux d'intérêt orchestrée par les banques centrales et les vastes programmes d'aides publiques ont profité aux marchés actions, qui ont atteint des valorisations inédites depuis la bulle Internet. Ces mesures ont pour objectif de préserver l’emploi et de restaurer la croissance et devrait se traduire par une augmentation des bénéfices des entreprises. C'est pourquoi les résultats des entreprises doivent à présent prendre le relais et devenir le moteur des marchés boursiers.


Extrait de notre publication sur l'Allocation d’actifs mensuelle pour le mois de mai

Vous pouvez accéder à l’intégralité du document en cliquant ici


Le plan de relance de plusieurs milliers de milliards de dollars de l’administration Biden permet d’espérer une augmentation des bénéfices des entreprises, bien qu’une hausse d’impôts pourrait en limiter la progression. Cela intervient à un moment où la plupart des marchés affichent des valorisations tendues, et pas seulement aux États-Unis. Si la faiblesse des taux et de l’inflation justifie une prime de valorisation par rapport aux moyennes historiques, une normalisation est probable.

Dans quelles circonstances une normalisation peut-elle intervenir ?

Deux scénarios sont possibles : Une correction brutale des cours de bourse ou une augmentation plus rapide des bénéfices que des cours. Nous pensons que la seconde hypothèse est la plus probable. Un niveau de volatilité normale sur les marchés pourrait offrir un meilleur point d'entrée aux investisseurs. Nos indicateurs tendent à montrer qu’un tel moment ne saurait tarder. Quel catalyseur pourrait donc déclencher la volatilité ?

Il pourrait s'agir d'une surchauffe de l'économie américaine et d'une hausse marquée des anticipations d’inflation. De telles tendances pourraient déclencher une hausse des taux directeurs. Il est aussi possible que les hausses d'impôts prennent une place plus importante dans les plans de l'administration Biden, pesant ainsi sur le sentiment des investisseurs et sur la croissance des bénéfices des entreprises.

Étant donné le niveau actuel des valorisations, les bénéfices devront a minima être en ligne avec les attentes des analystes pour les justifier. C’est ce qui s’est produit jusqu’à présent. Cette situation est de bon augure pour le marché alors que les campagnes de vaccination s'accélèrent, qu’un nombre croissant de pays lèvent les mesures de confinement et que la demande refoulée est satisfaite. Il existe toutefois un corollaire à cette nécessité de dépasser les attentes des analystes. Ainsi, lorsque tel n'est pas le cas, les cours des actions sont durement impactés.

Le moment est-il venu de se tourner vers les actions européennes ?

Certains investisseurs se sont tournés vers les actions européennes pour tirer parti de l’ouverture des économies en raison des performances solides des marchés américains et de leurs niveaux de valorisations tendus.

La sous-performance des titres « value » européens par rapport à leurs homologues américains est comparable à la surperformance des valeurs de croissance européennes par rapport aux actions de croissance américaines. Il en découle une performance légèrement inférieure en Europe depuis novembre. Les actions européennes ont profité de leur biais cyclique et « value » alors que les actions américaines ont bénéficié des mesures de relance budgétaire.

Nous surpondérons actuellement les actions américaines (« value ») mais cela pourrait évoluer. Les valorisations relatives penchent en effet en faveur de l’Europe et la perspective d'une hausse des taux d'intérêt et des impôts aux États-Unis pourrait faire pencher la balance.

Ou vers les marchés émergents ?

Nous anticipons une surperformance des actions des marchés émergents en raison de leur nature cyclique, de l’apaisement des relations commerciales sino-américaines et de l'affaiblissement du dollar américain.

La hausse des taux d'intérêt américains pourrait réduire l'attractivité des investissements dans les pays émergents, mais les entrées de capitaux étrangers demeurent soutenues.

Par ailleurs, la croissance chinoise reste solide et continue d’amplifier la croissance des marchés émergents, même si le gouvernement de Pékin doit à la fois soutenir l'économie et réduire la dette globale.

Obligations - attention à la duration

Les perspectives d'inflation restent un sujet important. La Réserve fédérale américaine a de nouveau indiqué qu’elle n’était pas préoccupée par une hausse de l'inflation à court terme et réaffirmé qu'elle ne réduirait pas ses achats d'actifs ni ne relèverait ses taux directeurs aussi rapidement que le marché l’anticipe. Les données empiriques suggèrent toutefois que les pressions sur les salaires s'intensifient à mesure que le marché du travail se redresse.

La Fed a pour le moment réussi à contenir les taux d'intérêt réels grâce à sa communication. Nous anticipons un ralentissement des achats d'actifs au début du premier trimestre 2022 et une hausse des taux directeurs d'ici 2024. Comme le marché anticipe un durcissement de la politique monétaire, nous devrions observer une augmentation des taux ajustés de l'inflation. Nous restons donc prudents à l'égard des perspectives de la duration.

Les anticipations d'inflation en zone euro ont augmenté presque autant qu'aux États-Unis, peut-être trop. La levée des mesures de confinement va doper la demande au cours de l’année mais sans doute dans une moindre mesure que le plan de relance budgétaire aux États-Unis. Une hausse de l’inflation en zone euro est donc moins probable.

En synthèse - notre allocation d'actifs

L’accélération des campagnes de vaccination, la réouverture des économies, l’importante relance budgétaire aux États-Unis et des politiques monétaires accommodantes sont autant de facteurs qui devraient, selon nous, soutenir la reprise économique mondiale et les actifs risqués à moyen terme. Les États-Unis ont jusqu’à présent été le catalyseur de ce rebond, mais la croissance des autres grandes économies devrait s'accélérer.

Malgré une sous-exposition aux actions de la zone euro, notre exposition nette aux actions reste surpondérée au travers des actions « value » américaines, des actions émergentes, chinoises et japonaises. Nous sommes acheteurs des matières premières et de la dette émergente en devise locale. L’or et les REITs européens (sociétés foncières cotées) apportent de la diversification au portefeuille.

Nous restons acheteur de petites capitalisations de la zone euro. Dans le cas d’une reprise économique, elles devraient en effet surperformer grâce à leur bêta élevé et à des valorisations plus attractives que celles des grandes capitalisations.

Nous pensons qu’une hausse des rendements obligataires est probable à moyen terme, mais nous attendons de meilleurs niveaux d'entrée pour réinitier des positions courtes. Nous sommes longs sur la dette émergente en devise locale. Nous pensons en effet que les spreads pourraient se resserrer et que les devises pourraient s'apprécier si le dollar américain venait à souffrir de sa valorisation élevée et de la perspective d'une accélération de la croissance en dehors des États-Unis.


Lire notre Allocation d’actifs mensuelle - Prendre le relais


Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de la publication, sont fondées sur les informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion de portefeuille peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients. Le présent document ne constitue pas un conseil en investissement.

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent évoluer à la baisse comme à la hausse, et les investisseurs sont susceptibles de ne pas récupérer leur investissement initial. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Les investissements sur les marchés émergents ou dans des secteurs spécialisés ou restreints sont susceptibles d'afficher une volatilité supérieure à la moyenne en raison d'un haut degré de concentration, d'incertitudes accrues résultant de la moindre quantité d'informations disponibles, de la moindre liquidité ou d'une plus grande sensibilité aux changements des conditions de marché (conditions sociales, politiques et économiques). Pour cette raison, les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis sur les marchés émergents peuvent être plus risqués.

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