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La fin du confinement soutient les actions

En mai, fais ce qu’il te plaît. Nous n’en sommes pas encore là mais la levée progressive des mesures de confinement a permis la poursuite de la hausse des actifs risqués. Les espoirs d’une reprise rapide de l’activité et l’affirmation des politiques économiques très volontaristes ont largement compensé la dégradation des indicateurs économiques, la montée des risques politiques et la persistance de nombreuses inconnues sur l’évolution de la pandémie dans les prochains mois.

La levée progressive des mesures de confinement a suscité des espoirs de reprise rapide de l’activité qui ont permis la poursuite de la hausse des actifs risqués en mai.

La hausse des actions s’est affirmée en mai

La tendance haussière, qui s’était mise en place en avril, s’est confirmée en mai malgré des prises de bénéfices et des variations un peu plus hésitantes en début de mois. Les actions mondiales ont gagné 4,2 % en mai pour retrouver leur plus haut niveau depuis le 6 mars (indice MSCI AC World en dollars).

Par rapport au point bas du 23 mars, elles ont rebondi de 33 % et leur recul depuis le début de l’année ne ressort plus qu’à 9,9 %. Certains indices (Nasdaq composite), et secteurs (technologie, santé) sont désormais en hausse par rapport à fin 2019.

Ces évolutions reflètent les anticipations d’une reprise rapide de l’activité alors que le ralentissement de la pandémie a permis la levée progressive des mesures de confinement dans de nombreux pays en mai.

Même s’il apparaît que le retour à la normale sera très progressif puisque des restrictions vont rester en vigueur dans plusieurs secteurs d’activité (restauration et loisirs notamment), l’absence de signes de reprise de l’épidémie a rassuré les investisseurs.

Ils ont par ailleurs été très attentifs aux progrès de la recherche médicale. Par exemple, au début de la seconde quinzaine, les nouvelles encourageantes sur le développement d’un vaccin ont entraîné un net rebond des indices actions qui n’a pas été remis en cause par les informations plus nuancées communiquées ensuite.

Les perspectives bénéficiaires dressées par les analystes financiers sont malgré tout positives, reflétant, là aussi, une hypothèse de croissance favorable pour la fin de l’année après un 2e trimestre qui s’annonce très difficile pour les entreprises.

Graphique 1 :

Les effets de l’épidémie sur l’activité se font sentir

Sans surprise, les indicateurs économiques sont apparus très dégradés : les données « objectives » (production industrielle, consommation, emploi) décrivent la situation en avril, c’est-à-dire un mois complet de confinement presque partout dans le monde à l’exception de la Chine où l’activité a d’ailleurs montré des signes de réaccélération. Aux Etats-Unis par exemple, les dépenses privées de consommation ont baissé de 13,6 % (après 7,6 % en mars) tandis qu’en France, les dépenses de consommation des ménages en biens ont reculé de 20,2 % en avril. Les enquêtes de conjoncture se sont modestement redressées en mai grâce à l’amélioration de leurs composantes décrivant les perspectives pour les prochains mois. Les niveaux atteints par les indices sont encore loin de refléter une situation normale ou même un rebond significatif de l’économie après l’effondrement en mars et avril. La contraction du PIB au 2e trimestre sera nettement plus importante que celle constatée au 1er trimestre.

Graphique 2 :

Le soutien des politiques économiques a été renforcé

Le comportement des actifs risqués montre que les investisseurs ont préféré retenir les déclarations et les décisions des banques centrales, indiquant que les politiques monétaires allaient rester très accommodantes, et les annonces des gouvernements pour de nouveaux plans de relance budgétaire. Les propositions des autorités européennes en la matière semblent avoir convaincu les observateurs. Même si le chemin est encore long et si les discussions promettent d’être animées en raison de divergences de vues, l’affirmation de la solidarité européenne (en particulier par le couple franco-allemand) est une étape importante.

L’initiative franco-allemande pour la relance européenne face à la crise du coronavirus, dévoilée le 18 mai, a été saluée par le marché. Le projet prévoit de doter le fonds de relance de 500 milliards d’euros en dépenses budgétaires de l’UE pour les secteurs et régions les plus touchés. Le 27 mai, la Commission européenne a présenté au Parlement son plan de relance (Recovery Fund), d’un montant plus important (750 milliards) qui vient s’ajouter au budget européen pluriannuel de 1 100 milliards et sera réparti entre subventions (500 milliards) et prêts (250 milliards) aux Etats membres. L’approche est un peu différente des annonces Merkel-Macron puisqu’il s’agit d’aider en priorité les pays les plus pauvres (PIB/habitant) et tous les détails ne sont pas encore définis. Les négociations vont se poursuivre alors que certains pays du Nord de l’Europe se sont déclarés opposés aux subventions. Malgré ces incertitudes, le rendement du BTP italien à 10 ans s’est détendu de 28 pb par rapport à fin avril pour terminer le mois à 1,49 %, au plus bas depuis fin mars. Le taux espagnol à 10 ans est revenu à 0,50 %, soit une détente mensuelle de 24 pb.

Un contexte géopolitique délicat

Le mois a été marqué par de nouvelles tensions entre la Chine et les Etats-Unis, en lien avec la loi de « sureté nationale » que Pékin entend imposer à Hong Kong, et alors que les semaines précédentes avaient été émaillées par des déclarations américaines dénonçant le rôle de la Chine dans la propagation du coronavirus. Les autorités chinoises ont évoqué une « nouvelle guerre froide ».

Dans ce contexte, l’indice MSCI Emerging, pénalisé par le recul de sa composante asiatique, a sous-performé (+0,6 % en mai) malgré le rebond des places d’Amérique latine. Au sein des grands indices développés, la plus forte hausse a été enregistrée au Japon où l’indice Nikkei 225 a gagné 8,3 % grâce aux valeurs cycliques et exportatrices. Aux Etats-Unis, le S&P 500 affiche une hausse de 4,5 % tandis que le Nasdaq a repris 6,8 % en mai et progresse de 5,8 % par rapport à fin 2019. L’Eurostoxx 50 a gagné 4,2 % en mai et affiche un recul de 18,6 % en cinq mois.

Environnement positif à moyen terme ; des éléments à surveiller à court terme

Notre scénario central, qui prévoit une profonde récession au 1er semestre suivie d’une reprise graduelle et chaotique de l’activité, et les politiques économiques très volontaristes mises en œuvre pour relancer la consommation et soutenir les entreprises permettent d’envisager une évolution favorable des actifs risqués à moyen terme.

A court terme, et après une hausse de 15 % des actions mondiales en deux mois, les variations pourront être plus heurtées au gré des nouvelles sur les indicateurs économiques et les aspects sanitaires.

Les investisseurs devront en effet établir si les dommages sur les économies sont temporaires ou permanents, en particulier sur l’emploi, et s’assurer que le déconfinement ne s’accompagne pas d’une nouvelle flambée de l’épidémie de Covid-19.

La résistance des économies et le succès des stratégies de sortie seront déterminants alors que les espoirs de redémarrage rapide de l’activité expliquent l’essentiel de la progression des actifs risqués au cours des dernières semaines.

Des déceptions sur les enquêtes d’activité, après le rebond modeste des indices PMI en mai, pourrait ainsi entraîner un recul des actions. La prise en compte des difficultés pratiques à mettre en œuvre certaines mesures budgétaires annoncées en mai pourrait avoir le même effet.

Toutefois, nous considérons que des corrections des indices actions pourraient consister des opportunités pour se repositionner.

Les tensions géopolitiques et commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, revenues sur le devant de la scène en mai, constituent un risque supplémentaire pour des marchés où la normalisation des indicateurs de stress reste fragile et, pour l’essentiel, liée à l’action des banques centrales.


Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication, sont basées sur les informations disponibles et sont susceptibles d’être modifiées sans préavis. Chaque équipe de gestion de portefeuille peut avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients.

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