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La Grèce en voie de guérison

Au cours de l’année écoulée, j’ai rédigé trois articles sur le thème de la Grèce qui m’ont vu osciller entre optimisme et pessimisme, espoir et désespoir. Aujourd’hui, je reviens à un sentiment d’optimisme prudent pour diverses raisons : Alexis Tsipras, après avoir remporté un référendum qu’il avait convoqué avec l’espoir probable de le perdre, s’est davantage comporté en adulte que ne le pensaient ses partisans et détracteurs. Il s’est séparé de son combatif ministre des Finances, Yannis Varoufakis, et l’a remplacé par Euclid Tsakalatos, un technocrate posé et réfléchi doté de solides compétences. Il a capitulé devant les exigences de la zone euro de le voir poursuivre les politiques d’austérité en acceptant un accord plus contraignant que celui qu’il avait initialement rejeté. Il a remanié son gouvernement pour en écarter les membres de l’aile dure de la gauche. Enfin, il a réussi à faire accepter aux Européens, las de la Grèce, l’octroi d’un troisième plan d’aide à son pays.

Dès réception du premier décaissement de la tranche initiale de ce plan, Alexis Tsipras a défié les frondeurs de son parti en donnant sa démission et en convoquant des élections anticipées. Le scrutin, qui était attendu serré, s’est finalement soldé par une nette victoire de son parti Syriza, qui a obtenu plus de sept points d’avance sur le parti de centre-droit Nouvelle Démocratie dirigé par Vangelis Meimarakis.

Au cours de l’année écoulée, j’ai rédigé trois articles sur le thème de la Grèce qui m’ont vu osciller entre optimisme et pessimisme, espoir et désespoir. Aujourd’hui, je reviens à un sentiment d’optimisme prudent pour diverses raisons : Alexis Tsipras, après avoir remporté un référendum qu’il avait convoqué avec l’espoir probable de le perdre, s’est davantage comporté en adulte que ne le pensaient ses partisans et détracteurs. Il s’est séparé de son combatif ministre des Finances, Yannis Varoufakis, et l’a remplacé par Euclid Tsakalatos, un technocrate posé et réfléchi doté de solides compétences. Il a capitulé devant les exigences de la zone euro de le voir poursuivre les politiques d’austérité en acceptant un accord plus contraignant que celui qu’il avait initialement rejeté. Il a remanié son gouvernement pour en écarter les membres de l’aile dure de la gauche. Enfin, il a réussi à faire accepter aux Européens, las de la Grèce, l’octroi d’un troisième plan d’aide à son pays.

Dès réception du premier décaissement de la tranche initiale de ce plan, Alexis Tsipras a défié les frondeurs de son parti en donnant sa démission et en convoquant des élections anticipées. Le scrutin, qui était attendu serré, s’est finalement soldé par une nette victoire de son parti Syriza, qui a obtenu plus de sept points d’avance sur le parti de centre-droit Nouvelle Démocratie dirigé par Vangelis Meimarakis.

Les rendements des obligations grecques à dix ans se détendent depuis la mi-juin (voir graphique 1) et s’établissent actuellement légèrement au-dessus de 8 %. Les obligations à court terme ont également bien rebondi. L’emprunt d’État grec à dix ans issu du PSI (Private Sector Involvement) à échéance février 2025 est remonté à 80 depuis son point bas d’avril où il avoisinait les 45 et a plus que quintuplé depuis son plancher de 12 atteint en mai 2012. Les obligations indexées sur l’inflation à 40 ans de la Grèce se sont encore mieux comportées : elles ont quasiment triplé en prix. Malheureusement, le marché des actions grecques n’a pas fait aussi bien ; il a poursuivi sa glissade jusqu’à la mi-août avant de finir par rebondir de 23 %, et il se négocie encore à un PER de 19, bien qu’il ait cédé plus de 85 % depuis son sommet de décembre 2007. Enfin, les spreads des CDS ont également beaucoup baissé – même s’il reste plus intéressant d’acheter de la protection sur l’Ukraine affaiblie par la guerre que sur la Grèce soutenue par la zone euro. Moody’s Investors Service a confirmé la note Caa3 des obligations d’État grecques mais a modifié la perspective à « stable ».

Graphique 1 : Évolution du prix de l’obligation d’État grecque à échéance février 2025

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Source : Bloomberg, 25 septembre 2015.

Selon un document de travail du Fonds monétaire international publié il y a un an, le solde budgétaire de la Grèce a connu une amélioration remarquable de 17 % du PIB. À titre de comparaison, sur un échantillon de 91 épisodes d’ajustement de pays entre 1945 et 2012, la variation du solde budgétaire a atteint plus de 5 % pour la moitié des cas et plus de 7,4 % pour un quart des cas. Si on le replace dans ce contexte, l’ajustement opéré par la Grèce est extraordinaire.

L’économie grecque a recommencé à croître – le PIB a augmenté de 0,8 % au deuxième trimestre, mais sa hausse a été soutenue par des achats anticipés de biens d’équipement par les ménages avant la fermeture des banques. Le taux de chômage, qui avait culminé à plus de 26 %, a commencé à légèrement fléchir. Il semblerait que les dépôts bancaires se soient stabilisés après avoir diminué pendant un an. Cela étant, une revue de la qualité des actifs des banques grecques a été lancée et les auditeurs n’ont guère été tendres dans leurs évaluations. L’on s’attend à ce qu’un certain nombre de banques grecques soient contraintes de lever un montant significatif de capital afin de satisfaire aux exigences de leurs autorités de réglementation, car les créances douteuses représentent près de 40 % du portefeuille de crédits de la plupart des établissements helléniques. Les investisseurs qui recherchent des sociétés en difficulté et les sociétés spécialisées dans le redressement d’entreprises fragilisées ont commencé à se mettre en quête de bonnes affaires. Le secteur du tourisme, un des piliers de l’économie grecque, représente 18 % du PIB et son poids devrait encore augmenter selon les prévisions. Des réformes ont été engagées – certaines îles grecques, par exemple, commenceront à perdre leurs privilèges fiscaux cette semaine. Le thème de l’allègement de la dette, qui a longtemps constitué un sujet tabou aux yeux des créanciers, est timidement apparu dans le vocabulaire et est aujourd’hui débattu au même titre que la question de la réforme des retraites.

Le rééquilibrage a commencé. Espérons qu’il se poursuive.

L'image dessus montre Yannis Varoufakis, l'ancien ministre des Finances grec, avec son successeur, Euclid Tsakalatos.

Source de l'image : Ververidis Vasilis / Shutterstock.com

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