BNP AM

Le blog officiel de BNP Paribas Asset Management

Les banques européennes vont-elles enfin dynamiser leurs revenus ?

Les banques européennes ont souvent fait les gros titres cette année : plans de sauvetage en Italie, fusions-acquisitions en Espagne, pic d’émissions bancaires sur le marché primaire après la vente massive par les gouvernements de leurs positions, sans oublier la sensibilité du secteur aux éventuelles révisions de taux de la BCE.

banques

Les banques européennes ont souvent fait les gros titres cette année : plans de sauvetage en Italie, fusions-acquisitions en Espagne, pic d’émissions bancaires sur le marché primaire après la vente massive par les gouvernements de leurs positions, sans oublier la sensibilité du secteur aux éventuelles révisions de taux de la BCE.

Les financières européennes dans leur ensemble ont surperformé l’indice MSCI Europe ex-UK de 4 % en 2017 jusqu’à la première semaine d’août. Depuis, elles sous-performent.

En cause, les revenus décevants des banques européennes. La publication des résultats du 2e trimestre des banques européennes, qui a battu son plein à la mi-août, a été solide en termes nominaux. Elle fait suite à cinq trimestres de hausses progressives du revenu net supérieur aux attentes. Ces résultats ont d’ailleurs permis aux banques de consolider leurs fonds propres. Dès lors, les bilans des banques européennes ne sont plus source d’inquiétude - une situation bien différente par rapport à ces 18 derniers mois. Néanmoins, les marchés financiers s’attendaient à des meilleurs résultats (surtout au niveau du revenu net) pour le 2e trimestre. Cela n’a pas été le cas. Les revenus se sont tassés, freinés par la lente croissance des prêts dans certains pays et –plus important encore – par la faiblesse des taux d’intérêt.

L’analyse des revenus décevants met en avant deux facteurs, le premier étant les volumes. Les volumes de prêt augmentent très progressivement en Europe et devraient garder ce cap compte tenu des révisions à la hausse de la croissance des PIB en Europe. La croissance des prêts commerciaux en particulier est sensiblement liée à celle du PIB. Nous prévoyons donc une croissance des prêts bancaires européens de 3 % à 5 % en glissement annuel pour 2017. Il s’agirait d’une belle croissance étant donné que l’ensemble des portefeuilles de prêts européens a progressé d’environ 1 % en moyenne par an depuis 2011. Pourtant, le rythme actuel de croissance des prêts est lent en raison de situations nationales divergentes. La grande majorité de la croissance des prêts est réalisée dans les pays du coeur de l’Europe, dans les pays nordiques et au Royaume-Uni. Or, la croissance ralentit au Royaume-Uni et en Allemagne, alors que les pays périphériques de la zone euro et les Pays-Bas subissent une contraction de l’activité de prêt depuis déjà un certain temps. La croissance du solde des prêts bancaires en Espagne, en Italie, en Irlande et aux Pays-Bas est freinée par le taux élevé de remboursement de prêts hypothécaires qui dépasse l’émission de nouveaux prêts hypothécaires, notamment en raison de la faiblesse des taux d’intérêt. Dans ces pays pourtant, la croissance des prêts hypothécaires devrait revenir à un niveau d’équilibre vers la fin de l’année.

Le deuxième facteur –plus important selon nous – est l’orientation des taux d’intérêt qui n’évolue pas comme prévu. Aujourd’hui, les marchés financiers ont accepté le fait que les taux d'intérêt européens n’augmenteront pas aussi vite qu’ils ne l’avaient initialement prévu. En réalité, les taux d’intérêt et les rendements obligataires ont baissé depuis le début du mois d’août (le swap euro à 10 ans a perdu 8 pb), ce qui, naturellement, n’aide pas les banques à augmenter leurs revenus. En conséquence, la perspective d’une hausse des taux ne constitue plus le premier catalyseur de l’exposition aux banques européennes : la sélection de valeurs est devenue plus importante. En somme, la marge nette d’intérêt des banques européennes reste faible (le ratio moyen revenu net d’intérêt/prêts a été revu à la baisse d’environ 2 pb à 2,64 % pour 2017 après la publication des résultats du 2e trimestre). Cependant, la plupart des prévisions concernant la marge nette d’intérêt sont plutôt stables pour les deux prochaines années (prévision d’une hausse modeste de 5 pb). En d’autres termes, il existe un potentiel haussier qui pourra s’exprimer dès que la BCE commencera à agir.

Malgré ces résultats trimestriels décevants, l’équipe des grandes capitalisations européennes reste confiante envers les banques européennes. Après tout, malgré le tassement des revenus publiés dernièrement, la croissance des bénéfices trimestriels des banques européennes reste saine, la grande majorité affichant des résultats au 2e trimestre supérieurs aux attentes.

Graphique 1 : estimations des performances et des bénéfices de l’indice MSCI Banks

banquesSource : Factset, BNP Paribas Asset Management, données au 07/09/2017

Certains pourraient argumenter que le ratio cours/bénéfices du secteur bancaire européen à douze mois (environ 11,5x) ne montre pas de potentiel suffisant par rapport à sa moyenne historique à 20 ans.

Graphique 2 : valorisations de l’indice MSCI Banks

banquesSource : Factset, MSCI, BNP Paribas Asset Management, données au 07/09/2017

Cependant, i) les banques européennes semblent bon marché par rapport à d’autres secteurs.

Graphique 3 : multiples de valorisation du secteur bancaire européen

banquesSource : Factset, BNP Paribas Asset Management, données au 07/09/2017

D’autre part, ii) point plus intéressant, la rentabilité du secteur bancaire a enfin décollé à la faveur principalement de la normalisation du coût du crédit (c.-à-d. des provisions pour créances douteuses).

Ceci dit, plusieurs éléments pèsent encore sur la rentabilité des banques : la faiblesse des taux d’intérêt et des volumes et la hausse des coûts engendrés par la mise en conformité selon la nouvelle législation et par l’essor du digital. La plupart de ces facteurs devraient s’améliorer avec le temps au fur et à mesure qu’on avance dans le cycle, les banques adaptant progressivement leur modèle économique aux nouvelles conditions opérationnelles.

Graphique 4 : rendement des actifs de l’indice MSCI Banks

banquesSource : Factset, BNP Paribas Asset Management, données au 07/09/2017

Les banques européennes ont sensiblement assaini leur bilan, comme l’indiquent 1) le nombre de charges exceptionnelles qui a chuté d’une année sur l’autre et 2) le capital de base de catégorie 1 (actions) de 50 pb en moyenne généré par le secteur au cours de l’année écoulée.

En Europe, les banques italiennes restent l’élément d’incertitude, mais l’intervention de la BCE et le renflouement des banques italiennes et espagnoles les plus fragiles ont restauré la confiance générale des investisseurs dans le secteur. Par conséquent, les risques semblent moins élevés que les années précédentes.

Les coûts de mise en conformité et de conversion au digital des banques européennes ne devraient pas diminuer prochainement. Ceci dit, la meilleure orientation des revenus devrait améliorer le rapport coût/efficacité. En outre, ces coûts jouent de plus en plus un rôle de différenciation et devraient devenir un des moteurs de consolidation du secteur maintenant que l’incertitude réglementaire semble toucher à sa fin. L’équipe European Large Cap Equity, qui met l’accent sur les structures de marché saines, a noté que la plupart des marchés bancaires européens deviennent de plus en plus concentrés depuis la crise financière mondiale. L’équipe détient des positions sur les banques sur les marchés les plus concentrés, tels que les pays scandinaves, les Pays-Bas et l’Irlande, et sur des marchés comme l’Espagne dont la concentration augmente visiblement, augurant une meilleure discipline de prix à l’avenir.


Rédigé le 11/09/2017

Sur le même thème

Weekly insights, straight to your inbox

A round-up of this week's key economic and market trends, and insights on what to expect going forward.

Veuillez saisir une adresse e-mail valide
Please check the boxes below to subscribe