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Les marchés, l’économie et le virus

Après les violentes perturbations traversées en mars, les actions mondiales se sont reprises en avril et affichent une progression mensuelle de 10,6 % (indice MSCI AC World en dollars). Cette remontée s’explique par les nombreuses mesures de soutien à l’économie et par les espoirs suscités par les perspectives de redémarrage de l’activité.

  • Les actions mondiales en baisse de 13,5 % depuis le début de l’année
  • La pire récession économique depuis la Grande Dépression
  • Le déconfinement du point de vue des investisseurs : une étape très attendue et sous haute surveillance

L’espoir malgré tout

La remontée des actifs risqués en avril s’explique par les nombreuses mesures de soutien à l’économie, qui ont été encore renforcées au cours des dernières semaines, et par les espoirs suscités par les perspectives de redémarrage de l’activité.

La reprise effective de la production en Chine a permis de relativiser la mise en œuvre des mesures de distanciation sociale et les déclarations de l’état d’urgence sanitaire ailleurs en Asie, notamment au Japon.

Dans de nombreux pays occidentaux, les gouvernements ont commencé à évoquer la levée progressive du confinement en avril ou en mai. Des informations un peu plus encourageantes sur le front médical (inflexion du nombre de nouvelles contaminations et de décès, en particulier dans les pays européens tragiquement frappés par l’épidémie comme l’Italie et l’Espagne, stabilisation à de hauts niveaux aux Etats-Unis vers la fin avril), parce qu’elles permettent l’assouplissement des restrictions de déplacements des populations, ont contribué à la meilleure tenue des actions.

Les progrès de la recherche sur les traitements et les vaccins n’en sont encore qu’à leurs débuts même si certaines informations ont semblé prometteuses aux yeux des investisseurs. 

Graphique 1 :

La hausse des actions en avril a été généralisée, les grands indices parvenant à retrouver leur plus haut depuis le 10 mars. Les marchés américains ont surperformé : +12,7 % pour le S&P 500, +15,4 % pour le Nasdaq tiré à la hausse par la progression des géants d’Internet et dont le recul par rapport à fin 2019 n’est plus que de 0,9 %. L’indice Nikkei 225 a repris 6,7 % et l’Eurostoxx 50 5,1 %. Au niveau mondial, les secteurs cycliques ont eu tendance à surperformer au détriment des valeurs défensives et des financières. La consommation cyclique et l’énergie sont en tête de palmarès. 

Des indicateurs économiques très dégradés

La publication des premières estimations du PIB au 1er trimestre aux Etats-Unis et dans la zone euro en fin de mois a toutefois contribué au repli des marchés fin avril. Au fil du mois, les indices reflétant les enquêtes d’activité, qui avaient déjà connu une nette détérioration en mars, ont continué à s’effondrer, en particulier dans le secteur des services, du commerce et de l’hôtellerie-restauration. La confiance des consommateurs a fortement baissé alors que le chômage a commencé à augmenter brutalement. A l’occasion de la publication de ses Perspectives de l’économie mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) a forgé l’expression le « Grand confinement » et indiqué qu’il serait à l’origine de « la pire récession économique depuis la Grande Dépression ». Le FMI prévoit une contraction de 3,0 % de l’économie mondiale en 2020 (-6,1 % pour les économies développées) et précise que « des résultats bien pires sont possibles et peut-être même probables ». Un rebond est attendu en 2021 (+5,8 %) mais laissera le PIB à un niveau inférieur à la tendance d’avant l’apparition du virus.

Graphique 2 :

Les inquiétudes sur la demande mondiale ont été à l’origine du recul des prix du pétrole, exacerbé par des facteurs techniques et des spécificités du marché à terme du West Texas Intermediate (WTI). Le cours du baril est ponctuellement tombé en territoire négatif le 20 avril avant de se normaliser et termine le mois à 18,8 dollars, en baisse de 8 % par rapport à fin mars. Le baril de Brent a clôturé au-dessus de 25 dollars, en hausse mensuelle de 11 %, alors que la réduction de production de près de 10 millions de barils/jour décidée par les pays de l’OPEP et leurs principaux partenaires (OPEP+) doit entrer en vigueur le 1er mai.

Apprendre à vivre avec le virus

Alors que les annonces d’assouplissement des mesures de confinement à partir d’avril ou de mai ont été bien perçues par les investisseurs en avril, leur attention va désormais se porter sur les modalités pratiques de ces stratégies de sortie et sur leurs conséquences en matière de santé publique.

Les populations et les entreprises ont déjà pris conscience qu’elles devront apprendre à « vivre avec le virus » (limitation de certaines activités, difficultés de déplacement, interdictions des grands rassemblements, port du masque, …).

Les investisseurs, qui ont dû prendre en compte au cours des dernières semaines la brutale et violente dégradation des indicateurs économiques, devront intégrer dans leurs estimations le fait que le déconfinement n’est pas le retour à la situation antérieure.

Les politiques économiques exceptionnelles mises en place en mars et avril, visant à assurer le fonctionnement normal des marchés financiers et à soutenir l’activité, se sont révélées efficaces même si certaines difficultés ont pu être constatées, notamment sur le plan budgétaire.

Les banques centrales assurent qu’elles sont déterminées à faire davantage si cela s’avère nécessaire. Les gouvernements doivent à présent proposer des plans de relance de l’activité alors que les évaluations des conséquences économiques de l’épidémie (ampleur de la récession, profil de la reprise) ne sont pas encore stabilisées.

Dans le contexte d’une reprise graduelle de l’activité économique dans les prochains mois, les informations médicales (déploiement des tests, progrès dans la recherche sur les vaccins et les traitements) pourraient retenir l’attention des investisseurs.

Les données chinoises montrent que le redémarrage peut être rapide dans le secteur industriel et plus hésitant pour la consommation cyclique et l’investissement. Pour les actifs risqués, le principal risque baissier est celui de nouveaux, ou plus longs, épisodes de confinement qui prolongeraient la récession mondiale. Un scénario plus favorable serait celui d’une maîtrise plus rapide et plus complète de l’épidémie qui permettrait une « reflation saine » des économies.


Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication, sont basées sur les informations disponibles et sont susceptibles d’être modifiées sans préavis. Chaque équipe de gestion de portefeuille peut avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients.

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent aussi bien diminuer qu’augmenter et il est possible que les investisseurs ne récupèrent pas leur mise de fonds initiale. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures.

L’investissement dans les marchés émergents, ou dans des secteurs spécialisés ou restreints, est susceptible d’être soumis à une volatilité supérieure à la moyenne en raison d’un degré élevé de concentration, d’une plus grande incertitude parce que moins d’informations sont disponibles, qu’il y a moins de liquidité ou en raison d’une plus grande sensibilité aux changements des conditions du marché (conditions sociales, politiques et économiques).

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la majorité des marchés internationaux développés. C’est pourquoi les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis dans les marchés émergents peuvent présenter un risque plus important.

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