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Le blog officiel de BNP Paribas Asset Management

L’heure du bilan (de santé)

En décembre, les actions ont résisté à deux éléments qui auraient pu, dans d’autres circonstances, être à l’origine de replis marqués des grands indices boursiers : la recrudescence de l’épidémie d’une part et le tournant moins accommodant pris par la politique monétaire américaine d’autre part.

Face à la détérioration de la situation sanitaire, les investisseurs se sont d’abord inquiétés des risques que fait peser sur la croissance mondiale la multiplication des mesures restrictives (confinement, quarantaine, limitations des voyages internationaux). La forte contagiosité du variant Omicron a été confirmée et le nombre de nouvelles contaminations dans le monde dépasse désormais les seuils atteints lors des vagues précédentes, conduisant plusieurs responsables politiques à évoquer un raz-de-marée. Toutefois, les formes sévères de la maladie sont plus rarement observées et le nombre de décès est limité. Même si ces données sont encore partielles et si de nombreuses inconnues demeurent, les investisseurs ont privilégié les nouvelles les plus encourageantes et se sont convaincus que la trajectoire de l’économie mondiale n’allait pas être bouleversée par cette vague.

L’évolution du cours du pétrole en décembre reflète les incertitudes sur la conjoncture mondiale liées au variant Omicron : en début de mois, le prix du baril de WTI était revenu vers 65 dollars, au plus bas depuis août. Il termine à 77 dollars, en hausse de 16,3 % par rapport à fin novembre.

 La Chine annonce des soutiens budgétaires et monétaires

Les conclusions du Central Economic Work Conference faisant de la « stabilité » de la croissance une priorité pour 2022 laissent envisager une politique économique plus volontariste pour soutenir l’investissement et la confiance.

Cette attitude et l’assouplissement de la politique monétaire de la banque centrale à la mi-décembre ont rassuré les investisseurs au moment où le pays a dû imposer un confinement strict dans des villes touchées par la résurgence de l’épidémie et où la consommation reste hésitante.

Les actions chinoises ont constitué un important facteur de sous-performance des indices émergents en 2021.

Les grandes banques centrales changent de ton  

La communication et les décisions des banques centrales ont également influencé les évolutions des marchés financiers au cours des dernières semaines. Si les marchés obligataires se sont dégradés en raison de la perspective d’une réduction des achats de titres et d’une remontée des taux directeurs (déjà effective au Royaume-Uni, attendue en 2022 aux Etats-Unis), les actions sont parvenues à progresser.

Les décisions de la Fed étaient assez bien anticipées et la remontée du taux directeur de la Banque d’Angleterre pas si surprenante malgré les revirements précédents. En revanche, les observateurs n’attendaient pas une feuille de route si précise de la part de la BCE sur la réduction de ses achats d’actifs à partir de mars 2022. Christine Lagarde a indiqué qu’après l’arrêt du PEPP (Pandemic emergency purchase programme), le programme « normal » (APP – Asset Purchase Programme) serait ponctuellement augmenté pour prendre le relais. Actuellement de 20 milliards d’euros, le rythme mensuel de l’APP passera à 40 milliards au 2e trimestre et 30 milliards au 3e. En 2021, le montant moyen des achats mensuels au titre du PEPP a été de 80 milliards. Les achats de titres seront donc significativement moins importants en 2022 et les chiffres annoncés par la BCE correspondent aux hypothèses les moins favorables qui avaient été envisagées. Dans ce contexte, étant donné les nombreuses émissions prévues au cours des premiers mois de l’année, les marchés périphériques ont sous-performé lors de la phase de tension des taux longs. Par rapport à fin novembre, le marché des BTP italiens a connu une nette dégradation : le taux à 10 ans s’est tendu de 21 pb pour retrouver son plus haut niveau depuis début novembre à 1,17 % et l’écart avec le taux allemand de même échéance s’est inscrit à 135 pb, au plus haut en plus d’un an.

Les actions se sont reprises en décembre

Les actions mondiales ont enregistré une hausse mensuelle de 3,9 % (indice MSCI AC World en dollars) qui porte leur progression annuelle à 16,8 %. Les marchés émergents, plus exposés à la remontée des taux américains, ont toutefois sous-performé. L’indice MSCI Emerging en dollars a gagné 1,6 % en décembre mais affiche un recul de 4,6 % par rapport à fin 2020.

Au sein des marchés développés, les actions de la zone euro ont surperformé en décembre (+5,8 % pour l’indice Eurostoxx 50), suivies par les actions américaines (+4,4 % pour l’indice S&P 500 qui a établi un nouveau record en clôture le 29 décembre) et par les indices japonais (+3,5 % pour le Nikkei 225). Outre les éléments évoqués ci-dessus, ces performances s’expliquent par une situation conjoncturelle plutôt porteuse en fin d’année, en particulier sur le front de l’emploi.

Au niveau mondial, les plus fortes surperformances ont été enregistrées par les secteurs non cycliques (services aux collectivités, consommation de base, immobilier) mais de grandes disparités existent d’un marché à l’autre, vraisemblablement parce que les transactions se sont faites dans des volumes très réduits et constituent, dans certains cas, des ajustements après les mouvements brutaux observés en novembre.

 Restons attentifs pour éviter les ornières en 2022

 La nouvelle vague de la pandémie est à l’origine du regain de nervosité sur les actions et surtout sur les obligations où, malgré un léger reflux en fin de période, la volatilité implicite sur les titres du Trésor américain (mesurée par l’indice MOVE) a terminé l’année proche de ses plus hauts niveaux depuis le printemps 2020.

Le changement de ton des banques centrales, et singulièrement de la Fed, explique les changements observés sur les courbes de taux qui s’ajustent aux perspectives de réduction des achats de titres (tapering) et de remontée des taux directeurs.

Même si la perception de risques accrus a dominé les échanges au cours de la première quinzaine de décembre, les investisseurs n’ont pas remis en question le scénario favorable de moyen terme. La demande intérieure, soutenue par l’amélioration de l’emploi et des revenus des ménages, est solide et devrait permettre à la croissance de dépasser encore nettement la tendance de long terme en 2022 et aux entreprises d’enregistrer de bons résultats.

L’hypothèse qui devient de plus en plus consensuelle est que les conséquences du variant Omicron seront limitées et de court terme. Les banques centrales n’ont d’ailleurs pas mis le risque sanitaire au cœur de leurs récentes décisions, estimant qu’il pourra retarder ou décaler la reprise -en prolongeant les contraintes sur l’offre et en réduisant la demande de services- mais pas la remettre en cause.

Les politiques monétaires exceptionnelles d’assouplissement quantitatif devraient s’interrompre en 2022 mais les banques centrales envisagent manifestement d’avancer avec prudence sur la voie de la normalisation de leurs taux directeurs et de la taille de leurs bilans.

Bien sûr, une inflation durablement élevée est le principal risque qui pèse sur ce scénario. Un éventuel désancrage des anticipations inflationnistes se traduirait en effet par des tensions sur les taux longs et par des attentes de resserrement monétaire plus rapide, créant un environnement beaucoup moins favorable pour les actions dont les valorisations sont déjà élevées. Ce thème sera surveillé de près, par les investisseurs comme par les banquiers centraux, et la réactivité en matière d’allocation d’actifs s’imposera.


Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de la publication, sont fondées sur les informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion de portefeuille peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients. Le présent document ne constitue pas un conseil en investissement.

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