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Mise à jour hebdomadaire – 12 mai 2021 – Nervosité grandissante

La nervosité des investisseurs, qui devenait palpable depuis l’accès de faiblesse des actions le mardi 4 mai, est-elle en train de s’imposer ? Deux baisses consécutives des actions mondiales lundi et mardi, suivies d’un recul de la plupart des marchés asiatiques et d’une ouverture en baisse des bourses européennes mercredi 12 semblent valider cette hypothèse.

La nervosité des investisseurs, qui devenait palpable depuis l’accès de faiblesse des actions le mardi 4 mai, est-elle en train de s’imposer ? Deux baisses consécutives des actions mondiales lundi et mardi, suivies d’un recul de la plupart des marchés asiatiques et d’une ouverture en baisse des bourses européennes mercredi 12 semblent valider cette hypothèse.

L’argument d’une correction logique après les nouveaux records en clôture établis par les indices américains (Dow Jones 30 et S&P 500) le 7 mai et une progression de 10 % de l’indice MSCI AC World (en dollars) depuis le début de l’année (au 7 mai) peut aussi être entendu. Toutefois, même dans une situation où les valorisations sont tendues, toute baisse nécessite un catalyseur.

Les réactions sur les marchés financiers à la publication des indicateurs économiques depuis quelques jours peuvent permettre de comprendre comment raisonnent les investisseurs à l’heure actuelle.

Le mystère de l’emploi américain

La publication du rapport sur l’emploi aux Etats-Unis est un des grands rendez-vous mensuels. Vendredi dernier, la surprise a été de taille. Après un chiffre impressionnant en mars, les créations d’emploi en avril sont ressorties très nettement sous les attentes des économistes qui prévoyaient un million de créations nettes. Le Bureau of Labor Statistics en a annoncées seulement 266 000 et révisé à la baisse le chiffre de mars (à 770 000).

Il est difficile de trouver une explication satisfaisante à cet écart spectaculaire par rapport aux attentes même si le volet « enquête auprès des entreprises » du rapport sur l’emploi n’est pas réputé pour être une statistique très fiable. Certains évoquent les indemnisations chômage fédérales (300 dollars supplémentaires par semaine), qui, ajoutées à d’autres éléments (peur de tomber malade, difficultés à faire garder ses enfants, …), conduiraient les employés les moins bien payés à ne pas accepter un emploi. Le système des « temporary layoffs », qui a permis une nette accélération des créations d’emploi l’été dernier lorsque les gens ont simplement récupéré leur poste à la réouverture des entreprises, touche peut-être ses limites. C’est désormais via des processus de recrutement traditionnels (et donc plus longs) que les gens sont embauchés. La hausse du chômage de long-terme (supérieur à 6 mois selon les standards américains), qui dépasse 4 millions depuis janvier contre 1,3 million en moyenne en 2019, montre aussi qu’il peut commencer à exister des inadéquations entre offre et demande de travail.

Une mauvaise nouvelle peut en cacher une bonne (et réciproquement)

Alors que les progrès des campagnes de vaccinations, les preuves de l’efficacité des vaccins et les perspectives de réouverture des économies renforcent le scénario d’un fort rebond de la croissance à l’été, une accélération de l’inflation reste le principal risque aux yeux des investisseurs.

Les doutes suscités par la situation du marché du travail ont renforcé la crédibilité du discours très accommodant de la Réserve fédérale américaine et permis aux actions américaines de progresser après la publication du rapport mais la fébrilité persiste et les taux longs sont repartis à la hausse.

Depuis le début de la semaine, tous les éléments allant dans le sens du risque inflationniste ont été mis en avant : hausse des cours des matières premières, cyberattaque paralysant un oléoduc aux Etats-Unis susceptible d’entrainer une envolée des prix de l’essence, nouvelle accélération des prix à la production en Chine (au plus haut en 3 ans et demi). L’inflation allemande harmonisée est ressortie à 2,1 % en glissement annuel en avril, et est au-dessus de l’objectif de la Banque centrale européenne depuis deux mois. La perspective de la voir dépasser 3 % cette année bouscule les habitudes. Dans ce contexte, l’appétit pour les obligations indexées sur l’inflation est analysé comme un signe d’accélération des anticipations inflationnistes qui alimente à son tour, les craintes inflationnistes.

Des inquiétudes inflationnistes excessives ?

Le discours des banques centrales n’a pourtant pas varié : les pressions haussières sur l’inflation sont considérées comme temporaires et liées à des effets de base et à la normalisation des prix dans les secteurs dont l’activité avait été paralysée par les conséquences de la pandémie. L’analyse de la Commission européenne à l’occasion de ses prévisions de printemps publiées le 12 mai est équivalente : après 1,7 % en 2021, l’inflation de la zone euro devrait refluer à 1,3 % en 2022 tandis que la croissance resterait solide (à 4,3 % cette année puis 4,4 % en 2022).

Les commentaires des banquiers centraux visent à faire refluer les attentes de la mise en place de politiques monétaires moins accommodantes mais les nuances apportées suffisent parfois à relancer les spéculations.

Les tensions sur les taux longs depuis quelques jours sont d’ailleurs plus importantes dans la zone euro qu’aux Etats-Unis où le cadre de politique monétaire de la Réserve fédérale lui permet de tolérer (voire de rechercher) une inflation au-dessus de l’objectif de 2 %. Le 11 mai, le rendement du Bund allemand est revenu brusquement vers -0,16 %, au plus haut depuis fin mai 2019 alors que le rendement du T-note à 10 ans, après être monté à près de 1,75 % fin mars, évolue désormais autour de 1,60 % et n’a pas encore dépassé les niveaux qui prévalaient début 2020.

Les perspectives restent favorables

Nos indicateurs maison de suivi de la « température » sur les actions sont entrés dans une phase d’alerte en avril. Ils demeurent tendus alors que les stratégies de couverture ont eu tendance à se multiplier sur les actions américaines. Les portefeuilles des investisseurs individuels et les fonds CTA (Commodity Trading Advisors) restent fortement exposés aux actions.

Dans ce contexte, la nervosité devrait continuer à gouverner les évolutions des actions à court terme mais, compte tenu des fondamentaux favorables, sur le plan macro et microéconomique, à moyen terme, nous considérons les corrections comme des opportunités de renforcer notre exposition aux actions.


Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de la publication, sont fondées sur les informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion de portefeuille peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients. Le présent document ne constitue pas un conseil en investissement.

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent évoluer à la baisse comme à la hausse, et les investisseurs sont susceptibles de ne pas récupérer leur investissement initial. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Les investissements sur les marchés émergents ou dans des secteurs spécialisés ou restreints sont susceptibles d'afficher une volatilité supérieure à la moyenne en raison d'un haut degré de concentration, d'incertitudes accrues résultant de la moindre quantité d'informations disponibles, de la moindre liquidité ou d'une plus grande sensibilité aux changements des conditions de marché (conditions sociales, politiques et économiques). Pour cette raison, les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis sur les marchés émergents peuvent être plus risqués.

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