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Mise à jour hebdomadaire – 13 janvier 2021 – Des vents contraires se lèvent mais les marchés résistent

Après le rally de fin d'année, les actions mondiales marquent une petite pause alors que se sont levés plusieurs vents contraires. A moyen terme, les actifs risqués devraient être soutenus par l'abondance de liquidités des banques centrales et la perspective, aux États-Unis, de nouvelles mesures de relance budgétaire. A court terme, la prudence s’impose.

Vers des confinements plus stricts

De nouvelles preuves de la propagation rapide de la pandémie de Covid-19 à l’occasion des fêtes de fin d’année, ainsi que l'émergence de nouveaux variants du virus, ont conduit les autorités à prendre des mesures strictes. En Europe, le gouvernement néerlandais a prolongé le confinement de trois semaines et la chancelière allemande, Angela Merkel, a averti que les mesures strictes pourraient rester d’actualité pendant encore 8 à 10 semaines. La France, elle aussi, s'oriente vers un confinement plus drastique tandis que le débat au Royaume-Uni se concentre sur la nécessité de mesures plus draconiennes. En Asie, l'impact du virus se fait toujours sentir, le Japon a déclaré un état d'urgence « limité » à Tokyo et dans la région.

Ces nouvelles restrictions sont rendues nécessaires par les tensions observées dans les hôpitaux (particulièrement manifestes en Europe et aux États-Unis). Elles devraient peser sur l'activité économique au premier trimestre et retarder la reprise permise par la vaccination de masse.

Le déploiement des vaccins a été lent jusqu'à présent. Fin 2020, les Etats-Unis n’avaient pas respecté leurs objectifs en la matière. En Europe, c’est seulement maintenant que l’accélération devient visible. Même si le rythme des vaccinations devrait continuer à s'accélérer, les risques restent élevés : éventuelle inefficacité face aux nouvelles mutations du virus, méfiance de la population qui retarde le processus.

 Les marchés se concentrent sur la politique… économique

Aux États-Unis, les Démocrates ont voté un article de destitution à la Chambre pour contraindre Donald Trump à rendre compte des violences qui ont éclaté au Capitole la semaine dernière. Toutefois, les marchés devraient continuer à largement négliger ces tensions politiques. Leur attention est retenue par le soutien continu apporté par les mesures de relance budgétaire et monétaire en place, le très bas niveau des taux d'intérêt et la campagne de vaccination.

À plus long terme, les marchés actions sont soutenus par la perspective que le retour à une « vie normale » se traduise par un net rattrapage de l’activité alors que la demande insatisfaite pendant la crise sanitaire est sans précédent.

Les victoires remportées la semaine dernière par le Parti Démocrate à l'issue des élections sénatoriales en Géorgie ont suscité des espoirs de mesures supplémentaires de relance budgétaire aux États-Unis. Les nouvelles mesures pourraient s’élever à 1 000 milliards environ en 2021, dont 350 milliards d’aides directes aux ménages, et devraient permettre à la croissance américaine de dépasser 4 % en 2021.

L’hypothèse de la reflation reste entière pour les investisseurs

En se positionnant pour un scénario de reflation de l’économie américaine, les investisseurs ont massivement vendu des titres du Trésor américain et envoyé les points morts d'inflation américains à 10 ans au-dessus de 2 %. Dans ce contexte, les courbes de taux se sont pentifiées partout dans le monde. Des effets de base devraient également pousser l'inflation à la hausse, mais il y a peu de chances pour que la Réserve fédérale réduise ses achats d'actifs jusqu'en 2023. Plusieurs membres de la Réserve fédérale ont répété que la politique monétaire accommodante devrait persister jusqu'à ce que des progrès substantiels soient accomplis sur le double mandat de l'inflation et de l'emploi.

L’heure de vérité pour les actions

Ce contexte amène à se poser des questions sur les actions. La rotation vers les titres « value » sous l’hypothèse de croissance et d'inflation plus élevées devraient se poursuivre. Les primes de risque des actions américaines, qui sont passées en dessous de leurs moyennes à 15 ans, pourraient dorénavant constituer un frein à la poursuite de la hausse, en particulier pour les valeurs de croissance. Ces considérations viennent s’ajouter à de possibles hausses d'impôts et à un éventuel durcissement des réglementations sous une administration démocrate.

Cependant, la reprise permise par la vaccination de masse, en particulier au second semestre de cette année, pourrait conduire les analystes financiers à réviser à la hausse encore davantage les prévisions de bénéfices pour 2021.

Comme pour les actions, les valorisations se sont tendues sur le marché du crédit à l’occasion du rally de fin d'année. Les fondamentaux permettent d’envisager une nouvelle compression limitée des spreads, les taux de défaut ayant atteint un sommet au début du trimestre à 7 % et 6 %, respectivement, aux États-Unis et en Europe.

La politique monétaire expansionniste des banques centrales à l'échelle mondiale et les rendements réels américains en territoire profondément négatif continuent de soutenir les cours de l'or. La tendance baissière du dollar pourrait se poursuivre au cours de l'année, la Fed réaffirmant son biais accommodant.

Les devises qui, jusqu’à présent, n’ont pas pleinement profité de la reprise, ainsi que les devises émergentes cycliques et à haut rendement devraient surperformer dans un contexte d'amélioration des termes de l'échange. Les conditions financières favorables peuvent continuer de bénéficier aux marchés émergents, parallèlement au déploiement de vaccins contre la Covid-19 moins chers et posant moins de problèmes de logistique.

A partir de maintenant, le principal risque est que cette vague de l’épidémie s’avère plus sévère que prévu, ce qui entraînerait un ralentissement économique plus prolongé et de nouvelles pressions sur les fondamentaux des entreprises.


Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication, sont basées sur les informations disponibles et sont susceptibles d’être modifiées sans préavis. Chaque équipe de gestion de portefeuille peut avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients.

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