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Quelle évolution pour les marchés actions au second semestre ?

Après l'effondrement de la demande qui a marqué l’année 2020, la reprise économique se confirme grâce, notamment, aux vastes plans de relance budgétaire des États et à la faiblesse historique des taux d'intérêt. Dans ce contexte, l’inflation devrait s’accélérer, en particulier dans les secteurs durement touchés par l'effondrement de leur activité suite à la pandémie de Covid-19.

Comme l’affirment les grandes banques centrales, s’agira-t-il simplement d'un choc inflationniste temporaire dû à la reprise de l’économie ? Dans quelle mesure un pic d'inflation, même relativement court, risque-t-il provoquer la « normalisation » des valorisations des actions ?

Les dernières données relatives à l'inflation sont-elles inquiétantes ?

L’économie américaine ayant été la première - parmi les grands pays occidentaux - à sortir de la récession liée aux mesures de confinement, les investisseurs, en obligations mais aussi en actions, suivent de près l'évolution de l’inflation et plus particulièrement la réaction de la Réserve fédérale et, plus particulièrement, le moment où elle pourrait passer à l’acte.

La hausse de l’inflation sous-jacente en avril s’est révélée supérieure aux attentes, atteignant même le rythme le plus élevé depuis le milieu des années 1990. Avec la réouverture des économies, les secteurs fortement pénalisés l'an dernier ont vu leur prix augmenter fortement : les hôtels, les grands événements sportifs, les billets d'avion, les voitures d'occasion et les locations de véhicules.

Les chaînes d'approvisionnement de certains secteurs sont également malmenées : les prix des téléviseurs, des appareils électroniques et des jouets ont tous fortement augmenté.

A l’approche de l’été, les prix pourraient augmenter dans les secteurs du transport, du divertissement et de l'hôtellerie. À mesure que l'économie va retrouver un semblant de normalité, ces pressions haussières sur les prix devraient toutefois se stabiliser, conformément aux prévisions de la Fed, qui estime que cette évolution est transitoire. Cette hypothèse explique l'attitude conciliante de la banque centrale américaine sur la nécessité de réviser sa politique monétaire cette année et en 2022.

Néanmoins, à plus long terme, la démondialisation (moindre compétition sur les prix), les mesures de relance massives des États et les tendances démographiques (vieillissement de la population) pourraient finir par entrainer une augmentation plus durable de l'inflation et, in fine, susciter une intervention de la banque centrale.

A quoi s’attendre sur les marchés actions ?

Deux questions se posent : l’impact positif de taux d’intérêt bas sur les marchés actions va-t-il s’interrompre, ou alors, la croissance des bénéfices peut-elle devenir le principal moteur de la performance des actions ?

Selon nous, nous devrions assister à une augmentation plus rapide des bénéfices que des cours de bourse, ce qui, avec le retour à des régimes plus normaux de volatilité, devrait offrir des points d'entrée intéressants aux investisseurs. Selon notre indicateur maison de « température » des marchés, ce moment ne saurait tarder.

En effet, l'un des catalyseurs potentiels pourrait être une surchauffe de l'économie américaine, l'avalanche de mesures de relance entraînant une réduction de l'écart de production (output gap) et un désencrage des anticipations inflationnistes. Cela pourrait obliger la Fed à relever ses taux directeurs, peut-être plus tôt que ce que le marché prévoit actuellement.

Autre possibilité, que les fortes augmentations d'impôts destinées à financer les mesures de relance du gouvernement américain, qui représentent plusieurs milliers de milliards de dollars, pèsent sur le moral des investisseurs et la croissance des bénéfices des entreprises.

Les dernières publications de bénéfices des entreprises américaines ont pourtant largement dépassé les anticipations des analystes. Cette situation est de bon augure pour le marché actions, alors que les campagnes de vaccination s'accélèrent, qu’un nombre croissant de pays lèvent les restrictions sanitaires et que la demande va augmenter.

Au-delà des actions américaines

Compte tenu de la progression soutenue jusqu’alors et des valorisations élevées des actions américaines, certains investisseurs envisagent de se positionner sur les actions européennes. Selon nous, la perspective d’une hausse des taux d'intérêt et des impôts aux États-Unis, alors que les valorisations relatives sont plus attractives en Europe, pourrait justifier une telle approche.

Les actions des marchés émergents ont surperformé depuis le mois de novembre dernier grâce aux bonnes nouvelles sur le front des vaccins, mais elles sont restées à la traîne depuis lors. Nous pensons néanmoins qu’elle pourrait à nouveau surperformer en raison de leur profil cyclique, de l’apaisement des relations commerciales sino-américaines et de la dépréciation du dollar américain.

Toutefois, la hausse des taux d'intérêt américains pourrait réduire l'attractivité des investissements dans les pays émergents, même si les entrées de capitaux étrangers demeurent soutenues. De plus, la croissance du PIB chinois, qui est un moteur fondamental de la croissance des marchés émergents, pourrait décevoir puisque le gouvernement met en place uen politique de désendettement.

Concrètement, l'activité récente sur le marché laisse envisager de plus en plus nettement un repli des actions. Dans ce contexte, la nervosité devrait persister à court terme, mais compte tenu de la solidité des fondamentaux à moyen terme, les corrections potentielles pourraient permettre aux investisseurs de renforcer leur exposition aux actions.

Écoutez également le podcast avec Christophe Moulin, Responsable de la gestion Multi-actifs, dans lequel il évoque la perspective d’une reprise économique synchronisée au second semestre qui devrait soutenir les actifs risqués : matières premières, actions en général et, plus spécifiquement, les actions émergentes.


Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de la publication, sont fondées sur les informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion de portefeuille peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients. Le présent document ne constitue pas un conseil en investissement.

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent évoluer à la baisse comme à la hausse, et les investisseurs sont susceptibles de ne pas récupérer leur investissement initial. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Les investissements sur les marchés émergents ou dans des secteurs spécialisés ou restreints sont susceptibles d'afficher une volatilité supérieure à la moyenne en raison d'un haut degré de concentration, d'incertitudes accrues résultant de la moindre quantité d'informations disponibles, de la moindre liquidité ou d'une plus grande sensibilité aux changements des conditions de marché (conditions sociales, politiques et économiques). Pour cette raison, les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis sur les marchés émergents peuvent être plus risqués.

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