BNP AM

Le blog officiel de BNP Paribas Asset Management

Quels secteurs sortent leur épingle du jeu quand la Fed durcit le ton ?

Alors que la Réserve Fédérale (Fed) a entamé son processus de relèvement des taux d’intérêt, bien que par intermittence, les investisseurs se sont rapidement inquiétés des perspectives des marchés d’actions. Selon les idées reçues, ceux-ci souffrent des hausses de taux. Cette vision s’appuie en particulier sur l’expérience de 1994, quand une série de relèvements successifs a plombé la performance des marchés.

Cependant, un exemple ne suffit clairement pas à établir une analyse d’investissement. La prise en compte de toutes les périodes de hausses des taux depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale offre en revanche déjà plus de clarté. Nous pouvons aussi analyser la performance des secteurs économiques, vu que l’augmentation des taux d’intérêt affecte certains modèles d’entreprise plus que d’autres.

Alors que la Réserve Fédérale (Fed) a entamé son processus de relèvement des taux d’intérêt, bien que par intermittence, les investisseurs se sont rapidement inquiétés des perspectives des marchés d’actions. Selon les idées reçues, ceux-ci souffrent des hausses de taux. Cette vision s’appuie en particulier sur l’expérience de 1994, quand une série de relèvements successifs a plombé la performance des marchés.

Cependant, un exemple ne suffit clairement pas à établir une analyse d’investissement. La prise en compte de toutes les périodes de hausses des taux depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale offre en revanche déjà plus de clarté. Nous pouvons aussi analyser la performance des secteurs économiques, vu que l’augmentation des taux d’intérêt affecte certains modèles d’entreprise plus que d’autres.

Nous avons combiné les anciens indices S&P avec les versions GICS plus récentes pour créer une série continue depuis 1945. Nous avons alors identifié 19 périodes de hausses des taux d’intérêt et calculé le rendement des secteurs par rapport à l’indice S&P 500. Les résultats figurent dans le tableau ci-dessous.

Graphique 1 : Rendement des secteurs par rapport à l'indice S&P 500 depuis 1945 dans l'année suivant le premier tour de vis

sectors and the fed FR

Premier point notable : les rendements du S&P 500 sont généralement positifs dans l’année qui suit la première hausse des taux, ce qui représente un « taux de réussite » de 53 %. Le rendement moyen corrigé de l’inflation ressort à 1,8 %. Deux facteurs ont influencé la capacité des actions à progresser malgré la hausse des taux : l’inflation et le rythme de durcissement. Quand l’inflation était relativement élevée et que la Fed relevait ses taux afin de la contenir, l’indice S&P fléchissait généralement (mais pas systématiquement). Les périodes de relèvements modestes (moins de 200 points de base) des taux d’intérêt correspondent aussi à des périodes de marchés haussiers, sauf en 1958 et 1978, le S&P s’est apprécié malgré un resserrement de près de 300 pb.

Chaque période est unique et l’historique ne permet pas de tirer des conclusions directes. Toutefois, l’environnement actuel correspond davantage aux périodes de faible inflation et de relèvements très progressifs du passé, ce qui suggère que la politique de la Fed n’est pas le seul facteur du repli des marchés boursiers, mais que d’autres entrent en jeu également.

Certains secteurs économiques du S&P 500 se sont révélés plus prévisibles durant un cycle de durcissement. Les deux secteurs qui surpassaient généralement l’indice S&P étaient la technologie (63 % du temps avec un rendement relatif moyen de 5,4 %) et l’industrie, à raison de 74 % du temps et d’un rendement moyen de -1,6 %. De ces deux secteurs, la technologie est probablement le plus intéressant dans le contexte actuel grâce à sa dynamique et de la nécessité des entreprises d’y investir pour réduire les coûts. La faiblesse persistante du secteur manufacturier, tant aux États-Unis qu’ailleurs, risque d’empêcher les bénéfices de l’industrie de progresser autant que par le passé. Le secteur des soins de santé ne bat l’indice S&P qu’un peu plus que la moyenne, à raison de 58 % du temps, mais il a enregistré une surperformance moyenne positive par rapport à l’indice S&P. Selon nous, le secteur reste aujourd’hui intéressant, même si la croissance des bénéfices des entreprises résulte des restructurations qui ont suivi l’entrée en vigueur de l’« Affordable Care Act ».

Parmi les secteurs systématiquement en retrait figurent les services aux collectivités et la finance, qui n’ont battu l’indice S&P que 26 % et 32 % du temps respectivement. La prudence est pour l’heure probablement de mise concernant ces deux secteurs. Grâce à la quête de rendement des investisseurs, le multiple de l’indice S&P des services aux collectivités est 30 % supérieur à sa moyenne à long terme. Le secteur financier est confronté à des défis d’ordre réglementaire et à une faiblesse chronique des taux d’intérêt qui entrave la rentabilité.

Outre la performance de l’indice S&P 500, l’évolution du dollar est aussi digne d’intérêt en raison des fortes fluctuations de sa valeur depuis le début de la crise financière mondiale. La valeur nominale du dollar pondérée par les échanges a en moyenne augmenté au moment des relèvements de taux de la Fed, mais seulement modestement à raison de 57 % du temps. Sa valeur avait davantage tendance à augmenter lorsque la Fed resserrait ses taux d’au moins 175 points de base, et à baisser en cas de durcissement moins important. Vu l’anticipation d’un durcissement potentiel de 50 pb cette année, il n’est pas certain que le dollar s’apprécie. À noter que les politiques d’affaiblissement des devises menées par la Banque centrale européenne et la Banque du Japon changent cette fois la donne. Même si elles représentent environ un quart de l’indice, elles pourraient suffire à provoquer quand même une remontée du dollar.

Vu la faiblesse des rendements obligataires et les plans de durcissement monétaire de la Fed, même progressifs, les actions apparaissent toujours comme une classe d’actifs relativement attrayante. Mettre plus particulièrement l’accent sur les secteurs notoirement plus résistants par le passé devrait toutefois permettre de doper les rendements boursiers potentiels.

Sur le même thème

Weekly insights, straight to your inbox

A round-up of this week's key economic and market trends, and insights on what to expect going forward.

Veuillez saisir une adresse e-mail valide
Please check the boxes below to subscribe