L’avenir s’annonce brillant pour les actions émergentes

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De nombreux investisseurs ont été consternés par la sous-performance des actions des marchés émergents par rapport à celles des marchés développés au cours des dernières années (cf. graphique 1 ci-dessous) :

Graphique 1 : Au cours des dernières années, les rendements des actions émergentes sont restés à la traîne par rapport à ceux des marchés développés (le graphique illustre les performances relatives des indices MSCI marchés émergents et MSCI marchés des pays développés entre le 14/01/2015 et le 04/04/2017)

actions émergents

Source : BNP Paribas Asset Management, Bloomberg au 04/04/2017

Le rebond récent de la performance relative des actions des marchés émergents en comparaison avec leurs homologues des marchés développés (cf. graphique 2 ci-dessous) soulève la question de savoir s’il s’agit d’un redressement structurel ou simplement d’un retournement de tendance temporaire.

Graphique 2 : Les actions émergentes ont rebondi après la cession consécutive à l’élection de Donald Trump en novembre 2016 (le graphique montre la performance des indices MSCI marchés émergents et MSCI marchés des pays développés entre le 10/10/2016 et le 04/04/2017)

actions émergentes

Source : BNP Paribas Asset Management, Bloomberg au 4 avril 2017

Dans cet article, nous étudions ce que nous considérons comme étant des mauvaises perceptions sur lesquelles reposent les opinions négatives envers cette classe d’actifs. Dans un deuxième article, nous examinerons les raisons pour lesquelles nous pensons qu’un avenir brillant attend les actions des marchés émergents.

Mauvaises perceptions

À notre avis, deux idées négatives différentes, bien que liées entre elles, circulent actuellement au sujet des actions des marchés émergents, à savoir :

(i) les actions émergentes sont intimement liées au cours des matières premières et le supercycle des matières premières ne repassera pas de sitôt par son paroxysme.

(ii) la croissance économique des marchés émergents dépend fondamentalement de la Chine, dont l’expansion économique se ralentira considérablement à l’avenir.

La notion selon laquelle les marchés émergents sont exposés de manière disproportionnée aux matières premières est, à notre avis, erronée. L’indice MSCI marchés émergents IMI (Investible Market Index) n’est pas plus exposé aux secteurs de l’énergie et des matériaux que l’indice MSCI mondial IMI, toutes capitalisations confondues.

On aurait tort de croire également que les économies émergentes sont exposées de façon disproportionnée aux matières premières. Si les secteurs afférents représentaient une partie importante des économies émergentes, alors la demande de biens de consommation dépendrait des cours de l’énergie et des matériaux. Or, il n’en est rien. Même si le secteur minier des économies émergentes est deux fois plus important que celui des économies développées, il reste plutôt limité en chiffres absolus (il ne représente que 3,5 % de la valeur ajoutée brute dans les économies émergentes contre 1,7% dans les économies développées). Le secteur manufacturier représente une part relativement plus grande de la valeur ajoutée brute, aussi bien dans les économies émergentes que sur les marchés développés, tandis que le secteur des services est encore bien plus important (cf. graphique 3).

Graphique 3 : L’analyse de la valeur ajoutée brute générée par les principaux secteurs économiques des marchés émergents et développés n’indique pas que les économies émergentes sont excessivement dépendantes des matières premièresactions émergentes

Derniers chiffres disponibles au 31 janvier 2017. Source : Haver Analytics, BNP Paribas Asset Management.

Chine

Le boom de la Chine au cours de la dernière décennie reposait principalement sur ses investissements dans des immobilisations. C’est d’ailleurs ce qui a suscité son appétit insatiable de matières premières. À titre d’exemple, entre 2009 et 2011, la Chine a consommé plus de béton pour ses routes, ses voies ferrées, ses barrages, ses ponts, ses usines et ses bâtiments que ne l’ont fait les États-Unis pour construire leurs infrastructures au cours de la totalité du XXe siècle. Comme la Chine importait du cuivre du Chili, du soja du Brésil, du minerai de fer d’Australie, du charbon d’Indonésie, etc., elle n’a pas seulement été à l’origine de profits liés au commerce international, mais elle a également encouragé le déploiement de grands projets d’infrastructures accompagnés de formidables externalités.

La croissance des investissements de la Chine dans des immobilisations a désormais atteint un plafond et les cours des matières premières se sont effondrés. Nous sommes passés d’un boom global de la Chine à la crainte d’un fiasco chinois. Cet argument pessimiste a l’air logique car il repose sur l’idée que la croissance économique chinoise est une simple créature de l’État décidant des investissements en infrastructures, idée qui semble confirmée par le ralentissement de la croissance du PIB et le vieillissement de la population.

À notre avis, cette analyse omet de prendre en compte la transition économique qui a lieu en Chine, soit le passage d’une économie fondée sur le déploiement de capitaux à une économie qui obtient un retour sur son capital investi. Les vieilles politiques macroéconomiques – reposant sur des taux d’intérêt artificiellement bas et un strict contrôle des capitaux – font progressivement place à des taux d’intérêt réels définis par le marché qui obligent à améliorer la productivité et devraient entraîner un mouvement de capitaux des entreprises publiques vers des entreprises privées plus performantes.

La Chine commence à ouvrir son économie et c’est le marché qui définit de plus en plus le taux de change du renminbi. Plus l’utilisation du renminbi se développe pour le commerce et les investissements internationaux, plus l’impact des fluctuations du dollar américain sur les marchés émergents diminuera.

Comme la Chine exporte des produits à faible valeur ajoutée vers ses voisins asiatiques, ces pays devront devenir plus productifs, déclenchant ainsi de nouvelles opportunités d’investissement. Les différences de rendement entre les secteurs économiques devraient s’accroître en raison de la plus grande productivité associée à l’accès aux hautes technologies Cela créera, pour les investisseurs dynamiques, plus d’opportunités de générer de l’alpha de façon ascendante .


Date de publication : 11 avril 2017

Cet article est adapté d’un texte de Daniel Morris et Quang Nguyen. L’article peut être consulté dans son intégralité en cliquant ici.

Les investissements sur les marchés émergents ou dans des secteurs spécialisés voire restreints risquent d’être affectés par une volatilité supérieure à la moyenne en raison d’un haut degré de concentration, d’une plus grande incertitude due au manque d’information, à une liquidité plus faible ou à une plus grande sensibilité aux fluctuations des conditions du marché (conditions sociales, politiques et économiques).

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la plupart des marchés développés internationaux. C’est pourquoi les opérations sur portefeuilles et les services de liquidation et de conservation pour des fonds investis dans des marchés émergents peuvent comporter un risque plus élevé.

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