Le changement climatique et les risques pour l’agriculture américaine

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Une modélisation détaillée réalisée par des climatologues, agronomes et spécialistes de l’environnement d’Europe et des États-Unis les a amenés à conclure qu’un stress hydrique causé par la chaleur risque d’avoir des conséquences catastrophiques sur le rendement des principales cultures vivrières, telles que le blé, le maïs et le soja.

Dans un article intitulé « Les observations et une modélisation des cultures mettent en évidence les conséquences invariablement négatives des températures élevées sur les récoltes américaines », publié le 19 janvier dans le journal Nature Communications, les scientifiques déclarent que l’accélération de la fréquence des périodes de croissance prolongées, durant lesquelles les températures oscillent entre 30°C et 36°C durant la journée, risque d’entraîner des pertes allant jusqu’à 40 % pour le soja, 49 % pour le maïs et 22 % pour le blé d’ici à la fin du siècle.

Les scientifiques ont modélisé de vastes zones de production de ces céréales aux États-Unis, car ce pays est le plus grand producteur de soja et de maïs et le deuxième producteur de blé. Ils ont ainsi découvert que le stress hydrique dû à la chaleur était la principale cause de baisse des récoltes lorsque la température excédait 30°C, car les plantes recherchent plus d’eau lorsqu’il fait chaud et l’approvisionnement en eau par le sol diminue à mesure que les réserves d’eau s’épuisent. Les plantes tentent alors instinctivement de limiter les pertes hydriques en refermant leurs stomates – qui leur permettent d’absorber le CO2 dans leurs cellules – coupant ainsi leur moteur de croissance par photosynthèse, ce qui entraîne une baisse de rendement.

Leurs découvertes ont aussi confirmé que les rendements sont moins impactés dans les zones irriguées, qui subissent moins de stress hydrique, par rapport aux zones qui dépendent uniquement de l’eau de pluie. Cependant, alors que le réchauffement climatique risque d’accélérer la fréquence des périodes de sécheresse, il risque aussi de limiter la quantité d’eau disponible pour l’irrigation, notamment via les systèmes traditionnels qui consomment d’énormes volumes.

Si le rendement des principales cultures baissait autant que le suggère l’article mentionné plus haut, les conséquences sur les plans humain et économique seraient considérables. Les trois cultures modélisées représentent 62 % de l’ensemble des terres arables des États-Unis. Un recul de 49 % du rendement du maïs américain (sur la base des valeurs de 2015) représenterait une perte de quelque 29 milliards d’USD. À l’échelle mondiale, la sécurité alimentaire devrait atteindre un point critique. D’ici à 2050, la population mondiale devrait compter environ 9.7 milliards d’individus selon les estimations, ce qui signifie que les agriculteurs devront produire assez pour nourrir près de 2.4 milliards de personnes supplémentaires, provenant essentiellement d’Afrique et d’Asie, car ces deux continents risquent de souffrir le plus des températures extrêmes et du stress hydrique.

Les gérants de fonds environnementaux de BNP Paribas Asset Management suivent attentivement ces problèmes techniques, financiers et sociétaux. Ils évaluent leurs aspects pratiques et cherchent en permanence à investir dans des entreprises qui offrent des solutions innovantes aux principaux défis de l’humanité.


Publié le 29 mars 2017

Alexandre Jeanblanc

Investment Specialist, SRI

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