Changement climatique : le ciel se dégage-t-il ?

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Bonnes nouvelles sur le front du changement climatique. Premièrement, après le succès de la 21e Conférence des parties (COP21) qui s’est tenue à Paris à la fin de l’année dernière, les émissions de gaz à effet de serre (GES) semblent avoir diminué. Deuxièmement, cette diminution n’est pas uniquement attribuable au ralentissement économique et à la contraction de la production, des transports, etc. En effet, des changements positifs et volontaristes commenceraient à produire leurs effets et rapprocheraient le monde du niveau qui devrait permettre de contenir le réchauffement climatique à moins de 2 degrés Celsius.

En 2015, les émissions de CO2 liées aux énergies se sont stabilisées pour la deuxième année consécutive, comme l’indique le tableau ci-dessous. À noter que les plus gros émetteurs, qui sont aussi les plus grandes puissances économiques mondiales, à savoir la Chine et les États-Unis, parviennent à réduire leur empreinte carbone. Cette évolution est particulièrement intéressante selon nous, car elle confirme le découplage entre baisse des émissions de dioxyde de carbone et croissance économique.

Les énergies renouvelables jouent un rôle crucial

En 2015, près de 90 % de la nouvelle production d’électricité impliquaient les énergies renouvelables, l’éolien à lui seul représentant la moitié de ce volume. En outre, le charbon a été moins utilisé dans la production électrique. Voilà un pas dans la bonne direction, certes, mais cela ne suffira pas et la route est encore longue. Pour limiter le réchauffement mondial à 2°C, les émissions du CO2 qui piège la chaleur doivent tomber à zéro à la seconde moitié du siècle.

Les émissions mondiales de CO2 se sont stabilisées

Tableau publié le 23 mars dernier par l’économiste Raymond van der Putten de l’équipe dédiée aux Économies de l’OCDE chez BNP Paribas

Les données publiées avant la COP21 tiraient déjà la sonnette d’alarme. Octobre 2015 était le mois le plus chaud jamais observé et les sept mois les plus chauds avaient également été enregistrés en 2015. Les chiffres confirmaient également que la moitié de la hausse des températures mondiales dans la zone contrôlable des 2°C était déjà consommée.

Certains scientifiques vont même jusqu’à dénoncer le plafond des 2⁰C, jugeant que ce trompe-l’œil donne l’impression que l’objectif est atteignable et que sa réalisation permettrait de contenir le réchauffement climatique. Quoi qu’il en soit, il est impératif de passer à l’action et de dépasser les engagements  de réduction des GES pris à la COP21.

La lutte contre le changement climatique : une question d’argent

Dans le secteur financier, le risque systémique lié au réchauffement climatique, et notamment les retombées sur les compagnies d’assurance et de réassurance, les propriétaires d’actifs et les financiers font l’objet de plus en plus d’études. Qu’ils gèrent leurs propres actifs ou ceux de tiers comme les gestionnaires d’actifs et les fonds de pension, un nombre croissant d’investisseurs prennent position.

Cette dynamique avait pris de l’ampleur à l’approche de la COP21, selon une étude de Novethic. En effet, les investisseurs sont en train d’évaluer l’impact de leurs investissements en termes de changement climatique – en mesurant l’empreinte carbone de leurs portefeuilles – et de passer à l’action. Plus de 130 investisseurs représentant près de 9 500 milliards d’euros d’actifs se sont engagés à définir cette empreinte et un nombre croissant d’entre eux ont suscité l’intérêt des médias en déclarant se désinvestir d’entreprises produisant ou utilisant des combustibles fossiles, une importante source de CO2. Parmi eux, figurent des fonds de pension qui ont déjà retiré des millions d’euros d’investissements dans des combustibles fossiles, notamment le charbon, ou qui ont présenté un plan de retrait.

Ne plus attendre et faire la différence

Le désinvestissement est une forme d’action, mais pas la seule. Souvent les investisseurs prennent plusieurs mesures, voire déploient tout l’arsenal : le désinvestissement, l’actionnariat engagé, les investissements « verts » et la « décarbonation » des portefeuilles. Ils sont de plus en plus nombreux à publier leur empreinte carbone ou à s’engager dans ce sens. Certaines déclarations pourraient susciter le scepticisme, tant que la méthodologie n’aura pas été standardisée, rendant les comparaisons hasardeuses. Si l’harmonisation fait encore défaut, on peut néanmoins se réjouir d’une plus grande transparence.

Les alternatives aux combustibles fossiles sont notamment les indices bas carbone des grands pourvoyeurs d’indices tels que MSCI, S&P DJI et FTSE, mais aussi de sociétés plus spécialisées comme Solactive et Edhec Risk. En sus des produits de gestion passive, les investisseurs peuvent également investir dans (des fonds communs de placement investissant dans) des projets dans les domaines de l’efficacité énergétique, de la reconversion énergétique, des énergies renouvelables, de l’alimentation durable, de la production de papier et de pâte, du développement humain, des obligations vertes et des infrastructures écologiques.

Les investissements durables et socialement responsables (ISR) sont l’un des neufs thèmes qui reflètent les priorités des investisseurs cette année selon nous. Dans le cadre de ces thèmes, nous avons choisi plusieurs fonds qui représentent selon nous les solutions les plus pertinentes aux défis posés par le contexte de marché actuel, ainsi qu’à l’évolution des besoins de nos clients.

L’offre de BNP Paribas Asset Management se compose d’un large éventail de produits ISR développés pour répondre aux besoins des clients désireux de bénéficier d’un potentiel de rendement et de contribuer à protéger l’environnement et la société.

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Nieck Ammerlaan

Senior web content editor & investment content writer

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