Classes d’actifs : un nouveau paysage en 2017

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Dans ce troisième volet de la synthèse des perspectives d’investissement pour 2017 de BNP Paribas Asset Management, intitulée « Au-delà de l’assouplissement quantitatif », Daniel Morris, stratégiste d’investissement senior, présente ses prévisions pour les grandes classes d’actifs à la lumière des deux facteurs clés qui, selon lui, changeront radicalement la donne en 2017 :

  1. L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis pourrait influer de manière spectaculaire sur l’évolution de l’inflation, des taux d’intérêt, des marchés d’actions et de la croissance du PIB américains.
  2. Certaines banques centrales pourraient commencer à ajuster leurs politiques d’assouplissement quantitatif, ce qui signifie que la baisse tendancielle des rendements des obligations d’État des pays centraux pourrait enfin arriver à son terme.

Voici nos prévisions concernant les grandes classes d’actifs :
• Les actions devraient surperformer les obligations
• Les obligations d’entreprise devraient surperformer les obligations d’État
• Les obligations indexées sur l’inflation devraient surperformer les obligations d’État nominales
• La dette des marchés développés devrait surperformer celle des marchés émergents
• Aux États-Unis notamment, les petites et moyennes capitalisations devraient surperformer les grandes capitalisations, et les actions cycliques et les titres value devraient surperformer les valeurs s’apparentant à des obligations (secteurs tels que l’immobilier, les services de télécommunication, les biens de consommation de base et les services aux collectivités).

Obligations des marchés développés

L’ampleur, l’envergure et les modalités de financement du plan de relance américain de la nouvelle administration sont encore incertaines. Même avant l’élection du 8 novembre, le marché anticipait une hausse des rendements des bons du Trésor américain en 2017 sous l’effet de l’augmentation du taux cible des fonds fédéraux (Fed Funds) et du redressement de l’inflation. Le potentiel de hausse des anticipations d’inflation est selon nous significatif, dans la mesure où l’inflation des dépenses de consommation personnelle (DCP) de base et l’indice des prix à la consommation de base ont augmenté depuis 2015, alors que les anticipations d’inflation restent actuellement inférieures aux moyennes de 2014.

Toute hausse des rendements des bons du Trésor devrait être modérée dans une certaine mesure par la demande étrangère étant donné l’ampleur des spreads entre les bons du Trésor américain et les obligations d’État des principaux pays européens et du Japon. D’un autre côté, l’augmentation des taux américains a tendance à tirer à la hausse les taux d’intérêt européens et nippons. Graphique 2 : les investisseurs étrangers apprécient les bons du Trésor américain
À mesure que les taux d’intérêt américains augmentent, les titres adossés à des emprunts hypothécaires (mortgage-backed securities, MBS) d’agences pourraient surperformer. Historiquement, lorsque les taux augmentent lentement, les MBS ont tendance à surperformer les bons du Trésor américain du fait de leur duration généralement plus courte et de leur rendement plus élevé. La sélection des titres pourrait être l’occasion d’augmenter encore leur rendement.

Les perspectives des rendements des obligations d’État des pays du cœur de la zone euro dépendent du jeu d’équilibre entre différents facteurs : hausse des taux américains, redressement modéré de l’inflation dans la zone euro, inquiétudes des investisseurs quant à la pérennité de l’assouplissement quantitatif et à ses effets, et risque politique européen. Selon nous, la balance devrait pencher en faveur d’une hausse des rendements. Les spreads des obligations d’État des marchés situés à la périphérie de l’Europe évolueront vraisemblablement au gré du sentiment populiste dans chacun des pays de la zone euro ; si les risques politiques et financiers auxquels sont exposés l’Italie, l’Espagne et le Portugal nous semblent significatifs, les achats d’obligations dans le cadre du programme d’assouplissement quantitatif de la BCE devraient limiter tout effondrement de ces titres. Les investisseurs auraient donc intérêt à acheter sur repli.

Actions des marchés développés

Compte tenu de la hausse des taux d’intérêt, le niveau élevé de valorisations des titres assimilables aux obligations est devenu plus préoccupant pour les investisseurs, même si ces secteurs devraient finir par se stabiliser dans la mesure où les dividendes resteront attractifs comparés aux rendements obligataires, historiquement bas. Malgré l’impact qu’elle pourrait avoir sur les performances du marché global, toute correction des valorisations de ces titres serait largement contrebalancée par un rebond équivalent des valorisations des actions à plus faible rendement des capitaux propres, boudées par les investisseurs. Les pics de volatilité déclenchés par les surprises au niveau de la politique ou de la politique monétaire seront probablement source d’opportunités pour les investisseurs actifs.

Outre une politique monétaire favorable, les actions européennes bénéficient d’un potentiel de croissance bénéficiaire supérieur à celui de leurs homologues américaines à moyen terme. À court terme, les actions américaines pourraient cependant bénéficier d’un regain d’inflation déclenché par un plan de relance budgétaire, des baisses d’impôts et une diminution de la réglementation. En Europe, les investisseurs concentreront leur attention sur le risque politique, des élections étant prévues dans plusieurs grands pays. Si les fondamentaux plaident en faveur d’une surperformance des actions européennes par rapport aux actions américaines, la reprise de la zone euro pourrait à nouveau être retardée.

Obligations des marchés émergents

Les rendements de la dette des marchés émergents ont perdu de leur attrait, car la perspective d’une hausse des taux d’intérêt américains rend le surcroît de rendement des obligations émergentes moins intéressant par rapport au risque encouru. Une appréciation du dollar américain pèsera vraisemblablement sur la performance de la dette émergente en devise locale. Les spreads sont actuellement inférieurs à la moyenne pour l’indice Emerging Markets Bond Index (EMBI) et compte tenu de la hausse des rendements américains, il est peu probable que la dette souveraine émergente se comporte aussi bien en 2017. Les obligations d’entreprise pourraient générer des gains supérieurs.

Selon nous, les rendements des obligations souveraines en monnaie locale sont intéressants par rapport à ceux de la dette des pays développés centraux mais la hausse du dollar implique que certaines banques centrales pourraient devoir relever leurs taux directeurs afin de protéger leur devise. À terme, les devises émergentes recèlent encore un potentiel d’appréciation étant donné l’ampleur de la dépréciation de nombre d’entre elles depuis 2013, mais les investisseurs auraient tout intérêt à attendre avant d’acheter.

Actions des marchés émergents

L’issue de l’élection américaine laisse présager des inquiétudes à l’égard des échanges commerciaux avec les États-Unis et une appréciation du dollar, ce qui pourrait contrebalancer la hausse des actions. Cela étant, nous pensons que les gains seront suffisants pour générer une performance relative positive à la fin de l’année. Si les inquiétudes actuelles relatives aux restrictions commerciales s’avèrent infondées, les marchés émergents pourraient rebondir fortement.

Les marchés émergents affichent toujours des valorisations plus séduisantes que leurs homologues développés. Les marges des entreprises des pays émergents sont largement inférieures à la moyenne, alors que celles des entreprises américaines sont élevées et que celles des sociétés européennes sont au mieux conformes à la moyenne. L’expansion des marges, s’il en est, ne semble toutefois probable que dans deux secteurs hors matières premières : les technologies de l’information et les services aux collectivités. Il faudra qu’elles se redressent dans d’autres secteurs pour que le marché continue de s’apprécier. Mais, sauf en cas de hausse prolongée du dollar américain, les actions des marchés émergents devraient être en mesure de surperformer d’ici la fin de l’année.

Pour obtenir votre exemplaire des Perspectives d’investissement pour 2017 « Au-delà de l’assouplissement quantitatif », veuillez cliquer ici ou contacter le service Publications.

Daniel Morris

Senior investment strategist, CFA charterholder

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