COP21 : la gravité de la situation pousse les acteurs financiers à l’action

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Alors qu’un sentiment d’urgence a animé les débats sur le changement climatique lors de la 21e Conférence des parties (COP21) qui vient de s’achever à Paris, que certains pays ont déposé des contributions majeures en vue de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), que certaines études montrent que les émissions de CO2 pourraient même diminuer en 20151, les doutes subsistent quant à la capacité et à la volonté d’exécuter et de transposer en droit national l’accord arraché à la COP21, même selon une approche de « dénonciation des mauvais élèves ». Cela ne signifie pas pour autant qu’une plus grande prise de conscience des risques posés par le réchauffement climatique ne s’est pas déjà traduite par des mesures concrètes.

 

La lutte contre le réchauffement climatique : une question d’argent

Dans le secteur financier, le risque systémique lié au réchauffement climatique, et notamment les retombées sur les compagnies d’assurance et de réassurance, les propriétaires d’actifs et les financiers2 font l’objet de plus en plus d’études. Qu’ils gèrent leurs propres actifs ou ceux de tiers, un nombre croissant d’investisseurs prennent position.

Cette dynamique avait pris de l’ampleur à l’approche de la COP21, selon une étude de Novethic. En effet, les investisseurs sont en train d’évaluer l’impact de leurs investissements en termes de changement climatique – en mesurant l’empreinte carbone de leurs portefeuilles – et de passer à l’action. Plus de 130 investisseurs représentant près de 9 500 milliards d’euros d’actifs se sont engagés à définir cette empreinte3 et un nombre croissant d’entre eux ont suscité l’intérêt des médias en déclarant se désinvestir d’entreprises produisant ou utilisant des combustibles fossiles, une importante source de CO2. Parmi eux figurent des fonds de pension qui ont déjà retiré des millions d’euros d’investissements dans des combustibles fossiles, notamment le charbon, ou qui ont présenté un plan de retrait.

Prendre des mesures pour faire la différence

Le désinvestissement est une forme d’action, mais pas la seule. Souvent les investisseurs prennent plusieurs mesures, voire déploient tout l’arsenal : le désinvestissement, l’actionnariat engagé, les investissements « verts » et la « décarbonisation » des portefeuilles. Ils sont de plus en plus nombreux à publier leur empreinte carbone ou à s’engager dans ce sens. Certaines déclarations pourraient susciter le scepticisme, tant que la méthodologie n’aura pas été standardisée, rendant les comparaisons hasardeuses. Si l’harmonisation fait encore défaut, on peut néanmoins se réjouir d’une plus grande transparence.

Graphique 1 : l’évolution, entre juillet et octobre 2015, du nombre d’investisseurs entreprenant des mesures (le désinvestissement, l’engagement actionnarial, les investissements verts ou la décarbonisation des portefeuilles) pour agir contre le réchauffement climatique

portfolio strategies

Source : Etude Novethic ‘L’essentiel de l’ISR, édition spéciale climat, novembre – décembre 2015

Les alternatives aux combustibles fossiles sont notamment les indices à faible carbone des grands pourvoyeurs d’indices tels que MSCI, S&P, DJI et FTSE, mais aussi de sociétés plus spécialisées comme Solactive et Edhec Risk. En sus des produits de gestion passive, les investisseurs peuvent également investir dans (des fonds communs de placement investissant dans) des projets dans les domaines de l’efficacité énergétique, de la reconversion énergétique, des énergies renouvelables, de l’alimentation durable, de la production de papier et de pâte, du développement humain, des obligations vertes et des infrastructures écologiques.

La planète en état d’alerte

De plus en plus souvent, les acteurs financiers manifestent leur désaccord et passent à l’action, convaincus que les actes sont plus éloquents que les paroles. Il est impératif de prendre des mesures concrètes dès maintenant. Même si les émissions étaient plafonnées à leur niveau actuel voire réduites en raison d’un tassement de la croissance économique, les quantités de CO2 dans l’atmosphère atteignent déjà des proportions inquiétantes à long terme. Le réchauffement climatique est une réalité : sept des mois les plus chauds jamais enregistrés l’ont été en 2015 et la moitié de la hausse de 2°C dite contrôlable des températures mondiales a déjà eu lieu4. Tous les voyants sont au rouge. Signe des temps, le premier état d’alerte smog a été décrété à Pékin pendant la COP21.

Cliquez ici pour afficher une illustration décrivant les émissions de gaz à effet de serre issu d’un autre blog en rapport avec la COP21.

Lisez également notre blog sur les contributions des différents pays disponible ici.

Les investissements durables et socialement responsables (ISR) sont l’un des neufs thèmes qui reflètent les priorités des investisseurs cette année selon nous. Dans le cadre de ces thèmes, nous avons choisi plusieurs fonds qui représentent selon nous les solutions les plus pertinentes aux défis posés par le contexte de marché actuel, ainsi qu’à l’évolution des besoins de nos clients.

L’offre de BNP Paribas Asset Management se compose d’un large éventail de produits ISR développés pour répondre aux besoins des clients désireux de bénéficier d’un potentiel de rendement et de contribuer à protéger l’environnement et la société.

 

1 Emissions data fuel Paris talks tension, Financial Times, 8 décembre 2015
2 Lire également Global warming: The Bank of England has its say… et FSB to establish Task Force on Climate-related Financial Disclosures
3 Source pour toutes les données mentionnées dans cet article sauf indication contraire : Climate: investors take actions – November 2015 update; Novethic
4 Lire également COP21 : les belles promesses suffiront-elles ? ; Investors’ Corner, décembre 2015
Nieck Ammerlaan

Senior web content editor & investment content writer

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