Dette alternative : la désintermédiation devrait progresser en 2017

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Dans ce cinquième volet de la synthèse des perspectives d’investissement pour 2017 de BNP Paribas Asset Management, intitulée « Au-delà de l’assouplissement quantitatif », Stéphane Blanchoz, CIO pour la gestion de la dette alternative, montre en quoi les investissements en dette privée et dans d’autres formes de prêt direct peuvent être intéressants pour les investisseurs en 2017, à mesure que ce segment monte en puissance.

Les considérations de liquidité et de risque de marché semblent passer au second plan dans un monde où les investisseurs ont plus de liquidités qu’il n’y a de possibilités d’investissement, particulièrement sur les marchés de la dette des entreprises. La liquidité s’est asséchée lorsque de nombreuses banques ont cessé d’être teneurs de marché, tandis que le risque de marché est devenu moins préoccupant que le risque de crédit.

Bien que ces évolutions puissent être déroutantes, elles peuvent également être sources de nouvelles opportunités : les investissements en dette privée et autres formes de prêt direct séduisent de plus en plus d’investisseurs, notamment institutionnels. Si ces investissements étaient initialement centrés sur les grandes entreprises, ils concernent à présent également les PME (petites et moyennes entreprises).

Les moteurs de croissance sur ce segment sont la désintermédiation bancaire et le soutien de la réglementation, en conjonction avec une quête grandissante de rendement et de diversification, les investisseurs se faisant à l’idée que l’environnement de taux bas va persister pendant un certain temps.

Élargissement de l’offre sur le segment du crédit

Jusqu’ici, le segment des PME a très peu participé au mouvement de désintermédiation et reste presque exclusivement financé par le système bancaire. Pour les investisseurs privés, financer de petites entreprises est très compliqué, car cela exige une analyse approfondie qui peut ne pas être rentable au vu des montants engagés.

Toutefois, il existe des alternatives, tant pour les investisseurs cherchant à se diversifier au moyen d’une exposition aux prêts à des PME que pour les PME cherchant à élargir leurs sources de financement. L’essor des plateformes de crowdfunding donne aux PME la possibilité d’obtenir un financement non bancaire, tandis que le crédit communautaire, ou peer-to-peer lending, suscite depuis peu l’intérêt des investisseurs institutionnels. La titrisation des prêts sur le marché, sécurisée par des portefeuilles de prêts à des PME, commence à évoluer, grâce au soutien manifeste des décideurs européens.

Une autre évolution relativement récente, et selon nous très positive pour le crédit aux PME, est la création du label Fond européen d’investissement de long terme (FEILT). Les FEILT sont bien adaptés à des investissements à long terme et/ou en actifs illiquides. En outre, ces fonds peuvent directement prêter à des entreprises, ce qui constitue une initiative de plus dans le domaine des prêts directs aux PME. Au cours des prochaines années, les portefeuilles concentrés de prêts relativement élevés à des PME pourraient progressivement céder la place à un FEILT diversifié de prêts plus modestes à des PME. Toutefois, cela nécessitera une certaine proximité des sources d’origination, le développement de méthodologies de scoring et la capacité d’industrialiser l’activité de crédit au moyen d’un processus d’investissement très structuré.

La dette des PME peut offrir des avantages en termes de diversification et des caractéristiques solides en termes de crédit

Le marché des prêts directs est devenu à la fois une solution de financement supplémentaire pour les PME et une classe d’actifs source de diversification pour les investisseurs. Selon un rapport récent de Deloitte, le montant levé dans le cadre de prêts directs a atteint 104,3 milliards de dollars sur la période 2013-2016, dont 45,2 milliards de dollars en Europe.

Outre ses caractéristiques avantageuses en termes de diversification, la dette des PME présente généralement un faible risque de défaut et un taux de recouvrement élevé en cas de défaut. Concernant la structure de la dette, celle des PME est généralement senior et le niveau de protection du crédit est habituellement « sécurisé ». Si la majeure partie de la dette des PME ne fait l’objet d’aucune notation, sa qualité de signature correspond à une notation clairement dans la catégorie BB.

Selon nous, il existe une importante marge de manœuvre pour le segment du crédit aux PME, celles-ci exploitant différents types de financement non bancaire souvent flexibles. Les investisseurs devraient bénéficier du compromis entre liquidité et rendement en étant capables d’investir dans un segment supplémentaire du marché européen du crédit offrant un profil risque/rendement séduisant.

Pour obtenir votre exemplaire des Perspectives d’investissement pour 2017 « Au-delà de l’assouplissement quantitatif », veuillez cliquer ici ou contacter le service Publications.

Stéphane Blanchoz

Chief Investment Officer (CIO), Alternative Debt Management

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