L’ESG au sein des stratégies de dette privée sur les actifs réels

Post with image

L’article 173[1] oblige les investisseurs institutionnels à mettre en place un reporting sur l’intégration de critères ESG[2] au sein de leurs investissements. Pour répondre à cela, de nombreux choix d’investissement ISR[3] sont proposés dans l’univers des actifs côtés, mais l’offre est assez restreinte au sein de la dette privée, classe d’actifs qui attire de plus en plus les assureurs au vue de son profil risque-rendement attractif.

L’intégration de critères ESG dans des solutions de dette privées sur des actifs réels, tels que les infrastructures ou encore l’immobilier, peut pourtant se faire à plusieurs niveaux, et ne se limite pas à la prise en considération d’un label ISR.

Un premier filtre ESG peut s’appliquer aux projets analysés

Cette démarche a pour but d’éliminer les actifs potentiellement sources de polémique ou ayant un impact social/environnemental négatif. Ensuite, une analyse approfondie doit être réalisée au niveau du projet global et au niveau des actionnaires / propriétaires des projets. Enfin, la définition et l’implémentation d’une taxonomie spécifique à chaque classe d’actifs permet d’affiner l’analyse ESG et d’identifier la contribution ou l’impact énergétique et écologique de chaque sous-secteur. Cette cartographie permet également d’éliminer les projets incertains ou problématiques, et d’orienter ainsi la construction du portefeuille vers des projets « verts» ou durables.

L’évaluation de la performance ESG du projet doit s’appuyer sur des critères qualitatifs et quantitatifs

Par exemple, pour des projets immobiliers, au plan qualitatif, on pourra évaluer la politique et le système de gestion ESG défendu par les sponsors ou les propriétaires. Au plan quantitatif, la performance environnementale et sociale pourra être mesurée en fonction de l’impact du projet sur la biodiversité, la consommation d’eau, l’émission de gaz à effet de serre, etc.

L’intégration de critères ESG au sein de la dette privée permet donc aux investisseurs d’avoir un impact concret

Pourtant, en l’absence d’une réglementation claire et au vue du manque d’homogénéité d’information à ce sujet, les investisseurs, et les assureurs en particulier, ont besoin d’un reporting régulier et détaillé concernant l’impact ESG des actifs réels dans lesquels ils investissent. Ce rapport devrait notamment inclure les évaluations ESG de toutes les positions du portefeuille, le pourcentage des investissements ayant un impact positif et une analyse des évolutions des pratiques ESG de chaque actif.

L’intégration des considérations ESG passe donc par une approche multicritère pour chaque classe d’actifs. Cette méthode innovante doit s’appuyer sur de nombreuses analyses et sources de données, souvent difficilement accessibles, puisqu’il s’agit aujourd’hui d’un marché en pleine phase de développement.


[1] Article 173 sur la loi de Transition Energétique et son décret d’application

[2] ESG : Environnemental Social et Gouvernance

[3] ISR : Investissement Socialement Responsable

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas l’intégralité de leur placement. 

Alexandra Solnik

Business Development Manager, Private Debt and Real Assets

Laisser un commentaire

Your email adress will not be published. Required fields are marked*