Graphique de la semaine : L’augmentation du coût de la couverture des actifs en dollars américains

Post with image
Veuillez noter que le présent article peut contenir du langage technique. Pour cette raison, il est déconseillé aux lecteurs qui ne disposent pas d’une expérience professionnelle de l’investissement.

Attention au différentiel ! En 2018, la Réserve fédérale aura augmenté le taux des fonds fédéraux de 25 points de base chaque trimestre (en comptant la hausse dont le Federal Open Markets Committee [FOMC] devrait convenir lors de sa réunion des 18 et 19 décembre). Le taux cible des fonds fédéraux est actuellement de 2 %-2,25 %.

Le taux cible des fonds fédéraux est déjà de 2 %-2,25 % alors qu’au Japon et en Europe la normalisation des taux d’intérêt n’a pas encore commencé

Vu que ni la Banque centrale européenne (BCE) ni la Banque du Japon (BoJ) n’ont commencé à normaliser leurs taux d’intérêt et qu’elles ne le feront sans doute pas dans un avenir proche, on peut s’attendre à d’importants écarts des taux d’intérêt à court terme. La remontée des taux d’intérêt américains renchérit les couvertures de change pour les investisseurs dont la devise de base est l’euro ou le yen japonais. Ce renchérissement des couvertures de change rend les obligations américaines plus coûteuses pour les investisseurs étrangers et devrait influer sur les mouvements de capitaux au sein du G3, avec un possible renforcement des achats d’obligations européennes.

Le rendement des obligations du Trésor américain est actuellement de 3,18 %, mais de -0,27 % avec une couverture en euros…

Le graphique de la semaine présente le rendement qu’un investisseur situé dans une région donnée (États-Unis, UE [zone euro], Royaume-Uni, Japon, Chine) obtiendrait lorsqu’il achète des obligations d’une autre région après les avoir couvertes dans sa devise de base (au moyen d’un contrat de change à terme de 3 mois, annualisé).

Par exemple, un investisseur de l’UE ayant acheté des obligations du Trésor américain à 10 ans détiendrait, après les avoir couvertes contre le risque de change en euros, un instrument lui procurant un rendement de -0,27 %. Pour les investisseurs basés aux États-Unis, après couverture du risque de change face à l’euro, les obligations de la zone euro offrent des rendements supérieurs aux obligations américaines (elles offrent en outre un meilleur « roll down » car la courbe des taux de la zone euro est plus pentue).

Les investisseurs japonais désireux d’investir dans des obligations souveraines de qualité supérieure bénéficieraient de meilleurs rendements en choisissant les obligations de la zone euro de préférence aux obligations du Trésor américain.

Graphique de la semaine : Tableau présentant le rendement, après déduction du coût de la couverture de change*, qu’obtiendrait un investisseur achetant de la dette souveraine extérieure

En 2019, le coût de la couverture des positions en dollars américains devrait encore s’accroître pour les investisseurs de l’UE et japonais

Au cours de l’an  prochain, ce paradigme se renforcera selon nous. En effet, si, comme nous le prévoyons, le FOMC relève ses taux chaque trimestre en 2019, le taux cible des fonds fédéraux pourrait atteindre 3,25 %-3,50 % fin 2019. Le différentiel entre les taux d’intérêt américains à court terme et les taux directeurs dans la zone euro et au Japon devrait se creuser sensiblement en 2019, ce qui rendrait les obligations de la zone euro plus attrayantes pour les investisseurs américains et japonais.

* Le coût de la couverture de change est calculé en utilisant un contrat de change à terme de 3 mois, annualisé.

Source : équipe Cross-Asset Strategy de BNP Paribas, données au 14/11/2018


Pour consulter les graphiques précédents de la semaine, cliquez ici.

Laisser un commentaire

Your email adress will not be published. Required fields are marked*