Graphique de la semaine – Guerre commerciale : quelles en sont les implications pour les actions chinoises ?

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Une pléthore de droits de douane américains sur un grand nombre d’exportations et une pression sur les entreprises technologiques en particulier ont-elles poussé les actions chinoises dans leurs retranchements ? L’impact est-il largement ressenti ou apparaît-il uniquement dans certains segments de marché, et la performance des actions chinoises est-elle en train de diverger de celle des marchés émergents dans leur ensemble ?

  • Les droits de douane et les embargos technologiques ont un impact sur les actions chinoises
  • Les embargos technologiques, notamment ceux censés protéger la sécurité nationale américaine, devraient rester en place
  • Cela importe davantage pour les sélectionneurs de valeurs que pour les spécialistes de l’allocation d’actifs

Deux aspects de la guerre commerciale américaine affectent les perspectives des actions chinoises :

  • Les tarifs douaniers – ceux-ci ont déjà eu un impact significatif sur l’économie et le marché chinois : les exportations vers les États-Unis ont chuté de 17 % en glissement annuel ; la croissance du PIB est la plus faible depuis 1992 ; les ventes des entreprises technologiques chinoises aux États-Unis ont chuté de 14 %
  • Les restrictions technologiques – elles devraient rester en place, quel que soit le vainqueur de l’élection présidentielle américaine de l’année prochaine.

Devons-nous considérer les actions chinoises séparément de celles du reste des marchés émergents ?

Tout d’abord, mettons les choses en perspective. Jusqu’à présent, les restrictions américaines ont surtout visé les entreprises produisant de la technologie 5G (notamment Huawei, qui de toute façon n’est pas cotée en bourse) et celles qui utilisent l’intelligence artificielle pour les équipements de surveillance. Même si ces restrictions peuvent avoir des conséquences dramatiques, les secteurs concernés ne représentent qu’une petite partie du marché boursier chinois.

Le secteur informatique ne représente que 3,7 % de l’indice MSCI China et 0,8 % de l’indice MSCI Hong Kong. Bon nombre des petites sociétés d’intelligence artificielle entrent uniquement dans la composition de l’indice MSCI China A Onshore (dans lequel les étrangers n’investissent généralement pas), dans lequel l’informatique représente 13 % de la capitalisation boursière.

Attention aux changements de classification sectorielle

L’une des raisons simples pour lesquelles la part du secteur des technologies de l’information est si faible est que de nombreux titres ont été transférés vers d’autres secteurs après la réorganisation l’an dernier de la classification GICS. Les entreprises du secteur des logiciels et services Internet (comme Baidu, Alibaba et Tencent : les BAT) ont été reclassées en tant qu’entreprises de services de communication et de consommation discrétionnaire.

Soit dit en passant, l’une des inquiétudes concernant la performance du S&P 500 ces dernières années a été la contribution disproportionnée des FAANG. C’est vrai, mais la contribution des BAT à celle de l’indice MSCI China a été encore plus disproportionnée : depuis novembre 2015, la performance de celui-ci a été de 7,4 % par an en devise locale, alors que celle des BAT atteignait 16,4 %. Le reste de l’indice n’a progressé que de 3,7 %.

Les corrélations persistent, de même que la prime de la Chine

Depuis le début de la guerre commerciale, les actions chinoises ont sous-performé le reste des marchés émergents de 20 points de pourcentage. Il existe toutefois un écart important entre la performance du secteur technologique et celle du reste de l’indice : les parties non technologiques des marchés émergents hors Chine ont perdu 1 % depuis janvier 2018, alors que la Chine non technologique a chuté de 17 %.

Par contre, les actions technologiques des marchés émergents hors Chine ont enregistré une hausse de 15 %, alors que le secteur technologique chinois a chuté de 13 % (y compris les actions A onshore).

Graphique 1 : Performance de la Chine par rapport aux autres marchés émergents pour les secteurs de la technologie et hors technologie (2009 = 100)

 Graphique 1 : Performance de la Chine par rapport aux autres marchés émergents pour les secteurs de la technologie et hors technologie (2009 = 100)

Données au 19 novembre 2019. Note : Performance totale en devise locale. Source : FactSet

Ainsi, pour l’instant, le marché des actions chinois continue de se comporter comme avant : les corrélations avec le reste des marchés émergents sont élevées ; les rendements potentiels dans la plupart des secteurs sont intéressants. Même si les embargos américains auront probablement un impact significatif sur le secteur technologique, l’effet sur le marché dans son ensemble devrait être relativement faible.

Et ne perdez pas de vue qui en profite : Ericsson, l’un des rares autres producteurs de technologie 5G, a surperformé l’indice des équipements de communication de 50 % depuis le début de l’année dernière.

Les implications d’une « guerre froide technologique » pour les spécialistes de l’allocation d’actifs ne sont donc peut-être pas si dramatiques. Pour les sélectionneurs de valeurs, cependant, il s’agit d’un nouvel exemple de la manière dont un changement perturbateur crée des opportunités.


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La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas leur investissement initial.

Investir dans les marchés émergents ou dans des segments de marché spécialisés ou restreints peut présenter une volatilité supérieure à la moyenne en raison de la forte concentration de leurs positions, d’un degré d’incertitude plus élevé reflétant le manque d’informations disponibles, de leur liquidité plus faible ou de leur sensibilité plus grande à l’évolution du contexte de marché (social, politique et économique).

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la plupart des marchés développés internationaux. Par conséquent, les services de transaction, de liquidation et de conservation du portefeuille utilisés pour le compte de fonds investis dans les marchés émergents peuvent comporter un risque plus élevé.

Daniel Morris

Senior investment strategist, CFA charterholder

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