Graphique de la semaine : Problèmes résolus ou non ?

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Deux des problèmes qui secouent les marchés depuis plus d’un an dans le cas des sanctions commerciales américaines et depuis plus de 3 ans et demi dans le cas du Brexit sont-ils sur le point d’être résolus ? Des accords sur ces deux fronts permettraient de lever une partie de l’incertitude généralisée – certains parleraient « d’impasse mexicaine » – qui a pesé sur les actions, a contribué à ramener les rendements obligataires à leur plus bas et a poussé de nombreux investisseurs nerveux à chercher des valeurs refuges. [Une impasse mexicaine est une confrontation sans issue lors de laquelle personne n’émerge clairement vainqueur.]

Et même s’il y a effectivement un accord – partiel – sino-américain sur le commerce (plus juste) et la propriété intellectuelle, et un accord (cadre) sur la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, doit-on vraiment s’attendre à un rebond des marchés marquant le soulagement des investisseurs au quatrième trimestre ? Des signes de progrès lors des dernières négociations commerciales sino-américaines et la possibilité d’un nouvel accord sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ont titillé les marchés ces derniers jours. Est-ce enfin terminé ?


Graphique 1 : Les bonnes nouvelles peuvent-elles durer ?

Graphique 1 : Les bonnes nouvelles peuvent-elles durer ?

Données au 14 octobre 2019. Sources : Bloomberg, FactSet, BNP Paribas Asset Management

Incitations politiques et économiques – États-Unis

Le balancier du marché a toujours eu tendance à aller trop loin du côté optimiste après une période de morosité profonde. En fait, un éventuel accord sino-américain ne constituerait qu’une première étape. De nouvelles discussions pourraient être nécessaires sur les sujets complexes, par exemple pour vérifier ce qui a été convenu, au cours desquelles une nouvelle impasse pourrait émerger, ce qui pourrait décevoir les marchés.

De la même manière, les marchés devraient traiter les rumeurs optimistes avec une bonne dose de scepticisme, étant donné les antécédents de mesures erratiques prises par la Maison Blanche et les tactiques de campagne de réélection. Le président américain va-t-il accepter ce qu’il peut de la Chine dès maintenant et se gargariser de sa « victoire » ou considèrera-t-il que la Chine est sous pression lorsqu’elle offre un accord partiel et décidera-t-il d’aller jusqu’au bout ?

Incitations politiques et économiques – Chine

Du côté chinois, la baisse des exportations vers les États-Unis causée par les tarifs douaniers américains et les pressions qui en résultent sur le secteur manufacturier en Chine et par extension sur le secteur des services, ainsi que sur la croissance globale, pourraient apparaître comme une incitation claire à conclure un accord. Les États-Unis représentent près de 40 % des exportations nettes de la Chine (contre près de 25 % pour l’Asie et un peu plus de 20 % pour l’Europe).

Cependant, il faut être prudent. Jusqu’à un certain point, les exportations chinoises qui ne vont pas aux États-Unis pourraient être envoyées ailleurs dans le monde. Cela marcherait si la croissance des échanges mondiaux de marchandises n’avait pas fortement ralenti, malgré une certaine résilience de la confiance des consommateurs et de la demande aux États-Unis et en Europe.

Une autre question est de savoir si la Chine s’inquiéterait vraiment d’un ralentissement de la croissance intérieure, tant dans le secteur manufacturier que dans l’économie dans son ensemble. Elle cherche en effet à réorienter structurellement son économie vers un modèle davantage axé sur la consommation, et donc sur les services, d’une part, et à désendetter son économie (et à réduire le risque) d’autre part.

Enfin, Pékin, continuant à employer sa tactique de va-et-vient entre une attitude agressive et conciliante lors des négociations commerciales avec les États-Unis, pourrait estimer qu’elle peut accepter une certaine dose de « douleur économique ». Étant donné ce contexte général, un certain scepticisme semble nécessaire face à toute concession chinoise lors de ces négociations.

Feux intermittents

D’importants défis demeurent concernant la résolution des problèmes liés au Brexit, alors même que le Royaume-Uni et l’Union européenne s’engagent dans ce qui apparaît comme les ultimes pourparlers visant à permettre une sortie ordonnée du Royaume-Uni du bloc d’ici la fin octobre. La position future de l’Irlande du Nord dans le commerce entre l’Union européenne et le Royaume-Uni et la complexité de l’élaboration de solutions pratiques et durables que le Parlement peut approuver sont au cœur des problèmes.

En cas d’échec, la livre sterling et avec elle l’économie britannique se retrouveraient probablement sous pression.

Il est difficile de savoir ce que cela signifie pour les marchés, si sensibles aux fluctuations de la confiance. Les éventuels dégâts liés à l’incertitude qui les accable depuis maintenant un certain temps, et qui ont affecté la croissance économique actuelle et les perspectives pour 2020, maintenant mitigées, ont déjà été causés.

Au fur et à mesure de l’apparition d’éclaircies, Il pourrait s’avérer judicieux pour un investisseur à contre-courant de dépoussiérer ses outils de sélection de valeurs afin d’évaluer les occasions d’achat apparaissant lors des corrections du marché.


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Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication. Elles émanent des informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement autres en fonction des clients.

 

Daniel Morris

Senior investment strategist, CFA charterholder

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