Investir pour réduire la quantité de plastique sur la planète

Post with image

Cet article a été rédigé par Impax Asset Management, une société de gestion spécialisée dans la transition vers un développement plus durable. 

Blue Planet II, le dernier documentaire de la BBC présenté  par David Attenborough, n’offre pas seulement la possibilité de découvrir l’époustouflant spectacle et l’incroyable diversité de la vie sous-marine (souvent cachée), il attire en plus l’attention sur de graves problèmes écologiques. L’un des plus frappants est peut-être le plastique qui s’accumule dans nos océans, met la faune et la flore sauvages en péril et finit même par se retrouver dans la chaîne alimentaire.

Carte représentant les 192 pays. Code couleur correspondant à la masse estimée des déchets plastiques mal gérés – millions de tonnes métriques (TM) – générés en 2010 par les populations habitant à moins de 50 km de la côte. Les pays non inclus dans l’étude sont en blanc.

Source : Plastic waste inputs from land into the ocean; Jenna R. Jambeck et al, Science 13 Feb 2015: Vol. 347, Issue 6223, pp. 768-771

Une préoccupation croissante pour les différents gouvernements à travers le monde

En décembre 2017, les 193 États membres des Nations Unies ont signé une résolution visant à mettre fin à la pollution des océans inhérente au plastique. Bien qu’aucun objectif particulier n’ait été défini, au grand dam de plusieurs observateurs, on espère que cette initiative enclenchera une dynamique conduisant à de nouvelles mesures.

Depuis des décennies, la Chine importe d’autres pays des déchets qu’elle élimine ou recycle. Cependant, au début de l’année, la Chine a durci sa réglementation afin de restreindre les types de déchets qu’elle accepte, fermant notamment sa porte aux déchets plastiques étrangers. Cette décision met en difficulté les sociétés qui exportaient jusqu’à présent des déchets plastiques vers la Chine pour y être traités et créera de nouveaux débouchés aux recycleurs locaux. Les États-Unis, en particulier, ont été durement touchés par la nouvelle réglementation. En effet, avant l’interdiction, ils expédiaient quotidiennement en Chine près de 4 000 conteneurs de matières recyclables. L’accumulation de « montagnes » de déchets s’observe en divers endroits du pays.

Au Royaume-Uni, le gouvernement est préoccupé par la quantité de plastique utilisée, car le pays risque fort de ne pas atteindre l’objectif fixé par l’Union européenne (à savoir recycler au moins 50 % des déchets ménagers d’ici 2020).

Il existe des raisons d’être optimiste

En 2016, la Californie a été le premier État des États-Unis à bannir les sacs plastiques de son territoire. D’autres comtés et municipalités, comme Austin (Texas), Cambridge (Massachusetts) et Seattle (Washington), ont imposé une taxe allant de 5 à 10 cents.

Si la proposition d’interdiction des sacs plastiques soumise à la ville de New York a été rejetée, en revanche la législation de l’État de New York sur le recyclage des sacs en plastique oblige la grande distribution à reprendre – afin de les recycler – tous les types de sacs plastiques qu’elle a fournis à ses clients, y compris ceux à usage unique.

En 2015, le gouvernement britannique a introduit une taxe de 5 pence sur ces derniers. Cela a réduit leur utilisation de 80 %, preuve que la population est disposée à changer ses habitudes. En janvier 2018, il a de plus annoncé que, dans le cadre de sa nouvelle stratégie environnementale, le Royaume-Uni entend éliminer d’ici 2042 tous les déchets plastiques évitables. La proposition visant à instaurer une taxe de 25 pence sur les gobelets à café jetables pourrait donner lieu à de nouvelles mesures. En 2016, la France a adopté une loi interdisant la vente et la distribution de vaisselle jetable en plastique à partir du 1er janvier 2020.

Dans le monde entier, la question des « microbilles » a défrayé la chronique. Ces billes de plastique d’une taille généralement égale ou inférieure à un millimètre entrent dans la composition de nombreux cosmétiques et produits de nettoyage. Leur utilisation est maintenant soumise à une réglementation stricte ou purement et simplement prohibée dans de nombreux pays et dans certains États des États-Unis.

Masse estimée des déchets plastiques mal gérés – millions de tonnes métriques – rejetés dans l’océan par les populations habitant à moins de 50 km de la côte (représentée en données cumulées de 2010 à 2025 pour 192 pays).
Les estimations ont été établies sur la base des hypothèses suivantes concernant le taux de transformation des déchets plastiques mal gérés en déchets marins (taux élevé = 40 % ; taux moyen = 25 % ; taux faible = 15 %). Les barres représentant la marge d’erreur ont été obtenues en utilisant la moyenne et l’écart-type donnés par les modèles prédictifs pour la fraction des déchets mal gérés et le pourcentage d’éléments en plastique dans le flux des déchets.

 

Note : Déchets plastiques marins, données cumulées (million MT). Source : Plastic waste inputs from land into the ocean; Jenna R. Jambeck et al, Science 13 Feb 2015: Vol. 347, Issue 6223, pp. 768-771

Opportunités pour les investisseurs

Repenser la place du plastique dans nos économies est urgent et offre aux investisseurs de nouvelles opportunités, notamment dans les domaines suivants :

  • services de recyclage – l’Angleterre suit l’exemple de l’Écosse qui a mené avec succès un débat sur l’instauration d’un système de consigne des bouteilles, facilitant ainsi le recyclage de celles en plastique destinées à contenir de la boisson. Les sociétés qui fournissent des services de collecte ou d’autres solutions, comme les déconsigneurs, devraient en bénéficier
  • processus de recyclage – l’une des sociétés de notre portefeuille a été la première en France à recycler les bouteilles en plastique, en créant à cet effet des usines transformant du polyéthylène téréphtalate (PET) en emballage alimentaire. Nous sommes d’ailleurs convaincus que d’autres innovations verront le jour. Par exemple, le plastique transparent a plus de valeur que le plastique coloré
  • innovation en matière d’emballage – les emballages biodégradables ou renouvelables à base de fibre – qui remplacent les emballages alimentaires réutilisables et plastiques – connaissent un essor et constituent une thématique importante des différents portefeuilles d’Impax

Avec l’accélération de la transition vers une économie générant moins de déchets, il est tout naturel que l’un des polluants les plus visibles et les plus persistants attire l’attention du public. Depuis près de vingt ans, Impax saisit les opportunités d’investissement intéressantes dans le cadre de cette transition.

Meg Brown

Managing Director, Business Development, Impax Asset Management

Laisser un commentaire

Your email adress will not be published. Required fields are marked*