Une stratégie « SMaRT Food » pour une alimentation responsable

Post with image

Le « Business and Climate Summit », évènement qui a précédé la COP21, a permis de définir quel devrait être l’engagement des entreprises pour la préservation de l’environnement. Si cet accord prévoit que les activités des entreprises doivent s’inscrire dans le développement durable, il prévoit aussi que les procédés de production mis en œuvre soient soutenables.

Parmi les entreprises sujettes à controverse, on compte les producteurs de boissons sucrées, sodas ou autres, en raison de leurs activités mêmes et de leurs pratiques de production.

Au Mexique, la consommation de boissons sucrées est devenue un problème majeur de santé publique. Les chiffres sont déconcertants : le pays est le premier consommateur au monde de boissons sucrées devant les États-Unis, 70 % des adultes y sont en surpoids, 32 % sont obèses et 10 % sont diabétiques. Ces boissons sont devenues indispensables au quotidien et sont consommées par réflexe. Le phénomène ne se limite pas au Mexique. Dans nombre de pays d’Amérique Latine, ces boissons font désormais partie de la culture locale, tant et si bien qu’elles se sont substituées à l’eau lors des rituels traditionnels de certaines tribus. Plus globalement, les maladies liées à la surconsommation de sucre ne cessent d’augmenter dans le monde; les chiffres le prouvent, le nombre de personnes atteintes de diabète est passé de 108 millions en 1980 à 422 millions en 2014, et l’OMS prévoit qu’en 2030, le diabète sera la septième cause de mortalité dans le monde.

Le problème ne s’arrête pas aux seules questions de santé publique ; des pratiques contestables violant les droits élémentaires des populations ou portant atteinte à l’environnement sont courantes, et c’est toute la chaîne de production de ces boissons qui est alors mise en cause.

D’abord, au niveau de la production, certaines sociétés, surtout en Amérique Latine, se livreraient à l’accaparement de terres et des ressources en eau au détriment des populations autochtones ainsi privées de leurs principaux moyens de subsistance. La production de boissons sucrées nécessite, en effet, d’importantes ressources en eau (deux litres d’eau pour produire 1 litre de boisson sucrée) ; ces sociétés pomperaient abusivement dans les nappes phréatiques de régions arides où le stress hydrique est déjà prononcé et l’accès à l’eau difficile. Leurs activités sont souvent protégées par des lois environnementales laxistes. Parfois, les populations locales se rebellent et, quand cela est possible, font valoir leurs droits ; par exemple, en Inde, pays où peuvent sévir de fortes sécheresses, une usine de fabrication de sodas a dû fermer sous la pression d’activistes locaux au motif que les activités de l’usine contrevenaient aux réglementations environnementales en vigueur.

Plus en aval dans le cycle de production, la mise en bouteille est une activité très polluante, qui, bien souvent, dans les pays émergents, ne fait pas l’objet de contrôles ; les produits chimiques utilisés sont déversés dans la nature sans aucune mesure de prudence. Comble de la perversité du système, dans certaines régions, non seulement les ressources en eau s’amenuisent, mais aussi, elles deviennent impropres à la consommation du fait des polluants dont elles sont chargées.

Enfin, en bout de chaîne, la consommation de ces boissons a comme effet corollaire le rejet de déchets (bouteilles en plastique ou autres) dont très peu sont recyclés, voire recyclables.

Afin de soutenir le développement durable, BNP Paribas a créé une stratégie innovante, « SMaRT Food », qui a pour objectif de financer les entreprises de la chaîne de valeur de l’alimentation qui agissent pour la protection de l’environnement. Dans ce cadre, BNP Paribas applique les principes de précaution les plus stricts afin de ne retenir que les entreprises les plus vertueuses.

Les investissements durables et socialement responsables (ISR) sont l’un des neufs thèmes qui reflètent les priorités des investisseurs cette année selon nous. Dans le cadre de ces thèmes, nous avons choisi plusieurs fonds qui représentent selon nous les solutions les plus pertinentes aux défis posés par le contexte de marché actuel, ainsi qu’à l’évolution des besoins de nos clients.

L’offre de BNP Paribas Asset Management se compose d’un large éventail de produits ISR développés pour répondre aux besoins des clients désireux de bénéficier d’un potentiel de rendement et de contribuer à protéger l’environnement et la société.

P1601015_Pictos_100x100_life_long

Trong Nguyen / Shutterstock.com

Alexandre Jeanblanc

Investment Specialist, SRI

Laisser un commentaire

Your email adress will not be published. Required fields are marked*