La garantie, à quel prix ?

Post with image

Les taux d’intérêt en Europe ont reculé de façon spectaculaire jusqu’à mi-avril grâce en partie, à l’action de la BCE qui s’est traduite à partir du mois de mars 2015 par un programme d’achat d’actifs dont, pour la première fois, des titres émis par des gouvernements à hauteur de 60 milliards d’euros par mois et ce jusqu’en septembre 2016 au moins. Depuis mi-avril, les taux sont remontés mais ils restent à des niveaux historiquement très bas.
Aujourd’hui (10 juin 2015), l’État français emprunte à taux négatifs en-deçà de 3 ans et à moins de
1,30 % à 10 ans (l’Allemagne emprunte à moins de 1 % sur 10 ans). Ces incertitudes sur la croissance mondiale ont tendance à ramener de la volatilité sur les marchés d’actions.

Graphique 1 : Évolution de la volatilité sur 1 an (VIX)

Courbes des taux sur titres d’État français

Rate curves on French government securities

Évolution récente des taux souverains français et allemands à 10 ans

Dans ce climat d’incertitude, les investisseurs privés sont souvent tentés de rechercher la sécurité dans leurs investissements et, si possible, la sacro-sainte garantie à 100 %. Dans le contexte actuel, peut-on encourager les investisseurs à aller vers ce type de solutions ?

Pour répondre à cette question, rappelons le mécanisme de base du fonds à horizon avec un capital garanti à hauteur de 100 % du montant investi à l’échéance :

  • Une part du capital est investie dans des actifs obligataires peu risqués (obligations d’État en général de type zéro coupon*) qui permettent de récupérer 100 % du capital à l’échéance (hors risque de défaut) de l’investissement. L’importance de cette poche  est inversement proportionnelle au niveau des taux d’intérêts.
  • La partie restante est investie en actifs risqués avec comme objectif la croissance du capital

garantie c1fr

* Une obligation zéro-coupon est une obligation qui ne donne pas droit à détachement de coupon. De ce fait, le rendement annuel de l’obligation est connu jusqu’à sa maturité.

La question qu’il faut se poser est celle-ci : avec les taux d’intérêt actuels, combien dois-je mobiliser en actif obligataire peu risqué afin de garantir mon capital à l’échéance et combien me reste-t-il pour générer de la performance ?

Le tableau ci-dessous simule le capital nécessaire pour assurer une garantie en capital in fine dans plusieurs régimes de taux d’intérêt dont la période actuelle en dernière ligne.

Combien mobiliser pour garantir 100 % de son capital à échéance ? Simulation de zéro coupon selon le niveau des taux d’intérêts

new version graph
Nous constatons donc que pour un investissement à 10 ans il faut aujourd’hui investir 92 % de son capital initial pour le garantir à cette échéance ; ce qui signifie qu’il ne reste plus que 8 % (si on n’utilise pas de levier) à investir dans des actifs risqués pour générer de la performance. Un doublement des actifs risqués sur la période ne suffirait pas à générer une performance attrayante (16 % sur une période de 10 ans, soit un peu plus de 1,5 % de rendement annualisé).
Au contraire, dans les périodes de taux plus élevés, le problème est inverse : par exemple avec des taux de 5 % il ne faut mobiliser que 61  % de son capital initial pour garantir 100 % du capital investi à un horizon de 10 ans, ce qui laisse 39 % du capital initial à investir dans des actifs risqués, ce qui peut paraître beaucoup. Un investisseur pourrait par exemple légitimement préférer sécuriser 120 % de son capital à l’échéance en allouant environ 73 % aux obligations zéro coupon à 10 ans et en ne consacrant qu’environ 27 % aux actifs risqués…
Finalement, rechercher une garantie en capital dans un contexte de taux bas coûte cher en espérance de performance. Le 100 % garanti fonctionne mieux lorsque les taux sont élevés mais le risque pris peut être trop important tandis que le niveau de protection du capital aurait pu être plus ambitieux et dépasser les 100 %.

Une alternative consiste à rechercher des solutions plus flexibles où le niveau de protection du capital à l’échéance dépendrait du niveau des taux d’intérêt, ce qui laisse de la place à un matelas suffisamment consistant pour espérer une croissance attractive de son capital à l’échéance de son investissement.

La recherche de BNP Paribas Asset Management s’est penchée sur cette problématique et apporte des solutions novatrices dans le domaine des fonds à horizon à capital protégé.

Alain Jaques

Product Strategy Manager, Retirement Specialist

Laisser un commentaire

Your email adress will not be published. Required fields are marked*