La ruée vers l’Est des investisseurs obligataires

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  • La carte des investisseurs obligataires présentait jusqu’à présent une grande lacune
  • Mais cette année, toutes les restrictions en matière de quotas pour les investisseurs étrangers en Chine ont été levées
  • Il reste toutefois quelques obstacles à franchir pour assurer à la Chine une place de choix dans les portefeuilles des investisseurs

La carte des investisseurs obligataires présentait jusqu’à présent une grande lacune

Deux des plus grands marchés du monde n’étaient pas accessibles facilement aux investisseurs obligataries étrangers, à savoir la Chine et l’Inde. Le fastidieux système de quotas en Inde et les contrôles complexes de capitaux en Chine décourageaient en effet jusqu’il y a peu la plupart des investisseurs étrangers. Par conséquent, les opportunités en Asie émergente étaient largement sous-représentées au sein des indices obligataires mondiaux.

La Chine, en particulier, a longtemps été un mastodonte des salles de marché. Malgré une capitalisation boursière de 8 000 milliards d’USD, ce pays était le marché le moins négocié et le moins représenté dans les portefeuilles des investisseurs mondiaux. À ce jour, il ne représente toujours que 2 % des parts de portefeuilles d’obligations étrangers.

Mais cette année, toutes les restrictions en matière de quotas pour les investisseurs étrangers en Chine ont été levées

Même s’il faudra encore quelque temps avant que les marchés obligataires chinois soient totalement représentés au sein des indices, en raison des changements réglementaires nécessaires, le marché obligataire « onshore » chinois est sur le point de profiter d’un déferlement étranger. Le pays est actuellement considéré comme l’une des opportunités d’investissement les plus en vue des marchés émergents.

La croissance a progressé de façon vertigineuse. Cependant, avec une capitalisation boursière équivalente à 65 % du produit intérieur brut (PIB), la Chine dispose encore d’une large marge de croissance par rapport aux pays développés, qui dépassent déjà 200 % du PIB. Grâce à une politique budgétaire expansionniste, à une augmentation rapide des émissions d’obligations pour les provinces et les infrastructures, ainsi qu’à une réelle volonté d’élargissement de ses marchés financiers locaux, l’univers d’investissement obligataire de la Chine devrait prendre de l’ampleur et renforcer sa liquidité. En outre, l’ouverture du marché obligataire « onshore » aux investisseurs institutionnels étrangers, appelé aussi marché interbancaire, est une étape majeure dans la libéralisation des taux d’intérêt et des comptes de capitaux.

Il reste toutefois quelques obstacles à franchir pour assurer à la Chine une place de choix dans les portefeuilles des investisseurs

Premièrement, le processus d’investissement est compliqué par une multitude de réglementations à respecter pour la Banque populaire de Chine, la Commission chinoise de réglementation bancaire (CBRC) et la Commission chinoise de réglementation des valeurs mobilières (CSRC). Deuxièmement, la détermination des prix reste problématique. Dans la plupart des cas, le risque crédit des obligations d’entreprise pures et des émissions sous-souveraines doit encore être évalué dans son intégralité. Les dirigeants politiques chinois jouent les funambules entre la nécessité d’accroître le risque crédit du système, car les taux de défaut des entreprises et des émetteurs quasi-souverains se sont en effet envolés depuis le début de l’année, et l’importance d’éviter le déclenchement d’un risque systémique en cas de changement trop brusque.

Une recherche « bottom-up » du risque crédit devrait permettre d’effectuer une sélection, car nous ne prévoyons par de méthode de notation unifiée et efficace dans l’immédiat. Troisièmement, la base d’émetteurs doit encore se diversifier. Le secteur bancaire demeure trop dominant malgré l’essor rapide des gestionnaires d’actifs et des assureurs « onshore » pour élargir la base d’investisseurs. Le manque de diversification entrave la liquidité et la détermination des prix et provoque des risques extrêmes, tels qu’une brusque chute des cours obligataires. Enfin, les dirigeants politiques doivent encore préciser exactement qui, parmi les investisseurs institutionnels, remplit les critères stricts d’accès au marché des obligations « onshore ».

Les espoirs d’intégration aux marchés « onshore » chinois des actions et des obligations ont souvent été anéantis, et nous ne voyons pas pourquoi il en serait autrement cette fois. L’afflux de mille milliards de dollars qui a fait les gros titres et a été vanté par plusieurs organismes reste irréaliste selon nous. Cependant, dès que les incertitudes relatives au yuan se dissiperont et que le système de change chinois sera clarifié, la Chine pourrait bien devenir la prochaine destination phare des marchés en devises locales. Nous n’en sommes toutefois qu’aux prémices de la ruée vers l’Est.

Graphique 1 : obligations en circulation par pays d’émission au 1er trimestre 2016 (en % du total mondial)

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Source : BIS, BNP Paribas Asset Management. Les donnés incluent les titres de créance internationaux et domestiques. Fin mars 2016.

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La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas leur investissement initial.

Investir dans les marchés émergents ou dans des segments de marché spécialisés ou restreints peut présenter une volatilité supérieure à la moyenne en raison de la forte concentration de leurs positions, d’un degré d’incertitude plus élevé reflétant le manque d’informations disponibles, de leur liquidité plus faible ou de leur sensibilité plus grande à l’évolution du contexte de marché (social, politique et économique).

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la plupart des marchés développés internationaux. Par conséquent, les services de transaction, de liquidation et de conservation du portefeuille utilisés pour le compte de fonds investis dans les marchés émergents peuvent comporter un risque plus élevé. [divider] [/divider]

Cet article a été rédigé par Jean-Charles Sambor à Londres


La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas leur investissement initial.

Investir dans les marchés émergents ou dans des segments de marché spécialisés ou restreints peut présenter une volatilité supérieure à la moyenne en raison de la forte concentration de leurs positions, d’un degré d’incertitude plus élevé reflétant le manque d’informations disponibles, de leur liquidité plus faible ou de leur sensibilité plus élevée à l’évolution des conditions de marché, celles-ci étant influencées par la situation sociale, politique et économique.

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la plupart des marchés développés internationaux. Par conséquent, les services de transaction, de liquidation et de conservation du portefeuille utilisés pour le compte des fonds peuvent comporter un risque plus élevé.

Jean-Charles Sambor

Deputy Head of Emerging Markets Fixed Income

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